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Macron obtient des gages à Bruxelles, FNSEA et JA pour la fin des blocages
information fournie par Reuters 01/02/2024 à 19:21

Le Premier ministre français, M. Attal, dévoile de nouvelles mesures pour répondre aux doléances des agriculteurs, à Paris

Le Premier ministre français, M. Attal, dévoile de nouvelles mesures pour répondre aux doléances des agriculteurs, à Paris

Le président Emmanuel Macron a prôné jeudi le "retour au calme" en France, assurant que les revendications des agriculteurs ont été entendues à Bruxelles, alors que les syndicats agricoles pressent le gouvernement de "transformer l'essai" après une nouvelle série d'annonces destinées à désamorcer la crise.

La FNSEA, premier syndicat agricole français, et le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à "la suspension des blocages" qui paralysent les axes routiers du pays depuis plusieurs jours, tout en soulignant que la lutte se poursuivait.

Leur objectif : la mise en oeuvre "concrète", notamment d'ici à l'ouverture du Salon de l'Agriculture le 24 février, des nombreuses promesses formulées depuis vendredi dernier par l'exécutif.

Le Premier ministre, Gabriel Attal, a ainsi annoncé jeudi son intention de consacrer dans la loi "la souveraineté agricole et alimentaire" de la France.

S'exprimant à Bruxelles au terme d'un sommet européen dont l'ordre du jour a été bousculé par la crise agricole, avec une démonstration de force d'agriculteurs dans la capitale européenne, Emmanuel Macron a pour sa part déclaré avoir plaidé pour un équivalent des lois EGalim françaises, censées garantir un revenu décent aux agriculteurs, à l'échelle européenne.

Il s'était entretenu dans la matinée, en marge du sommet, avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin de porter les revendications des agriculteurs français - notamment sur l'obligation de jachère à hauteur de 4% des champs, les importations ukrainiennes et la menace de "concurrence déloyale" du projet de traité avec l'Amérique latine.

Emmanuel Macron a réaffirmé à cette occasion que la France, "entendue" sur ce sujet, continuerait de s'opposer à un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur. Il a également prôné la mise en place d'une force européenne de contrôle sanitaire des normes.

MEA CULPA D'ATTAL

Les assurances d'Emmanuel Macron et de Gabriel Attal ont été prises en compte sur les barrages à travers la France, où les agriculteurs réservaient encore pour certains leur décision sur la suite du mouvement.

S'ils ont salué des "avancées tangibles" après les annonces du Premier ministre, FNSEA et JA ont souligné que "des choses (n'étaient) pas au rendez-vous" et que la lutte se poursuivrait sous d'autres formes.

"Il nous faut des actes, il nous faut des choses concrètes. Les agriculteurs ne veulent pas simplement des mots", a résumé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, lors d'une conférence de presse.

S'agissant de la souveraineté alimentaire, "on a besoin que d'ici 15 jours, sur le cadre législatif, on puisse avoir des premiers éléments de texte. Après, le texte suivra sa vie parlementaire", a ajouté Arnaud Gaillot, président des JA. "Il faut que ce soit fini (...) avant le mois de juin", date des élections européennes.

La Confédération paysanne, troisième organisation agricole en France, et la Coordination rurale ont d'ores et déjà annoncé qu'elles poursuivaient le mouvement.

Gabriel Attal a dit vouloir redonner de la "valeur" à l'alimentation avec une législation claire contre la viande de synthèse, la promotion massive de l’étiquetage sur l'origine des produits et une application renforcée des lois EGalim dans la restauration collective - notamment sur l'objectif de 20% de produits bio.

Le chef du gouvernement a admis des "erreurs" de l'exécutif français face au malaise paysan, qui couve de longue date.

"Avons-nous répondu au malaise ? À l'évidence non. Avons-nous fait des erreurs ? À l'évidence oui", a-t-il dit.

400 MILLIONS D'EUROS

Il a promis d'interdire l'importation en France de produits traités avec le Thiaclopride, un pesticide interdit. Une pause est décidée par ailleurs dans la mise en oeuvre du plan Ecophyto, dont la vocation est de réduire l'usage de pesticides.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, s'est engagé à une intensification des contrôles dans la grande distribution, notamment sur l’origine des produits. Plus de 10.000 contrôles sont prévus "avec des sanctions qui pourraient atteindre 10% du chiffre d’affaires" en cas de fraude.

Sur le plan financier, 150 millions d'euros vont être alloués cette année aux éleveurs. Le sujet du calcul des retraites - avec la question controversée des 25 meilleures années de cotisation - va être retravaillé.

Des mesures fiscales seront étudiées pour faciliter les transmissions, notamment "le relèvement de tous les seuils d'exonération", a dit Bruno Le Maire.

S'agissant du remboursement de la taxe sur le gazole non routier (GNR), un guichet est ouvert pour que les agriculteurs puissent bénéficier d'une avance de 50%. "Le versement sera effectué sous 10 à 15 jours maximum", selon le ministre.

Ce sont en tout "400 millions (d'euros) nouveaux et 200 millions (d'euros) d'avance de trésorerie" qui ont été débloqués, a-t-on indiqué à Bercy.

(Rédigé par Kate Entringer et Sophie Louet, avec la contribution de Blandine Hénault, Augustin Turpin, Bertrand Boucey, Leigh Thomas, édité par Jean Terzian)

23 commentaires

  • 01 février 20:11

    La crise des gilets jaunes a coûté 17 milliards a l'état. Elle avait été déclenchée par une augmentation du prix du gasoil de 6 cts qui aurait rapporté environ 1,5 milliard. C'était une demande écolo. Ces mêmes écolos qui veulent interdire de couper les haies pour protéger une grenouille ou un moineau. Ça coute déjà 400 millions pour calmer les agriculteurs. A l'arrivée ça fera 3 ou 5 milliards. Le moindre caprice écolo, c'est 4 milliards à l'arrivée.


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