Au lendemain d'une clôture en léger repli à Wall Street, les Bourses européennes se montrent hésitantes ce mercredi, ne sachant trop sur quel pied danser à l'approche d'un rapport majeur sur l'inflation américaine et alors que les publications d'entreprises de la matinée reçoivent des accueils contrastés.
En toute fin de matinée, l'indice paneuropéen STOXX Europe 600 grappille 0,1%, tandis que le DAX 40 de Francfort prend 0,4%, le FTSE MIB de Milan avance de 0,2%, le FTSE 100 de Londres reste à l'équilibre et le CAC 40 parisien cède 0,1% à 8 705 points.
Des regards fébriles braqués vers l'inflation américaine
Le marché devrait se montrer attentif au rapport sur l'inflation américaine à paraître en début d'après-midi, les estimations suggérant qu'elle pourrait se modérer, passant d'un rythme annuel de 3,5% en juin à 3,4% en juillet, tandis que l'inflation sous-jacente pourrait ralentir de 2,6% à 2,5%.
"Des chiffres conformes ou inférieurs aux attentes pourraient renforcer les chances que la Réserve fédérale adopte une position plus prudente lors de ses prochaines réunions", estimait mardi matin Antonio Di Giacomo, analyste principal de marché chez XS.com.
"Inversement, une surprise inflationniste à la hausse pourrait exercer une pression sur les actions, surtout après les forts gains accumulés par les principaux indices", prévenait le professionnel des marchés, rappelant que le S&P 500 gravitait près de ses plus hauts historiques.
"Une inflation toujours élevée pourrait contraindre le marché à reconsidérer la possibilité de taux d'intérêt plus élevés pendant une longue période, faisant grimper les rendements du Trésor et réduisant partiellement l'attrait des valorisations actuelles des marchés boursiers", poursuivait-il.
Cette publication devrait être suivie avec d'autant plus d'attention que les observateurs se montrent très partagés quant à l'issue de la prochaine réunion de la Fed, prévue les 15 et 16 septembre. Ce matin, la probabilité d'une hausse de taux en septembre était évaluée à près de 50%, selon l'outil FedWatch du CME.
Des publications d'entreprises diversement accueillies en Europe
En attendant ce rendez-vous phare de la semaine, les investisseurs réagissent de façon contrastée à une vague de publications d'entreprises en Europe, saluant notamment celles du fabricant d'éoliennes Vestas ( 17% à Copenhague), du constructeur naval TKMS ( 15% à Francfort) et de la banque ABN Amro ( 5% à Amsterdam).
Cette dernière se trouve entourée après une publication trimestrielle jugée "très solide, au-dessus des attentes sur tous les plans", selon KBC Securities. Combinant gestion rigoureuse des coûts et activité dynamique, ABN Amro a pu relever ses objectifs pour l'ensemble de 2026.
A l'opposé, les investisseurs sanctionnent lourdement le prestataire industriel Bilfinger (-6% à Francfort), qui a averti que sa marge d'EBITA devrait se situer dans la partie inférieure de la fourchette de ses perspectives, au vu d'une performance commerciale en demi-teinte au 1er semestre.
Toujours à Francfort, Thyssenkrupp Nucera cède 2% après l'abandon, par la filiale hydrogène de Thyssenkrupp, de ses prévisions pour l'exercice 2026, illustrant les difficultés persistantes de la filière des électrolyseurs à trouver un modèle économique viable.
A Paris, LVMH (-2%) et Kering (-3%) essuient certaines des plus fortes baisses du CAC 40, plombés par des commentaires prudents des analystes de Deutsche Bank, qui déplorent l'absence de nouveaux éléments moteurs pour le secteur du luxe après une saison des résultats du 2e trimestre plutôt réussie.
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