( AFP / FABRICE COFFRINI )
Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli a abaissé son objectif de ventes pour 2026, invoquant "les incertitudes géopolitiques" qui pourraient affecter le tourisme et le climat de consommation.
"Nous étions déjà face à un climat de consommation très faible aux Etats-Unis et en Europe", mais "qui était en train de s'améliorer", a déclaré son directeur général, Adalbert Lechner, lors d'une conférence de presse pour les résultats annuels du groupe.
"Et maintenant, nous avons ce choc avec les prix du pétrole qui ont monté de 30%", ce qui "ne va pas aider les consommateurs", a ajouté le patron du chocolatier suisse.
Il s'attend également à "un ralentissement du tourisme, en particulier en provenance d'Asie", les aéroports du Moyen-Orient étant des plateformes de correspondance importantes pour les liaisons avec l'Europe, a-t-il souligné.
Le groupe, qui vend ses tablettes et pralines dans les supermarchés mais aussi dans les boutiques hors taxes des aéroports et dans ses propres magasins souvent proches de lieux très fréquentés par les touristes, a donc préféré jouer la carte de la prudence et a abaissé son prévision de ventes pour 2026.
Il table désormais sur une progression de ses ventes hors effets de change de 4% à 6%, et non plus de 6% à 8% comme annoncé en janvier.
Le groupe a en revanche maintenu son objectif de marge opérationnelle, visant toujours une amélioration de 20 à 40 points de base.
- Baisse des volumes -
A 13H53 GMT, l'action, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 7,52% à 113.200 francs suisses tandis que son bon de participation chutait de 10,12% à 10.930 francs.
L'abaissement de la prévision de ventes risque "d'alimenter les doutes" de certains investisseurs quant à la capacité de Lindt & Sprüngli à faire "redémarrer les volumes", a réagi Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier.
Le chocolatier suisse connu pour ses lapins de Pâques dorés avait déjà publié son chiffre d'affaires en janvier, faisant état d'une hausse de 8,2% en 2025, à 5,92 milliards de francs suisses (6,55 milliards d'euros).
Les augmentations de prix, relevés de 19% en moyenne, ont dopé ses ventes, qui ont grimpé de 12,4% hors effets de change.
Mardi, le groupe a donné davantage de détails sur les volumes, en baisse de 6,6%, ces augmentations de prix qui ont touché l'ensemble du secteur ayant coupé l'appétit des consommateurs.
Il a également publié son bénéfice net, qui s'est accru de 8,1% par rapport à l'année précédente, à 727 millions de francs suisses, contre 721 millions attendu en moyenne par les analystes interrogés par l'agence suisse AWP.
Les cours du cacao ont atteint des sommets historiques fin 2024 après une série de mauvaises récoltes, grimpant jusqu'à 12.931 dollars la tonne à New York, puis ont diminué par à-coups en 2025.
Depuis janvier 2026, ils ont nettement reflué pour revenir actuellement aux environs de 3.266 dollars la tonne, après de meilleures récoltes, conjuguées à une baisse de la demande.
"Il est encore beaucoup trop tôt pour discuter de diminution de prix", estime toutefois, Martin Hug, le directeur financier. Car d'autres coûts, comme les emballages, l'énergie et les transports, risquent maintenant d'augmenter avec le conflit au Moyen-Orient, prévient-il.
Avec les hausses de prix déjà négociées au terme d'âpres négociations avec la grande distribution, les prix devraient encore augmenter au premier semestre, a précisé le patron de Lindt & Sprüngli. Il parle d'une "hausse moyenne à un chiffre", avec des hausses en particulier pour les tablettes de chocolat noir, un produit à forte teneur en cacao.
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