Les principales Bourses européennes devraient progresser vendredi en début de séance, profitant d'un regain général d'optimisme sur les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et du recul des prix du pétrole, qui ont nourri l'appétit pour les actifs risqués à Wall Street et en Asie. Une demi-heure environ avant le coup d'envoi des échanges, le CAC 40 est indiqué en hausse de 1,5%, le DAX prend 1,4% et l'Europe STOXX 50 gagne plus de 1,6%.
Donald Trump a relancé les espoirs de paix au Moyen-Orient jeudi soir en déclarant qu'il avait décidé d'annuler de nouvelles frappes prévues contre l'Iran, évoquant la finalisation de quelques points d'accord et la signature imminente d'un protocole de paix.
Le ministère des affaires étrangères iranien a réagi en assurant qu'aucune décision finale n'avait été prise concernant la signature d'un accord, mais l'évocation de possibles pourparlers entre Washington et Téhéran a suffi à rendre confiance aux investisseurs.
Dans la foulée, le Dow Jones grimpait de 3% à la clôture hier soir, le S&P 500 s'adjugeait plus de 1,8% et le Nasdaq bondissait de quasiment 3,3%.
Vers un dénouement imminent dans le Golfe?
D'après les analystes de Danske Bank, un accord pourrait être finalisé dès ce week-end, à l'occasion de l'anniversaire du président américain, qui fêtera ses 80 ans dimanche.
"Il se focaliserait sur une réouverture du détroit d'Hormuz et sur des garanties prévoyant que l'Iran cesse de développer son arsenal d'armes nucléaires", indique la banque danoise.
La perspective d'un accord de paix entre les USA et l'Iran a également favorisé la prise de risque en Asie, où l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo s'envolait de 3,2% en fin de séance. L'indice CSI 300, qui regroupe les principales valeurs de Chine continentale, gagnait de son côté plus de 1,5%.
Les progrès des négociations diplomatiques en vue de mettre fin au conflit dans le Golfe devraient permettre aux marchés d'actions européens de repasser dans le vert sur la semaine. Le CAC accuse pour l'instant une performance hebdomadaire négative limitée de l'ordre de 0,2% tandis que l'Euro STOXX 50 cède moins de 0,1% depuis lundi.
Une introduction historique en vue à New York
Ce regain d'optimisme est alimenté par la promesse des débuts boursiers en fanfare de SpaceX, qui s'annonce comme la plus importante introduction en Bourse (IPO) de l'histoire avec une valorisation avoisinant les 1 750 milliards de dollars. Sa première cotation est attendue autour de 16h00.
L'entrée en Bourse du spécialiste du lancement spatial commercial et de la connectivité par satellite constituera incontestablement un moment décisif pour les marchés et un test important concernant l'appétit des investisseurs.
"Le marché intègre un optimisme extrême quant à la croissance future", prévient Ben Ritchie, le responsable des actions des marchés développés chez Aberdeen.
"Sur la base des chiffres actuels, cela se traduit par un multiple de chiffre d'affaires proche de trois chiffres", souligne le gérant.
"A titre de comparaison, Nvidia se négocie à environ 20 à 25 fois son chiffre d'affaires, tandis que des géants matures comme Apple se situent plutôt autour de 10 fois. Cela place SpaceX non seulement avec une prime de valorisation, mais dans une orbite totalement différente", relève le professionnel.
Un peu d'air sur les taux et l'or noir
Le regain d'appétit pour le risque n'entraîne pas de hausse des rendements des emprunts d'Etat. Sur le marché américain, le taux des Treasuries à dix ans se détend vers 4,46% tandis que celui du Bund allemand de même échéance reste ancré au-dessus de 3%.
L'euro recule de 0,1% à 1,1565 face au dollar au lendemain de la hausse de taux de 25 points de base décidée par la BCE, qui était déjà largement intégrée par le marché.
Le soulagement sur les tensions géopolitiques qui favorise le redressement des actions se traduit aussi par une baisse des prix du pétrole, confirmant une tendance qui était déjà à la baisse depuis le début de la semaine avec la hausse des quotas de production de l'Opep .
Le Brent abandonne actuellement 2,2% à moins de 88,4 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 2% à 85,9 dollars.
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