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Marchés : bien comprendre les enjeux économiques du krach chinois

Boursorama28/07/2015 à 16:50

Les investisseurs internationaux restent crispés au sujet de la Chine après la chute de lundi.

Lundi, la chute du marché chinois a affecté l’ensemble des places mondiales. Mardi, la baisse s’est poursuivie modérément (-1,68% à Shanghai), dans une séance néanmoins très volatile. Quelques explications s’imposent sur les craintes entourant l’économie du pays.

L’ampleur de la baisse du marché chinois, qui a perdu 8,5% lundi 27 juillet, a marqué l’esprit des investisseurs à l’échelle mondiale, pesant sur les principaux indices boursiers dont le CAC40, le Dax allemand, et les indices américains dont les mouvements restent peu volatils.

La chute du marché chinois lundi n’est pourtant pas une nouveauté. Les actions cotées à Shanghai et Shenzhen avaient déjà en moyenne perdu 30 à 40% de leur valeur entre le 15 juin et le 8 juillet au cours d’un krach faisant suite à la constitution d’une bulle de la mi-2014 à la mi-2015. Au cours de cette période, les actions cotées à Shanghai s’étaient appréciées de 150%.

L’AFP remarquait mardi matin que sur les marchés chinois, « contrairement à d'autres pays, on compte parmi leurs investisseurs une écrasante majorité de particuliers, au comportement jugé imprévisible ». Cette structure expliquerait la volatilité élevée des indices chinois. Dans ce cadre, les mesures de soutien prises par les autorités nationales ne parviennent pas forcément à calmer les esprits : « l'annonce par Pékin de nouveaux achats d'actions sur son marché n'a pas réellement rassuré les investisseurs », notait ainsi en matinée le courtier Aurel BGC.

« Pourtant, historiquement, la place Chinoise a un "effet contagion" limité sur les autres marchés actions », rappellent Christian Parisot et Jean-Louis Mourier, économistes chez Aurel BGC. La Chine reste en effet dans l’esprit des investisseurs un pays émergent : le pays se trouve à ce titre inclus dans l’indice MSCI Emerging Markets. Les difficultés d’un pays émergent, même de grande taille, n’inquiètent pas autant les investisseurs que les difficultés économiques qui peuvent intervenir dans des régions « développées » comme la zone euro.

Surtout, si la Chine n’a pas tant inquiété au cours de la précédente phase de baisse de fin juin - début juillet, c’est aussi parce que le système financier chinois reste très indépendant du système financier occidental. La chute boursière, qui pèse inévitablement sur le système financier et bancaire du pays, ne comporte pas de risque systémique comparable aux difficultés rencontrées par les grandes banques américaines en 2008.

Néanmoins, ce qui finit par inquiéter les investisseurs est l’impact que les difficultés chinoises pourraient avoir sur la demande mondiale, alors que la Chine est un grand importateur en plus d’être un grand exportateur. « Les investisseurs ont essentiellement peur que la chute des marchés chinois affecte la consommation des ménages et les anticipations des industriels, et induise un violent ralentissement de l'économie », explique ainsi Aurel BGC, avant de poursuivre : « au-delà de la volatilité du marché action chinois, les investisseurs ont surtout peur que l'économie chinoise connaisse un brutal hard-landing ». Le hard-landing désigne le passage d’un cycle économique de forte croissance à un cycle économique morose où les relais de croissance se tarissent brutalement à la suite d'une phase d'expansion exacerbée.

D’où le fait que les prix des matières premières (pétrole, or, autres métaux) ont tendance à se contracter ces temps-ci, alors que l’empire du Milieu en est un grand importateur.

Côté actions, sur les marchés européens, ce ne sont pas tant les valeurs financières qui sont impactées par ces incertitudes, que les valeurs industrielles ou de nouvelles technologies, lorsque celles-ci sont très exposées à la Chine et au dynamisme de son économie.

À Wall Street, les très grandes capitalisations comme Alibaba mais aussi Apple (première capitalisation américaine) sont ainsi davantage pénalisées par les craintes chinoises que la moyenne du marché. Surtout, les investisseurs interviennent assez massivement pour arbitrer entre les différentes valeurs sur le marché. Au sujet de la séance de lundi aux Etats-Unis, Aurel BGC remarque que « les volumes sont importants : supérieurs de 23% à une séance moyenne ».

Alors que la croissance américaine redevient par ailleurs molle, la même source poursuit : « la correction du marché américain commence à devenir significative : 480 valeurs du New York Stock Exchange sont sur un plus bas de 52 semaines. Il faut remonter au 15 octobre dernier pour observer une telle correction ».

Néanmoins, « face aux incertitudes sur la Chine et la croissance américaine, les investisseurs anticipent un discours plus accommodant de la banque centrale et peut être une remontée plus tardive des taux directeurs. Ainsi, le dollar est retombé, face à un panier de devise, sur un plus bas de deux semaines. Les investisseurs ont aussi acheté des « devises refuges » comme le franc suisse ou le yen. L'euro a aussi profité des incertitudes ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Lire aussi : Chute des marchés : « la Chine est un tout autre morceau que la Grèce »

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

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