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LVMH retombe à des planchers de six ans, et puis les acheteurs reviennent
information fournie par AOF 07/09/2026 à 16:46
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(Zonebourse.com) - L'action LVMH est retombée ce matin à des plus bas depuis octobre 2020, ses niveaux de la période du Covid, avant d'opérer un timide rebond technique à la mi-journée, motivé par quelques rachats à bon compte suite à un décrochage de 33% cette année. Après avoir touché un creux de 423,75 euros à 9h30, le titre affiche vers 16h15 un gain de 0,6% à 431,8 euros.

Le groupe de Bernard Arnault n'est pas le seul acteur du secteur à souffrir, loin s'en faut. Avec un repli de 18,5% depuis le 1er janvier, le sous-indice STOXX Europe Luxury 10 accuse de loin la plus mauvaise performance des marchés d'actions européens en 2026.

A titre de comparaison, l'indice élargi STOXX 600 a gagné près de 9% dans l'intervalle.

Confrontés à un contexte difficile, marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient et la poursuite du ralentissement de la demande en Chine, les fabricants de produits de luxe se dirigent ainsi vers une seconde année de sous-performance, puisque l'indice sectoriel avait déjà perdu 5,5% en 2025, à comparer avec un gain annuel de 16,7% pour l'indice de référence européen.

Principal contributeur de la contre-performance du secteur, LVMH, qui a longtemps fait figure de moteur de la cote à Paris comme en Europe, accuse la 3ème plus forte baisse du CAC 40 cette année, derrière Stellantis et EssilorLuxottica.

Au-delà des incertitudes liées aux tensions dans le Golfe et au marasme du marché chinois, le secteur pâtit aussi des pressions inflationnistes, qui rognent le pouvoir d'achat des consommateurs dits "aspirationnels" issus de la classe moyenne.

Deux autres secteurs très corrélés au moral des ménages, l'automobile (-14,8% depuis le 1er janvier) et la consommation non-essentielle (-9,9%) affichent de piètres performances cette année.

Les investisseurs redoutent surtout que ces difficultés actuelles marquent le début d'un ralentissement plus structurel et que les années qui viennent ressemblent beaucoup aux derniers exercices.

Alors que le secteur a signé une croissance moyenne annuelle de l'ordre de 8% ces 20 dernières années, c'est-à-dire trois fois supérieure à celle de l'économie mondiale, celui-ci ne devrait croître qu'à un rythme de 3% en 2026, avant de signer une petite accélération autour de 4% lors des trois années à venir.

La Chine préoccupe encore, mais la valorisation offre du soutien

La dernière saison des résultats trimestriels n'a d'ailleurs pas atténué les inquiétudes en se traduisant par des performances mitigées de la part des grands acteurs du secteur.

La demande chinoise, liée à la crise du secteur immobilier et à ses conséquences sur le moral des ménages, continue par ailleurs de susciter l'inquiétude.

La semaine passée, les équipes de Bernstein prévenaient les investisseurs que la reprise du marché chinois pourrait prendre du temps, un constat qui les avait amenées à réduire de 5,5% à 5,1% leur prévision de croissance organique de l'activité dans le pays en 2026.

Autre élément incitant à la prudence, les valeurs françaises du luxe, véritables fleurons de la cote parisienne, pourraient être parmi les premières à souffrir de l'incertitude relative à l'issue de l'élection présidentielle de 2027.

Seul facteur de soutien, la valorisation du titre LVMH est désormais revenue à des plus bas pluriannuels qui pourraient inciter certains investisseurs à se repositionner sur la valeur. Avec un PER de 20,1x, son multiple est aujourd'hui très inférieur à la moyenne du secteur (26,2x) et à ceux de concurrents comme Brunello Cucinelli (38,7x), Kering (38,5x) ou encore Hermès (34,8x).

De quoi alimenter, là encore, les débats dans les semaines et les mois à venir.

"Ce qu'il y a de bien avec le luxe, c'est qu'on ne s'ennuie jamais", rappelaient il y a quelque temps les analystes de Bernstein.

"Depuis 30 ans, à chaque phase de ralentissement du secteur, on nous a fait le coup du "c'est la fin du secteur"", poursuit le bureau d'études.

"Mais au final, ça n'est jamais arrivé", fait-il valoir.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 07/09/2026 à 16:46:00.

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