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Marchés boursiers : une correction bien avancée, mais de nouvelles turbulences à venir
information fournie par TRIBUNE LIBRE21/06/2022 à 12:40

Fabiana Fedeli, Directrice des gestions actions et diversifiée chez M&G. (crédit photo : DR)

Fabiana Fedeli, Directrice des gestions actions et diversifiée chez M&G. (crédit photo : DR)

Par Fabiana Fedeli, Directrice des gestions actions et diversifiée chez M&G


Ces dernières semaines n'ont pas été faciles pour les marchés financiers. Malgré quelques signes d'apaisement, de nouvelles turbulences sont probables car les risques baissiers persistent. Deux questions essentielles se posent : quelles sont les tendances déjà intégrées par les marchés et comment les investisseurs doivent se positionner face à la diversité des issues possibles ?

Début avril, les marchés étaient déjà trop indulgents et ne tenaient pas compte des risques à venir. Celui d'une érosion potentielle de la demande notamment - due à l'augmentation des pressions inflationnistes - n'a pas été intégré par les intervenants de marché. Compte tenu des goulets d'étranglement au niveau de l'offre, de l'éventualité d'une erreur de pilotage des politiques des banques centrales et de l'impact de la politique « zéro COVID » en Chine, les prévisions de croissance devraient être revues à la baisse.

Les premiers signes d'un fléchissement de la demande

Des signes d'affaiblissement de la demande sont visibles depuis un certain temps. La confiance des ménages au Royaume-Uni, en zone euro et aux États-Unis se détériore depuis 2021, période à laquelle les États ont commencé à retirer les aides financières visant à lutter contre l'impact de la COVID.

Malgré la demande des foyers américains, qui a relativement bien résisté jusqu'à présent, des fragilités ont commencé à apparaître. Dans le même temps, dans le secteur manufacturier, l'indice PMI global est inférieur à 50 (indiquant une contraction de l'activité), tandis que les nouvelles commandes sont tout juste en territoire d'expansion.

Les résultats du premier trimestre trompeurs ?

La saison des résultats du premier trimestre a été relativement bénigne. Il ne faut pas en déduire que la demande restera forte. Le premier trimestre a été très largement regardé dans le rétroviseur. Lorsque l'on écoute les dirigeants des entreprises sur leurs attentes pour 2022, le tableau n'est pas aussi positif. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe continentale, un certain nombre d'entreprises observent que les consommateurs commencent à réduire leurs achats, qu'ils sont de plus en plus sensibles aux promotions et qu'il y a des signes précurseurs d'un ralentissement de la demande de biens de consommation durables.

La fin de la complaisance sur les marchés

Depuis le début du mois d'avril, nous avons assisté à une chute importante des bourses et à une hausse des rendements obligataires. Toutefois, ces dernières semaines, les marchés actions ont opéré un rebond hésitant et les rendements obligataires ont baissé. Peut-on en déduire que toutes les mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte dans les cours ? En partie seulement. La majorité de la correction des cours est déjà derrière nous, mais des risques de baisse subsistent, en particulier sur les marchés actions.

Les marchés seront forcément plus sensibles aux bonnes nouvelles. Il pourra s'agir d'une résolution même partielle de la guerre en Ukraine, d'un ralentissement de l'inflation ou d'une plus grande prudence des banques centrales en matière de resserrement monétaire. Les marchés obligataires ont également bénéficié des craintes entourant la croissance, lesquelles ont pris le dessus sur les perspectives d'un renforcement des pressionsinflationnistes et d'un resserrement des politiques des banques centrales.

Toutefois, des risques subsistent : des sanctions supplémentaires imposées à la Russie, par exemple sur le gaz naturel, une destruction de la demande entraînant une récession et un durcissement potentiellement excessif des politiques monétaires des banques centrales qui cherchent à trouver un juste milieu entre inflation et croissance, et surtout, l'impact que tout cela peut avoir sur les bénéfices des entreprises. La question centrale est : parmi tous ces facteurs, quels sont ceux intégrés dans les cours de bourse ? A priori, les cours intègrent une détérioration des perspectives et un ralentissement significatif de la croissance mais des baisses sont encore possibles, notamment pour certaines actions dont les valorisations restent élevées ou dont la baisse des bénéfices n'a pas encore été prise en compte.

Une récession significative, prenant sa source en Europe et occasionnée par de nouvelles sanctions sur le gaz naturel, entraînerait un repli supplémentaire, en particulier sur les marchés actions. Une dépression ou un effondrement des marchés du crédit comme en 2008 ne sont pas anticipés et ne constituent pas notre scénario central. Autrement dit, un rebond potentiel des marchés dépendra des données publiées et de l'actualité, et pourrait être de courte durée.

Nous avons beaucoup évoqué l'évolution de la corrélation entre les actions et les obligations. Selon que la croissance ou l'inflation sont au premier plan des préoccupations des investisseurs obligataires, nous pourrions voir les deux classes d'actifs évoluer dans des directions opposées ou similaires. Si l'on compare les rendements, les actions semblent encore manifestement bon marché par rapport aux obligations. Cependant, tout dépendra des futures perspectives de bénéfices.

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