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Les gérants prennent davantage en compte la matérialité des risques ESG
information fournie par Newsmanagers14/12/2021 à 09:15

(NEWSManagers.com) - Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus considérés et intégrés par les sociétés de gestion mais leur prise en compte dépend avant tout de leur matérialité aux yeux des gérants, constate Russell Investments dans son étude annuelle sur la relation des gestionnaires d'actifs à l'ESG.

La société de gestion américaine publie, ce mercredi, sa septième recherche sur le sujet après analyse des pratiques et opinions de 369 sociétés gérant 79.600 milliards de dollars d'encours. Parmi les répondants de cette édition, 56% étaient basés aux Etats-Unis, 15% au Royaume-Uni, 9% en Europe continentale et les 20% restants dans le reste du monde. Selon le sondage, la part des sociétés de gestion incorporant explicitement des considérations ESG (quantitatives ou qualitatives) dans leurs processus d'investissement a augmenté partout sauf en Europe continentale où elle est restée stable (97% des répondants d'Europe continentale).

Matérialité, l'élément-clé

L'étude suggère un changement significatif dans l'estime portée à l'ESG par les gérants. En 2019, ils étaient encore 45% à indiquer que les facteurs ESG n'influençaient pas leurs décisions d'investissement contre 36% en 2020 et seulement 23% en 2021. Pour 75% des gérants interrogés (63% en 2019), certaines considérations ESG spécifiques influencent leurs décisions d'investissement dans la mesure où leur matérialité apporte davantage de sécurité en termes de risques ou de rendement positif. Ce qui suggère pour Russell Investments que les gestionnaires d'actifs voient davantage l'évaluation de l'impact des considérations ESG sur une entreprise comme un exercice de gestion des risques.

La matérialité des risques climatiques, elle, n'est citée que par 2% des gérants comme facteur d'influence dans leurs décisions d'investissement alors même que les risques climatiques et environnementaux sont la plus grosse crainte des clients des sociétés de gestion sondées selon l'étude de Russell Investments (60% dans le monde, 97% en Europe, 46% aux Etats-Unis). " Nous pensons que cela est dû au fait que les gérants évaluent la matérialité des considérations ESG dans leur ensemble, risque climatique inclus, et non celle du risque climatique comme facteur unique " , note Russell Investments. Pour la firme, une incertitude persiste sur le vrai rôle de l'ESG dans les décisions d'investissement des gérants : outil de surveillance du risque ou facteur d'influence réel ?

Gouvernance, facteur majeur

La gouvernance demeure à 80% le facteur le plus impactant sur les décisions d'investissement des gérants – un chiffre en baisse constante depuis 2018 – tandis que l'environnement et le social sont cités respectivement à 14% et 6% comme facteurs les plus impactants. C'est en Europe continentale que le pourcentage de gérants citant l'environnement comme facteur numéro un est le plus élevé (30%) et aux Etats-Unis qu'il est le plus bas (11%). " Ce n'est pas une surprise que la gouvernance reste le facteur le plus considéré dans la mesure où il se matérialise dans l'ensemble des entreprises, là où la matérialité du facteur environnemental est visible dans des secteurs comme l'énergie ou les services mais moins d'autres comme la banque " , explique Yoshie Philips, directrice de la recherche d'investissement obligataire chez Russell Investments et co-autrice de l'étude, à NewsManagers.

Autre enseignement de l'étude, le pourcentage de gestionnaires d'actifs disposant d'une équipe dédiée à l'ESG (passant plus de 90% de son temps sur des problématiques ESG) a augmenté de 12% sur un an passant de 43% en 2020 à 55% en 2021. Ce pourcentage est en hausse dans toutes les régions du globe excepté en Europe continentale qui reste malgré tout leader dans ce domaine (88% des répondants). Les plus grosses progressions ont été observées au Canada (52% en 2021 contre 26% en 2020), au Japon (88% contre 67%) ou encore en Asie hors Japon (60% contre 33%).

Data mixte

Pour se forger leur propre opinion ESG, les gérants sont de plus en plus nombreux à s'appuyer sur des données quantitatives internes et à utiliser de la data externe en complément (55% contre 46% en 2020 et 40% en 2019). La part des gérants se basant uniquement sur de la data interne est en baisse (6% contre 9% en 2020 et 14% en 2019), celle se basant uniquement sur de la data externe se stabilise (10% contre 9% en 2020 et 15% en 2019). " Il y a de plus en plus de données ESG disponibles. Les gérants qui n'y prêtent pas attention seront laissés sur le bord de la route. Nous observons une hausse des souscriptions de gérants aux données de fournisseurs de data ESG externes. Certains fournisseurs comme MSCI Research ou Sustainalytics continuent de dominer le marché et dans le même temps, de plus en plus de fournisseurs niches émergent et la consolidation se poursuit " , observe Yoshie Philips.

Riccardo Stucchi, responsable de Russell Investments pour la France, souligne que pour l'évaluation des données ESG des marchés privés et des actifs réels, des sociétés autres que les fournisseurs de données traditionnels sont privilégiées à 62% et 65%. Pour l'obligataire, cette part s'élève à 58% là où celle de MSCI Research se trouve à 61%. Un des enjeux de la data ESG, selon lui, demeure l'amélioration de l'intégration de celle-ci sur un plan technologique pour une utilisation plus efficace par les gérants.

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