par Jennifer Hughes, Sumeet Chatterjee et Sinead Cruise
HONG KONG/LONDRES, 12 septembre (Reuters) - Le conseil
d'administration de London Stock Exchange LSE.L se réunira
dans les prochains jours pour prendre une décision sur l'offre
inattendue de rachat soumise par l'opérateur de la Bourse de
Hong Kong pour 31,6 milliards de livres (35,3 milliards
d'euros), a dit une source proche du groupe britannique.
Cette proposition non sollicitée a peu de chances d'aboutir
étant donné la préférence des actionnaires de LSE pour le projet
de rachat de Refinitiv, fournisseur de données et d'analyses
financières, pour 27 milliards de dollars (24,4 milliards
d'euros), a ajouté cette source.
L'opérateur de la Bourse de Londres veut se concentrer sur
ce rachat et n'a pas l'intention de prendre le risque d'être
perturbé par l'offre de la Bourse de Hong Kong, a poursuivi
cette source.
Hong Kong Exchanges and Clearing 0388.HK impose comme
condition au rachat de London Stock Exchange que ce dernier ne
mène pas à bien son projet d'acquisition de Refinitiv, annoncé
début août.
D'après une personne proche de HKEX, il est toutefois
habituel qu'une première approche soit rejetée dans de tels cas
et l'opérateur de la Bourse de Hong Kong est déjà en train de
réfléchir à sa prochaine initiative.
Des discussions informelles ont commencé entre HKEX et les
actionnaires de LSE, a ajouté cette personne.
Une porte-parole de LSE a refusé de s'exprimer sur le sujet.
Le projet proposé par HKEX vise à créer un opérateur
étendant ses activités de l'Asie à l'Europe capable de
concurrencer les géants américains comme InterContinental
Exchange ICE.N et CME Group CME.O .
OBSTACLES POLITIQUES
L'action HKEX a néanmoins perdu plus de 3% jeudi en raison
des interrogations soulevées par les risques politiques et
juridiques liés à une tentative de rachat d'une institution
emblématique de la finance britannique.
L'enthousiasme a aussi été mesuré à la Bourse de Londres, où
le titre LSE a clôturé sur un gain de 5,9% mercredi, à 7.206
pence, bien en-dessous du montant induit par la prime proposée
par HKEX. Il gagnait 0,81% à 7.264 pence jeudi à moins d'une
heure de la clôture.
D'après les analystes, l'un des obstacles au projet de HKEX
est la crainte d'une influence croissante de la Chine sur Hong
Kong, dont les pouvoirs publics, actuellement confrontés à une
vague de contestation dans la rue, sont le premier actionnaire
de l'opérateur boursier avec une participation de 6%.
Les pouvoirs publics de Hong Kong désignent six des 13
administrateurs de HKEX et peuvent empêcher un autre actionnaire
de monter à plus de 5% du capital.
Fitch Ratings relève que "le contrôle croissant des
autorités chinoises sur Hong Kong" pourrait soulever des
inquiétudes sur le plan réglementaire en Grande-Bretagne et aux
Etats-Unis quant à la sécurité des données et des informations.
"Cette transaction nécessitera diverses autorisations
réglementaires, qui testeront la compréhension du monde à
l'égard du principe 'un pays, deux systèmes' sur lequel repose
la Constitution de Hong Kong", dit David Blennerhassett,
analyste indépendant pour la plate-forme de recherche
SmartKarma.
"Ce sera difficile, actuellement et à court terme, sur le
plan politique de franchir ces différents canaux
réglementaires."
L'opérateur de la Bourse de Hong Kong dispose désormais de
28 jours pour soumettre une offre ferme à LSE, faute de quoi il
n'en aura plus le droit pendant six mois.
(Avec Alun John, Donny Kwok et Lukas Jobs à Hong Kong, Pamela
Barbaglia, Clara Denina et Huw Jones à Londres
Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc
Angrand)
LSE va se décider vite sur l'offre de la Bourse de Hong Kong
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