( AFP / KIRILL KUDRYAVTSEV )
Le premier groupe de transport aérien européen Lufthansa a dit vendredi envisager davantage de liaisons directes pour l'Asie et l'Afrique, en réponse à la guerre au Moyen-Orient qui révèle la vulnérabilité des hubs dans le Golfe.
"La forte concentration des flux de trafic mondiaux via les hubs du Golfe constitue un talon d'Achille géopolitique de plus en plus préoccupant", a jugé le président du directoire de Lufthansa, Carsten Spohr, lors d'une conférence de presse à Francfort, où l'entreprise a son siège social.
Au moment où le conflit militaire avec l'Iran se poursuit et menace l'économie mondiale, Lufthansa prévoit d'augmenter ses capacités longs courriers, notamment vers et depuis l'Afrique et l'Asie, où la demande a "fortement augmenté" depuis le début des hostilités.
Des augmentations de fréquences ou de nouvelles capacités sont prévues pour Singapour, Bangkok, Delhi et Shanghai, tandis que le groupe a relancé des vols vers Kuala Lumpur (Malaisie), marquant un retour en Asie du Sud-Est après plusieurs années de réduction.
En Afrique, des vols supplémentaires sont notamment prévus vers Le Cap.
Les combats en cours dans le Golfe ont conduit à l'arrêt des flux commerciaux dans le détroit d'Ormuz, où transite quelque 20% de la production mondiale de pétrole, entraînant une montée rapide des cours du brut, essentiel pour la production de kérosène.
Le directeur financier de Lufthansa, Till Streichert, a assuré que le groupe était bien couvert contre les fluctuations du prix du kérosène, à hauteur de plus de 80% des besoins annuels, permettant "lorsque les prix baissent, de profiter de cette situation, mais aussi de nous couvrir dans un environnement de prix plus élevés".
Il a cependant concédé qu'il faudrait bien "faire face à une facture de carburant plus élevée", en plus de la pression exercée par les nombreuses annulations de vols en cours et à prévoir.
Parallèlement à ces ajustements commerciaux, Lufthansa organise des vols d'évacuation depuis le Moyen-Orient : dix ont déjà été effectués et d'autres sont en préparation.
-Flotte modernisée -
En 2025, Lufthansa a fait état d'un bénéfice net en légère baisse à 1,34 milliards d'euros, essentiellement en raison d'effets comptables, tandis que son chiffre d'affaires a atteint un plus haut historique, à 39,6 milliards d'euros, porté par une augmentation du nombre de passagers et de ses capacités.
Son bénéfice d'exploitation ajusté (EBIT) a bondi de 19% à 1,96 milliards d'euros, au-delà des attentes des analystes, en partie grâce à la réduction des perturbations sur les vols par rapport à 2024 mais aussi grâce à la "forte disposition des passagers à payer pour des services annexes".
Le groupe anticipe pour 2026 une poursuite de cette tendance avec un chiffre d'affaires en progression et un EBIT en "hausse significative".
Par ailleurs, l'entreprise prévoit cette année une modernisation massive de sa flotte avec 45 nouveaux avions, soit presque un reçu par semaine.
Cette décision s'inscrit dans un plus large plan de redressement de la principale compagnie du groupe allemand, Lufthansa Airlines, qui a retrouvé la rentabilité en 2025, avec un EBIT ajusté de 148 millions d'euros après une perte nette l'année précédente, signe que le programme commence à porter ses fruits.
Selon Lufthansa, il a généré une contribution brute au profit de la compagnie de plus de 500 millions d'euros l'année dernière.
Ce plan implique une réduction des coûts afin de renforcer la rentabilité: l'entreprise, qui fête cette année son 100e anniversaire, a annoncé fin septembre supprimer 4.000 postes d'ici à 2030, essentiellement en Allemagne.
A l'horizon 2028-2030, Lufthansa vise une marge opérationnelle dans une fourchette située entre 8 et 10% et veut porter la part des avions de nouvelle génération à 58% de la flotte d'ici 2030, contre 27% en 2025.
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