(Actualisé avec Raiffeisen, Polymetal, variations actualisées)
MOSCOU/LONDRES, 9 avril (Reuters) - La Bourse de Moscou et
le rouble sont en forte baisse lundi après l'annonce par les
Etats-Unis de sanctions visant des entreprises, des hommes
d'affaires et des responsables politiques russes soupçonnés par
Washington d'être liés à des activités "malveillantes" visant
les démocraties occidentales.
L'indice RTS de la Bourse moscovite .IRTS chute de 11,3%
vers 13h20 GMT, sa plus forte baisse sur une séance depuis
décembre 2014, pour revenir à son plus bas niveau depuis
septembre dernier. Au même moment, le rouble cède 3,18% face au
dollar à 59,9875 RUB= , au plus bas depuis novembre.
Le département américain du Trésor a annoncé vendredi des
sanctions contre 24 personnalités russes et 14 entreprises et
entités juridiques.
Sur la liste établie par Washington figurent entre autres
Oleg Deripaska, surnommé "le roi de l'aluminium" et proche de
Vladimir Poutine, Alexeï Miller, directeur général de Gazprom
GAZP.MM , ainsi qu'EN+ Group, la holding de Deripaska. Sont
aussi concernés Renova, propriété de Viktor Vekselberg, et le
producteur d'aluminium Rusal 0486.HK .
Les entreprises sanctionnées perdent tout accès direct au
marché américain.
L'action Rusal cotée à Hong Kong a fini la journée en baisse
de 50,43%. Le groupe, qui réalise 14% de son chiffre d'affaires
aux Etats-Unis, a déclaré vendredi qu'il était "très probable
que l'impact (des sanctions-ndlr) sur les activités et les
perspectives soit fortement négatif".
Rusal pourrait entre autres être dans l'incapacité d'honorer
des échéances sur sa dette. Sur le marché obligataire, les
titres émis par le groupe arrivant à échéance en 2022 ont perdu
plus de 14% de leur valeur faciale. XS1759468967=TE
Conséquence indirecte des sanctions visant Rusal, le cours
de l'aluminium gagne 4,06%, au plus haut depuis plus d'un mois.
Quant au groupe norvégien Norsk Hydro NHY.OL , grand
concurrent du russe, il prend plus de 6% en Bourse d'Oslo, la
plus forte hausse de l'indice européen Stoxx 600, alors
pratiquement inchangé. La plus forte baisse (-16,4%) revient au
groupe minier russe Polymetal POLYP.L , coté à Londres mais
implanté principalement en Russie, au Kazakhstan et en Arménie.
DES CONSÉQUENCES AUSSI POUR DES ENTREPRISES OCCIDENTALES
Les obligations émises par Polyus, premier producteur d'or
de Russie, sont elles aussi en forte baisse. Le groupe n'est pas
visé directement par les sanctions américains mais c'est le cas
de Souleïman Kerimov, membre du Conseil de la Fédération de
Russie, dont la famille contrôle son capital.
La dette souveraine russe n'est pas non plus épargnée: les
CDS (credit default swaps) à cinq ans sur les titres émis par
Moscou, des instruments de couverture contre un risque de
défaut, ont pris jusqu'à 17 points de base, leur plus forte
hausse depuis septembre 2016, pour atteindre, à 138 points, leur
plus haut niveau depuis la mi-novembre, selon IHS Markit.
L'action Gazprom abandonne quant à elle 5,67% en Bourse de
Moscou et En+ Group s'effondre de 34,2% ENPLq.L en Bourse de
Londres.
Le mouvement de défiance vis-à-vis des actifs russes
touchait aussi des sociétés qui ne sont pas visées par les
dernières sanctions américaines: l'action du groupe minier Evraz
EVRE.L cotée à Londres perd ainsi 18%, contribuant à peser sur
l'indice Footsie 100 .FTSE .
"La liste américaine n'est peut-être pas définitive et on a
l'impression qu'il y aura d'autres sanctions, donc les
investisseurs ne savent pas quelles actions il faut détenir,
s'il y en a encore", explique John Meyer, analyste spécialiste
du secteur minier chez SP Angel.
"Les investisseurs américains ont jusqu'au 7 mai pour vendre
leurs participations dans Rusal et En+", précise-t-il.
Sur le marché suisse, le groupe de construction mécanique
Sulzer SUN.S , contrôlé par Renova, recule de 14,49%. Réuni en
urgence dimanche, son conseil d'administration a décidé de
racheter cinq millions d'actions, soit 15% du capital, à Renova
pour échapper aux sanctions en ramenant la participation de la
holding russe sous 50%.
Schmolz & Bickenbach STLN.S et Oerlikon OERL.S , dont
Renova est aussi actionnaire, perdent respectivement 6,18% et
10,26%.
Quant à la banque autrichienne Raiffeisen RBIV.VI , très
présente en Russie, elle chute de 9,25%.
(Polina Ivanova, Helen Reid et Claire Milhench;
Marc Angrand pour le service français, édité par Blandine
Hénault)
MARCHÉS-Les actifs russes chutent après de nouvelles sanctions US (actualisé)
information fournie par Reuters 09/04/2018 à 15:31
| 78,340 GBX | LSE | -5,25% | |
| 8,050 EUR | Tradegate | +0,63% | |
| 3,808 CHF | Swiss EBS Stocks | -2,16% | |
| 36,660 EUR | XETRA | -1,03% | |
| 36,540 EUR | LSE Intl | -1,08% | |
| 155,000 CHF | Swiss EBS Stocks | -2,52% |
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