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Natixis IM Summit: " Le Brexit est une folie" pour Nicolas Sarkozy
information fournie par Newsmanagers14/11/2018 à 10:15

(NEWSManagers.com) -

Pour son premier " Global Summit" , Natixis Investment Managers a frappé fort. L'ancien président français Nicolas Sarkozy, l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder et l'ancien chef du gouvernement italien Matteo Renzi étaient réunis au palais Brongniart mercredi 7 novembre. Lors d'un panel animé par la journaliste et animatrice télé Marie Drucker et le directeur général de Natixis IM Jean Raby, les trois ex-dirigeants ont livré leur sentiment sur de nombreux sujets dont le Brexit, la politique migratoire en Europe, les relations avec les États-Unis.

Pour Nicolas Sarkozy, "ce fut une grande erreur de considérer que le Brexit est un problème anglais." "La même question posée dans les 27 autres pays de l'UE aurait pu donner la même réponse. Le Brexit est une folie, un cauchemar pour le Royaume-Uni. Ne pensez pas que vous en aurez fini avec le Brexit car le poison de la division se répandra en Europe si le Brexit va jusqu'au bout," a-t-il prophétisé, ajoutant que l'Union Européenne ne doit pas divorcer d'avec le Royaume-Uni.

"Les Britanniques ont rejeté l'Europe du passé. Il faut réfléchir à l'Europe des 70 prochaines années. Il faut demander aux Anglais s'ils veulent construire l'Europe du futur avec nous. Il n'y a pas des populistes d'un côté et des gens raisonnables de l'autre. Les gens veulent une autre Europe. Il faut les entendre," a dit l'ancien président français, qui a également jugé que la France était mal placée pour donner des leçons au Royaume-Uni en matière de référendum puisque le non à un nouveau traité européen l'avait emporté en 2005.

Soulignant avec humour que c'est à cause d'un référendum qu'il avait perdu son emploi, Matteo Renzi a plaidé pour un nouveau traité européen mais s'est interrogé sur le profil de ceux qui seraient capables de le mettre sur la table. L'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder a, lui, défendu plus d'intégration européenne. Les trois hommes politiques ont établi le constat d'institutions européennes dépassées, sans leadership et à l'arrêt. L'idée d'un gouvernement économique de l'UE a également été abordée.

Concernant la politique migratoire actuelle en Europe, l'ancien chef du gouvernement italien Matteo Renzi a déclaré que le vice-président du conseil des ministres Matteo Salvini véhiculait un message de peur au peuple italien vis-à-vis de l'immigration via les fake news sur les réseaux sociaux. Selon Matteo Renzi, "la bataille culturelle est importante mais il faut aussi délivrer un message d'espoir à l'Europe. Nous devons également changer les mentalités." Gerhard Schröder est revenu sur la politique migratoire mise en place il y a deux ans en Allemagne, évoquant "une mauvaise décision d'Angela Merkel prise sans concertation avec les partenaires européens" à l'époque.

D'après Nicolas Sarkozy, "la crise migratoire n'a pas encore commencé." "L'Europe devrait établir un plan de réalisation de développement d'infrastructures en Afrique car si l'Afrique ne se développe pas, nous sommes fichus. Un projet qui serait mis en oeuvre par des entreprises européennes et non chinoises. On dit que ça coûte cher mais ça le sera bien moins que de devoir construire un mur. (...) L'Europe doit-elle être la seule partie du monde où l'on peut rentrer sans travail, sans papiers, sans parler la langue et sans autorisation? Non. Nous avons le devoir de contrôler qui rentre en Europe," a soutenu l'ex-président français. Nicolas Sarkozy qui, durant le panel, a également taclé le président américain Donald Trump, qualifié de "seul leader restant en Occident, à coups de tweets dont le contenu n'est pas franchement éblouissant." La réponse "la plus appropriée" de l'Europe à la politique de Donald Trump selon Gerhard Schröder est de se montrer encore plus unie et de s'appuyer sur des partenariats avec des pays tels que la Russie et la Turquie. "Nous devons dire aux États-Unis que nous acceptons pas qu'ils disent à l'Europe avec qui commercer ou pas," a développé l'ancien chancelier allemand en référence aux sanctions encourues par les entreprises européennes aux États-Unis si elles commercent avec l'Iran par exemple. Comment montrer l'image d'une Europe plus forte face aux États-Unis? Nicolas Sarkozy suggère deux idées : "Que l'Europe se dote d'un fonds monétaire européen car le FMI n'a rien à faire en Europe et que soit créée une chambre de compensation européenne pour aider les entreprises européennes qui seraient sanctionnées par les États-Unis si elles commercent avec des pays interdits."

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