Le graphique de l'indice boursier allemand DAX à la bourse de Francfort
par Mara Vilcu
Les Bourses européennes ont terminé en forte hausse vendredi tandis que les cours du pétrole plongent de plus de 10% après que le ministre iranien des Affaires étrangères a annoncé la réouverture à la navigation du détroit d'Ormuz tant que le cessez-le-feu entre l'Iran et Washington est en vigueur.
À Paris, le CAC 40 a gagné 1,97% à 8.425,13 points après avoir nettement accéléré ses gains à l'annonce de l'Iran sur le détroit d'Ormuz. A Francfort, le Dax a avancé de 2,27% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,73%.
L'indice EuroStoxx 50 a gagné 2,1%, le FTSEurofirst 300 a progressé de 1,55% et le Stoxx 600 a avancé de 1,56%.
Sur la semaine, le Stoxx 600 a pris 1,8% et le CAC 40 a gagné 2%.
Le détroit d'Ormuz a rouvert à la circulation commerciale et le restera pendant toute la durée du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis, a annoncé vendredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
Liant cette avancée à l'accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban jeudi, Abbas Araqchi a précisé sur X que le passage des navires - hors bâtiments militaires - se ferait en coordination avec les autorités iraniennes.
Fermé de fait depuis le début de la guerre américano-israélienne en Iran, le détroit d'Ormuz est une artère essentielle à l'approvisionnement énergétique mondial avec le transit en temps normal d'un cinquième des exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
"Si nous évoluons vers une situation où la tendance reste à la désescalade – mais où nous bénéficions désormais d’un retour des flux de matières premières via le détroit d’Ormuz à un niveau proche de la normale que nous connaissions avant le conflit –, cela élimine évidemment un risque extrême assez important pour l’économie", observe Michael Brown, stratège de recherche senior chez Pepperstone.
"Je pense que c’est la raison pour laquelle les marchés réagissent de manière si positive."
PÉTROLE
L'annonce du ministre iranien des Affaires étrangères a provoqué un plongeon des cours du brut, d'autant que le président américain Donald Trump a fait savoir par la suite que l'Iran avait accepté de ne jamais refermer le détroit.
Le baril de Brent de la mer du Nord recule de 10,5% à 88,94 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 12,4% à 82,96 dollars.
Les deux références évoluent à leur plus bas depuis le 10 mars et sont en passe d'accuser leur plus fort repli journalier depuis le 8 avril.
"Les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères indiquent une désescalade tant que le cessez-le-feu est en vigueur ; il nous faut maintenant voir si le nombre de pétroliers traversant le détroit augmente sensiblement", déclare Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
VALEURS EN EUROPE
Avec la chute des cours du brut, le compartiment européen du pétrole et gaz a souffert pour terminer en repli de 4,2%. A l'inverse, celui du transport et de loisirs a gagné 4,7%.
A Paris, Alstom a plongé de plus de 27% après que le groupe a annoncé la veille ne pas maintenir son objectif de cash-flow libre cumulé sur les trois années à 2026/27 et ne pas être en mesure d'atteindre son ambition de marge d’exploitation ajustée à la même échéance.
Le spécialiste des études de marché Ipsos a chuté de plus de 15% après avoir fait état jeudi soir d'un chiffre d'affaires en baisse de 2,4% au premier trimestre tout en confirmant ses objectifs annuels.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones gagne 2,18%, le Standard & Poor's 500 1,34% et le Nasdaq Composite 1,58%.
Le S&P et le Nasdaq évoluent ainsi sur des plus hauts historiques tandis que le Dow Jones a touché un plus haut de deux mois.
"L'ouverture du détroit d’Ormuz est une étape cruciale vers la normalisation du transit maritime. Cependant, sa portée reste limitée", souligne James Reilly, économiste chez Capital Economics.
"Cela étant dit, il s’agit d’une étape importante et nécessaire vers une possible fin de la guerre."
CHANGES
Le dollar américain baisse et est en passe d'accuser une deuxième semaine consécutive de repli, prolongeant ses pertes avec l'espoir que le conflit au Moyen-Orient touche à sa fin.
Le dollar perd 0,39% face à un panier de devises de référence.
L'euro gagne 0,26% à 1,1812 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires chutent avec la baisse des cours du pétrole, qui allègent les craintes sur une crise inflationniste liée à l'énergie.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 7,1 points de base à 4,2381%. Le deux ans abandonne 8,0 points de base à 3,6977%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans recule de 7,1 points de base à 2,9620%. Le deux ans abandonne 10,6 points de base à 2,4180%.
A SUIVRE LE 20 AVRIL :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Mara Vilcu avec les bureaux de Reuters, édité par Blandine Hénault)

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