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Les leçons de la Covid pour les investisseurs
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants 02/04/2021 à 08:50

Régis Yancovici
Régis Yancovici

Régis Yancovici

LUXAVIE

dirigeant-fondateur

https://www.facebook.com/Luxavie-254728045472529/

De nombreux spécialistes, souvent économistes, avaient défilé jusqu'à l'été 2020 sur les plateaux pour dire à quel point la reprise étaient technique, factice… Pourtant force est de constater que le rebond est maintenant de plus de 80% et que le sentiment est globalement favorable. (Crédits photo : Unsplash -  )

De nombreux spécialistes, souvent économistes, avaient défilé jusqu'à l'été 2020 sur les plateaux pour dire à quel point la reprise étaient technique, factice… Pourtant force est de constater que le rebond est maintenant de plus de 80% et que le sentiment est globalement favorable. (Crédits photo : Unsplash - )

La Covid, un tunnel de courte durée

Il y a un an nous entrions dans un tunnel fait d'interdictions, de contraintes, de confinements… l'économie allait connaitre sa plus forte contraction depuis la crise de 1929. Les taux d'intérêt à long terme US chutaient de 2.0% à 0.35% en quelques semaines. Le S&P500 perdait 35%. Du jamais vu en un laps de temps aussi court.

Pourtant en à peine 4 semaines, les marchés ont terminé leur ajustement et réenclenchaient une tendance haussière. Rapidement les investisseurs ont cherché à regarder au-delà de la pandémie. C'est encore aujourd'hui le cas, de manière plus patente encore, puisque malgré les craintes d'un n-ième confinement en France, le CAC40 est en train de s'installer au-dessus de 6.000 pts. Précision au passage, qu'en réalité, le CAC40 calculé avec les dividendes vaut environ 11.700 points, et qu'il a franchi ses plus hauts historiques il y a une vingtaine de jours.

Des professionnels pris de cours

De nombreux spécialistes, souvent économistes, avaient défilé jusqu'à l'été 2020 sur les plateaux pour dire à quel point la reprise étaient technique, factice… Pourtant force est de constater que le rebond est maintenant de plus de 80% et que le sentiment est globalement favorable. Cette hausse en 12 mois est la plus vigoureuse depuis 1933 après le krach de 1929. Les records appellent les records. Rajoutons que les craintes de diffusion du virus et du nombre de victimes les plus pessimistes de l'époque se sont effectivement réalisées. La seule véritable bonne nouvelle est venue de la date du 1er vaccin qui était attendu mi -2021 et non en novembre 2020. Cela n'a pas provoqué de réel changement de tendance des indices, même cela a donné lieu à une forte rotation sectorielle.

« It's the liquidity, Stupid ! »

Il n'est pas question de tirer à boulet rouge mais d'écouter et d'apprendre continuellement. L'économie n'est pas les marchés financiers. Les marchés financiers n'ont pas besoin d'une économie en forte croissance pour progresser. Même la dérivée seconde, c'est-à-dire une économie est phase d'accélération, n'est pas nécessaire. Bien évidemment, une récession est généralement synonyme de marché baissier. Mais la puissance de la liquidité qui coule à flot est à rappeler. Comment était-il possible d'acheter au plus bas ou proche des plus bas ? Jamais simple. Une fois encore il fallait tendre l'oreille du côté des Banques Centrales. L'annonce d'une quasi-nationalisation du marché obligataire par la Fed le dimanche 22 mars a été le point d'inflexion. Il n'est pas déraisonnable de penser que de précieux signaux proviendront encore de la Fed pour nous aider à trouver les points hauts.

L'économie n'est pas les marchés

Ce rappel est opportun car il est probable que la prochaine phase de baisse des marchés d'actions n'attendra pas une récession. La Fed réagira sans doute à la perspective d'une inflation vigoureuse, qui reste à ce stade à surveiller. Parier que ce processus se passe sans heurts est audacieux. Conservons à l'esprit que si les marchés montent par l'escalier, même à grandes enjambées, ils descendent en général par l'ascenseur. L'affaire Archegos (lien) et son impact sur des titres comme Viacom-CBS en sont l'illustration. Il a suffi de 5 séances de bourses pour lui faire perdre 50%, soit les 40 séances précédentes.

Que tirer de ces constats ?

Les investisseurs se trouvent comme dans le héros du feuilleton des années 70 « Le Prisonnier ». C'est à dire entourés de bulle. Pour assurer la diversification, il nous semble raisonnable de mixer les véhicules d'investissement de croissance mais chèrement valorisés avec ceux délaissés. Tous les indices à de rares exceptions ont retrouvé leur niveau d'avant Covid. Le secteur des loisirs et des voyages vient de le faire il y a quelques jours. Seuls les secteurs pétroliers et des compagnies aériennes sont encore en baisse, tout comme les pays d'Amérique latine. C'est peut-être de ce côté-là qu'il faut regarder avec prudence.

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