par Yesim Dikmen et Daren Butler
ISTANBUL, 29 mars (Reuters) - Des négociateurs russes et ukrainiens se sont retrouvés mardi à Istanbul pour leurs premiers pourparlers de paix en présence directe depuis plus de deux semaines, avec des espoirs ténus de progresser vers une issue au conflit déclenché par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les deux équipes de négociation se sont assises face à face le long d'une grande table installée dans une salle d'un palais de la présidence turque sur les rives du Bosphore. Sur des images diffusées par cette dernière, on peut voir la présence inattendue de l'homme d'affaires russe Roman Abramovitch assis au premier rang des observateurs.
Le Kremlin a confirmé la présence de l'oligarque, au sujet duquel ont couru lundi des rumeurs d'empoisonnement après une réunion à Kyiv, tout en soulignant qu'il ne faisait pas partie de la délégation officielle envoyée par Moscou.
Les informations de certains médias concernant des symptômes d'empoisonnement manifestés par Roman Abramovitch, qui avait accepté en début de conflit une demande de tentative de médiation de la part de l'Ukraine, et par des négociateurs ukrainiens ont été minimisées à Kyiv, démenties à Moscou et jugées peu probables par les services de renseignement américains. nL5N2VV5DZ
La télévision ukrainienne a rapporté que la réunion de mardi à Istanbul avait débuté par un "salut glacial" et sans poignées de main entre les deux délégations.
ERDOGAN RÉCLAME DES RÉSULTATS CONCRETS
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kouleba, a déclaré lundi que l'objectif le plus élevé de son pays dans cette séance de pourparlers était de parvenir à un cessez-le-feu, tout en estimant que le minimum serait de parler des questions humanitaires, alors que plusieurs villes d'Ukraine sont bombardées ou assiégées depuis des semaines.
Le Kremlin a pour sa part déclaré mardi qu'il faudrait attendre cette journée de mardi voire mercredi pour savoir si ces négociations peuvent permettre des avancées.
Membre de l'Otan, la Turquie partage des frontières maritimes en mer Noire aussi bien avec l'Ukraine qu'avec la Russie et elle entretient de bonnes relations avec les deux pays, ce qui l'a amenée à proposer sa médiation. Tout en jugeant inacceptable l'offensive russe en Ukraine, elle a aussi exprimé son opposition de principe aux sanctions occidentales contre Moscou.
Dans un discours prononcé avant l'ouverture des pourparlers, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré aux deux délégations que le moment était venu de parvenir à des résultats concrets et que des progrès ouvriraient la voie à un sommet entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodimir Zelensky.
"Il revient aux parties de mettre fin à cette tragédie. Parvenir à un cessez-le-feu et à la paix aussi rapidement que possible est dans l'intérêt de chacun. Nous pensons que nous sommes maintenant entrés dans une période où des résultats concrets sont nécessaires dans ces discussions", a dit Recep Tayyip Erdogan.
La Russie a envahi l'Ukraine le 24 février dans le cadre de ce qu'elle qualifie d'"opération militaire spéciale" destinée à démilitariser et "dénazifier" son voisin. L'Ukraine et ses soutiens occidentaux dénoncent une agression injustifiée.
(Avec Tuvan Gumrukcu et Orhan Coskun à Ankara, version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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