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Trump presse les géants pétroliers de se ruer vers l'or noir du Venezuela
information fournie par AFP 10/01/2026 à 01:09

Donald Trump le 3 janvier 2026 en Floride ( AFP / Jim WATSON )

Donald Trump le 3 janvier 2026 en Floride ( AFP / Jim WATSON )

Donald Trump a poussé vendredi les grands groupes pétroliers à se lancer à l'assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.

Le chef d'Etat a réuni autour de lui à la Maison Blanche des poids lourds mondiaux des hydrocarbures, beaucoup d'Américains mais aussi l'italien Eni ou l'espagnol Repsol, une semaine après l'opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.

Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir "au moins 100 milliards de dollars" au Venezuela.

"Vous aurez une sécurité totale" pour opérer, a-t-il vanté durant l'échange, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu'il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l'activité pétrolière.

Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l'égide des Etats-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays.

Une raffinerie de pétrole appartenant à la la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) photographiée à Maracaibo, dans l'Etat de Zulia, au Venezuela, le 11 juillet 2024 ( AFP / Federico PARRA )

Une raffinerie de pétrole appartenant à la la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) photographiée à Maracaibo, dans l'Etat de Zulia, au Venezuela, le 11 juillet 2024 ( AFP / Federico PARRA )

Dans son plan, Caracas n'a pas son mot à dire.

"Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela", a-t-il lancé.

C'était "une très bonne réunion avec les plus grandes entreprises partout dans le monde", a-t-il jugé à l'issue de la réunion.

- "Impossible d'investir" -

Parmi eux, le PDG de l'américain ExxonMobil, Darren Woods, n'entend pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements.

"Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires", a-t-il déclaré, estimant qu'il était "impossible d'y investir" en l'état.

Cette intervention a jeté un certain froid.

Seul à avoir gardé une licence au Venezuela, son concurrent américain Chevron s'est montré un peu plus enthousiaste, son vice-président, Mark Nelson, a assuré que la multinationale était "très impatiente d'aider (le Venezuela) à construire un meilleur avenir", mais n'a pas donné de détails plus concrets.

ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l'ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l'Etat devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, ConocoPhillips a assuré avoir apprécié la discussion sur "la préparation du Venezuela à accueillir des investissements".

Après la réunion, le ministre de l'Energie, Chris Wright, a lui reconnu que "cela prendrait du temps" pour relancer la production au Venezuela.

- Production amorphe -

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267 milliards) et l'Iran.

Malgré cela, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour, sous l'effet du sous-investissement et des sanctions américaines.

Le brut vénézuélien est par ailleurs plus visqueux que celui extrait aux Etats-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, lève la main alors que le président Donald Trump (non visible sur la photo) prononce un discours, en Pennsylvanie, le 9 décembre 2025 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, lève la main alors que le président Donald Trump (non visible sur la photo) prononce un discours, en Pennsylvanie, le 9 décembre 2025 ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Remettre à niveau les installations suppose d'investir des dizaines de milliards de dollars en dépit des inquiétudes sur l'instabilité politique.

Washington exclut pour l'instant d'organiser des élections, préférant traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend "dicter" toutes ses décisions.

Rafael Queiroz, spécialiste du secteur pétrolier, prend l'exemple des "défaillances dans le système électrique" qui nuisent à l'industrie pétrolière pour illustrer le problème "structurel" auquel sera confronté tout investisseur potentiel au Venezuela.

"Les cinq phases de l'industrie pétrolière: l'exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport" posent problème, a-t-il souligné.

"On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c'est de savoir comment les extraire de manière rentable", analyse pour sa part Rich Collett-White, spécialiste énergie de la société Carbon Tracker.

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1 commentaire

  • 05:31

    Bien sur l'argent du pétrole reviendra au venezuela et les US organiseront un plan de compensation pour les dégâts qu'ils ont causés au venezuela avec leurs sanctions.


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