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Matières premières: le suisse Glencore en discussion avec l'anglo-australien Rio Tinto en vue d'une fusion
information fournie par Boursorama avec AFP 09/01/2026 à 08:09

( AFP / FABRICE COFFRINI )

( AFP / FABRICE COFFRINI )

Le géant suisse de l'extraction minière et du négoce des matières premières Glencore a annoncé vendredi être en discussions avec son concurrent anglo-australien Rio Tinto en vue d'une éventuelle fusion, un an après l'échec de précédents pourparlers.

En combinant leurs forces, ces deux acteurs renforceraient leur capacité à acquérir des ressources en cuivre, un métal dont la demande augmente avec l'essor des énergies renouvelables.

Glencore a confirmé vendredi à la suite de rumeurs de presse "être en discussions préliminaires avec Rio Tinto" concernant "un possible rapprochement d'une partie ou de toutes leurs activités", selon son communiqué.

Le Financial Times avait affirmé plus tôt jeudi que les deux groupes avaient repris les discussions autour d'une "méga-transaction", qui ferait émerger la plus grande compagnie minière au monde, valorisée à plus de 260 milliards de dollars (225 milliards d'euros).

Si elles aboutissent, Glencore explique s'attendre pour l'instant à ce que rapprochement se fasse par le biais d'un rachat par le géant anglo-australien Rio Tinto. L'opération pourrait se faire sous la forme d'une fusion entièrement en actions, a-t-il dit.

Les actions de Rio Tinto, qui a confirmé les négociations de fusion dans un communiqué séparé, ont chuté de 5% en fin de matinée à la bourse de Sydney.

Il y a un an, de précédents pourparlers sur un projet de fusion avaient échoué en raison de divergences entre les deux géants.

- "Clivage culturel" -

Glencore insiste d'ailleurs sur le fait qu'il n'y a "aucune certitude" que les discussions débouchent sur un accord.

Rio Tinto devra lui indiquer d'ici le 5 février "au plus tard" s'il souhaite ou non lui soumettre une offre.

Le directeur général de Glencore, Gary Nagle, avait présenté en décembre des plans visant à faire du groupe l'un des plus grands producteurs de cuivre au monde.

Mais alors que Rio Tinto ou Anglo American se désengagent du charbon, Glencore défend âprement sa décision de conserver ses mines pour des raisons de trésorerie, et a annoncé en août qu'il renonçait à scinder cette activité du reste du groupe.

"L'activité charbon soutient les besoins énergétiques d'aujourd'hui, à mesure que nous opérons la transition dans le monde", en investissant dans des matières premières utiles comme le cuivre ou le cobalt, avait-il alors défendu.

Selon les analystes de CreditSights, "d'un point de vue stratégique, Rio Tinto pourrait être intéressé par les actifs cuivre de Glencore, en phase avec son orientation vers les métaux durables et tournés vers l'avenir".

Mais "sur le plan culturel, Rio Tinto est traditionnellement considéré comme une entreprise conservatrice et axée sur la stabilité, tandis que Glencore est connu pour son approche agressive et sa volonté constante de repousser les limites dans ses activités", ajoutent-ils.

"Ce clivage culturel pourrait poser des défis en matière d'intégration et de prise de décision si une fusion devait avoir lieu", estiment encore ces observateurs.

- Pression d'Anglo American -

La poursuite de son activité charbonnière a valu de nombreuses critiques d'organisations environnementales à Glencore, mais aussi d'investisseurs, qui ne veulent plus détenir d'entreprises exposées à cette matière première dans leurs portefeuilles.

En novembre dernier, le géant minier australien BHP avait renoncé à son projet de rachat de son rival britannique Anglo American, qui aurait donné naissance au plus grand groupe mondial d'exploitation du cuivre.

Anglo American est aujourd'hui en passe d'obtenir le feu vert des autorités antitrust européennes pour fusionner avec le canadien Teck Resources, une opération qui mettrait la pression sur les autres acteurs du secteur.

La demande pour le cuivre, nécessaire à la fabrication de câbles électriques mais aussi d'éoliennes, de panneaux solaires, de batteries pour véhicules électriques ou d'appareils électroniques grand public, a explosé ces dernières années.

Il est également utilisé dans le matériel militaire, notamment les avions, tandis que la demande liée à l'essor de l'intelligence artificielle et des centres de données est en pleine croissance.

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