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Les portefeuilles de Roland Laskine : Notre stratégie d’adaptation des portefeuilles à la baisse des marchés se révèle efficace
information fournie par OBJECTIF RENDEMENT17/06/2022 à 11:39

Les investisseurs savent désormais à quoi s'en tenir. Les banques centrales sont décidées à frapper fort pour casser l'inflation qui menace de détruire le pouvoir d'achat des ménages dans tous les grands pays industrialisés. Le tableau qui se dessine pour les mois à venir est donc celui d'une poursuite de la hausse des taux d'intérêt, accompagnée d'une croissance économique plus faible que prévu. Ces perspectives sont peu réjouissantes, mais en affichant leur volonté de lutter contre les ravages de la hausse des prix les banques centrales mettent en place les conditions d'un assainissement de la situation et d'une reprise de l'activité à un horizon de six à douze mois.

En attendant nous sommes confrontés à une accumulation de mauvaises nouvelles qui continue de déstabiliser les marchés. Il faut dire que la Réserve fédérale des Etats-Unis n'y a pas été de main morte. Non seulement, elle a procédé à une hausse de 75 points de base de ses taux directeurs, ce qui n'était pas arrivé depuis novembre 1994, mais elle a annoncé qu'il ne s'agit que d'un début. Elle promet en effet au moins une réplique de même ampleur à l'occasion du prochain Comité monétaire de juillet, plus trois autres hausses sans doute plus modérées d'ici à la fin de l'année. Les membres du collège de la Fed n'excluent pas de porter les taux directeur à 3,4% pour la fin de l'année et même à 3,8% fin 2023. Les économistes de la Réserve Fédérale ont également révisé à la baisse leur scénario de croissance annuelle aux Etats-Unis à 1,7 % pour cette année et l'an prochain. Avec un tel coup de massue, la Banque Centrale Européenne pourra difficilement éviter de s'engager sur la même voie. Hors zone euro, les instituts d'émission britannique et suisse ont déjà donné l'exemple.

Les actions ne sont pas seulement pénalisées par la hausse des rendements obligataires, qui concurrencent désormais clairement à Wall Street la rémunération attendue des dividendes. Les investisseurs commencent aussi à craindre une dégradation des marges bénéficiaires des entreprises liées à la hausse du prix des matières premières et de l'énergie, ainsi qu'à celle des salaires. Dans une note récente, les économistes de BlackRock , le géant américain de la gestion d'actifs, pointent « un risque baissier » sur les marges qui justifie de rester prudent sur les actions. Leur diagnostic est clair : ils estiment que l'anticipation d'une hausse de 10,5% des bénéfices des sociétés de l'indice S&P500 pour cette année est « excessivement optimiste ». Dans de telles conditions, les niveaux de valorisation des actions sont encore jugés trop élevés par un nombre important d'investisseurs. C'est le cas des valeurs américaines de l'indice S&P 500, qui se paie 18,5 fois les profits attendus cette année. Autour de 13,4 fois les bénéfices estimés des sociétés de l'indice EuroStoxx50, les valeurs européennes sont plus raisonnablement valorisées, mais les perspectives de progression des profits sont moins élevées de ce côté-ci de l'Atlantique.

Il n'y a dans ces conditions pas d'autre choix que de réduire l'exposition des portefeuilles aux risques de marché. Les valeurs de croissance qui composent l'essentiel de notre sélection Défensive sont fortement exposées à la baisse des marchés, mais celles-ci ne représentent que 20% de l'actif. Les ventes bénéficiaires auxquelles nous avons pris la précaution de procéder au cours de ces derniers mois ont en effet permis de porter le montant liquidités à un niveau très élevé de 80% de l'actif total. Cette stratégie de grande prudence conduit au final à une très bonne résistance du portefeuille qui ne perd que 2,72% sur les trois derniers mois de forte baisse, contre près de 10% pour le CAC 40. Sur un an, il affiche même une performance de -0,50 % proche de l'équilibre, comparé à une chute de 11,7% de l'indice de référence des valeurs françaises. Le graphique ci-contre montre que nous faisons également nettement mieux que l'indice européen EuroStoxx50 qui sombre de 17,6%. La même stratégie appliquée à notre portefeuille de fonds labellisés PEA/ISR, dans lequel nous avons cette semaine de nouveau légèrement réduit les positions, conduit à peu près aux mêmes résultats (-0,62% sur un an).

laskine

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Notre stratégie face à la baisse des marchés : peu de changement à venir sur les sélections Défensive et PEA/ISR désormais bien adaptées à la configuration actuelle du marché. Nous continuons de conserver dans ces deux portefeuilles un fort niveau de liquidités, ce qui constitue dans un marché baissier la meilleure manière de protéger l'actif, sans prise de risques excessive. L'expérience montre en effet que, dans cette configuration, augmenter la part des liquidités se révèle plus efficace que la mise en place d'une stratégie de couverture. Celle-ci correspond à des choix directionnels très marqués qui sont onéreux et peuvent rapidement conduire à des résultats différents de ceux recherchés.

Les performances de notre portefeuille Offensif sur lequel nous continuons de « ferrailler » face à un marché hostile et très imprévisible sont hélas moins brillantes. Notre fort positionnement sur les valeurs pétrolières et de matières premières se révèle nettement moins porteur depuis une quinzaine de jours. En même temps, nos valeurs plus traditionnelles très orientées vers le secteur de la technologie subissent, elles aussi, la baisse générale des cours. Sur les 30 dernières séances de Bourse, notre sélection Offensive perd ainsi 6,2%. Sur un an, en revanche, elle ne recule que de 3,08%, contre 11,7% pour le CAC 40. Nous avons ces derniers jours procédé à plusieurs arbitrages, en coupant la position prise sur Capgemini et surtout en réduisant fortement notre exposition récente sur le groupe parapétrolier CGG spécialisé dans la géoscience. Nous avons aussi acheté un tracker baissier sans levier qui réplique l'inverse de la performance de l'indice EuroStoxx50. Cet ETF Amundi Short EuroStsoxx50 Daily est éligible au PEA. Il contribue au renforcement de la protection du portefeuille contre la baisse, mais il demeure un instrument assez spéculatif d'un maniement très délicat. Ce type de produit a sa place dans une portefeuille Offensif, mais il ne peut être utilisé que de manière ponctuelle et pour une courte durée. Cette position a donc été intégralement liquidée dès l'ouverture du marché vendredi matin.

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Roland Laskine

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