Marché: le rally de fin d'année plus fort que les inquiétudes entourant l'IA?
Vers 8h05, le contrat 'future' sur l'indice CAC 40 - qui a désormais basculé sur l'échéance décembre - s'adjuge 48,5 points à 8 037,5 points, synonyme d'u début de séance en territoire positif.
A l'instar des autres places boursières européennes, le marché parisien a été victime de la remontée en flèche de volatilité la semaine dernière, un regain d'aversion au risque essentiellement dû aux soubresauts traversés par Wall Street, où les bons résultats de Nvidia n'ont pas réussi à dissiper les questionnements actuels entourant une survalorisation des grandes valeurs technologiques américaines.
De façon un peu inattendue, le terme boursier de novembre - qui s'est achevé vendredi dernier et qui aurait dû constituer la rampe de lancement du traditionnel 'rally de fin d'année'- est venu marquer un coup d'arrêt brutal à une série haussière de six mois, avec des indices brusquement ramenés à leurs leurs niveaux de début septembre.
Entre les inquiétudes entourant les valorisations boursières tendues des spécialistes de l'IA et la forte concentration qui se cache derrière le mouvement de hausse de New York, les investisseurs ont préféré se délester de leurs actions dernièrement, en témoigne l'enchaînement de contre-performances signées depuis quelques semaines par les indices boursiers.
Le Nasdaq vient ainsi de boucler une troisième semaine consécutive de baisse.
Le léger sursaut affiché vendredi suite aux déclarations en faveur d'une baisse de taux le mois prochain de John Williams, le patron de la puissante Fed de New York, a cependant montré que les opérateurs restaient à l'affût de la moindre information positive pour revenir sur les marchés d'actions, investir à bon compte et éventuellement éviter de rater le train du rebond.
La tendance a également été portée par des informations selon lesquelles l'administration Trump serait prête à autoriser l'exportation des puces H200 de Nvidia vers la Chine.
Mais la hausse enregistrée lors de la dernière séance de la semaine dernière n'a pas suffi à effacer les pertes enregistrées au cours des journées précédentes.
Sur l'ensemble de la semaine écoulée, le Dow Jones comme le S&P 500 ont reculé de 2%, tandis que le Nasdaq a chuté de 2,7%.
Pour certains observateurs, le repli des marchés d'actions témoigne d'une réaction excessive des investisseurs, qui n'ont pas encore compris à quel point l'IA révolutionnerait l'économie dans les années à venir.
Pour d'autres, les investisseurs sont simplement 'épuisés' après une progression quasi-ininterrompue depuis le 'Liberation Day' et cherchent simplement à prendre leurs bénéfices à l'approche de la fin de l'exercice.
La semaine boursière va d'ailleurs être tronquée en raison de la célébration aux Etats-Unis de la fête de Thanksgiving. Les marchés seront fermés jeudi et la séance sera écourtée vendredi.
Si cette période de l'année est traditionnellement haussière, la trajectoire récemment empruntée par les marché est de nature à susciter quelques questions sur la perspective d'un 'rally du Père Noël' cette année.
Depuis le retournement des marchés, le S&P 500 n'affiche plus qu'une hausse annuelle de l'ordre de 11%, alors que ses gains depuis le 1er janvier se montaient encore à près de 19% fin octobre.
A Paris, le CAC gagne désormais 9,5% sur l'année, à comparer avec un bilan bien plus flatteur de +14% il y a dix jours à peine.
Après plus de six mois de hausse sans discontinuer ou presque, la volatilité semble avoir bel et bien fait son retour sur les marchés et pourrait s'imposer comme la norme jusqu'à la fin de l'année.
A moins peut-être que les nombreuses statistiques prévues cette semaine aux Etats-Unis avec la réouverture des administrations fédérales apportent de nouveau un sens de la normalité en décrivant une économie américaine robuste, mais avec une inflation mieux maîtrisée.
Les chiffres des ventes au détail et des prix à la production pour le mois de septembre seront publiés demain avant la parution le lendemain de la croissance au titre du 3ème trimestre et du PCE, la mesure de l'inflation préférée de la Réserve fédérale.
'C'est vrai qu'une baisse des taux de la Fed en décembre renforcerait notre positionnement basé sur la croissance et les valeurs cycliques, ce qui permettrait de justifier une fin d'année en fanfare', soulignaient vendredi dernier les stratèges de Citi.
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