Le logo de LVMH à Paris
par Florence Loeve
Le groupe de luxe français LVMH a annoncé lundi des ventes en hausse organique de 3% au second trimestre, soutenues par les achats croissants de la clientèle américaine, qui compensent la diminution des dépenses des consommateurs au Moyen-Orient et en Europe du fait de la guerre en Iran.
Détenteur de plus de 70 marques dont Louis Vuitton, Dior ou les champagnes Moët et Chandon, LVMH a fait état de ventes de 19,5 milliards d'euros en croissance organique de 3% par rapport à la même période en 2025.
Elles s'avèrent légèrement supérieures aux attentes des analystes, qui anticipaient une augmentation de 2,5% d'après un consensus compilé par Visible Alpha.
"La croissance accélère au deuxième trimestre", a estimé le géant du luxe, notant toutefois que cette hausse organique des ventes aurait été de 4% "hors impact du conflit au Moyen-Orient".
Sur le premier semestre, le résultat opérationnel courant demeure toutefois en baisse de 4% en publié, incluant les effets de change, par rapport au premier semestre 2025, tiré vers le bas par l'affaiblissement des activités mode et maroquinerie.
LVMH a indiqué lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes que son résultat opérationnel courant était en croissance de 4% en organique "hors impact négatif des devises".
"On a subi 700 millions d'euros d'effets de change", a détaillé le groupe, tout en affirmant que "ce qui est important" était le taux de marge, maintenu à 22,5%.
La division consacrée à la mode et la maroquinerie, qui représentait près des trois quarts du résultat opérationnel courant de LVMH en 2025, a constaté une hausse organique de 1% de ses ventes au second trimestre avec une "accélération forte aux États-Unis, et malgré l'impact du conflit au Moyen-Orient".
Ces chiffres s'avèrent légèrement en-deça des attentes des analystes de 1,7%. La performance des divisions "montres et joaillerie", de 11%, ainsi que celle à 6% de la "distribution sélective", qui comprend la chaîne de magasins Sephora, ont contribué à la croissance.
INCERTITUDE AU MOYEN-ORIENT
Cette publication par LVMH, premier groupe de luxe français à annoncer ses résultats semestriels, intervient alors que les investisseurs cherchent à évaluer l'impact de la guerre en Iran sur l'industrie du luxe, dont la croissance a ralenti ces deux dernières années.
Autre géant du secteur, le groupe d'horlogerie et de joaillerie Richemont a publié des ventes solides ce mois-ci.
L'action LVMH, première capitalisation du CAC 40, a chuté de 28% depuis le début de l'année, l'une des pires performances parmi les grandes entreprises européennes.
Lors de l'assemblée générale du groupe en avril, le PDG Bernard Arnault avait affirmé à ses actionnaires que la reprise de la croissance dépendait de l'issue de la "crise très grave" au Moyen-Orient.
LVMH a publié ses résultats semestriels au lendemain d'une rare prise de parole publique de Bernard Arnault en réponse au Monde.
Le quotidien a publié ces derniers jours une série de six articles sur le dirigeant, y décrivant son influence auprès des présidents français, au sein des médias qu'il contrôle comme Les Échos et Le Parisien, ou encore une succession pour la direction du groupe pavée de rivalités entre ses cinq enfants, tous employés de LVMH.
Dans un texte publié en ligne par le groupe, Bernard Arnault, critiquant avec ironie le travail des journalistes, a insisté sur l'union au sein de sa famille.
(Reportage par Florence Loève et Dominique Patton, édité par Benoit Van Overstraeten)

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