(Zonebourse.com) - "Les derniers mois ont rappelé que les marchés ne manquent pas de moteurs de performance, mais que leur équilibre reste fragile. Entre les tensions géopolitiques, la volatilité du pétrole, les signaux encore contrastés sur l'inflation américaine et l'enthousiasme persistant autour de l'intelligence artificielle, les investisseurs professionnels évoluent dans un environnement où la construction de portefeuille doit conjuguer participation à la hausse et maîtrise des scénarios adverses", observe Julien Dauchez, directeur solutions clients chez Natixis IM.
Selon lui, le graphique (voir ci-dessous) est révélateur de ce changement de priorité. Le conflit géopolitique devient un risque extrême grandissant identifié par les gérants, à 44%, se conjuguant également aux problématiques de concentration de performance dans les actifs américains. Autrement dit, le marché ne nie pas les risques financiers classiques, mais il les lit désormais à travers un prisme plus politique : énergie, chaînes d'approvisionnement, politique monétaire et visibilité des résultats sont de plus en plus interdépendants.
Source : Natixis IM Investor Insight - CSG, Juillet 2026
Quelle conséquence pour l'allocation d'actifs ?
Pour Julien Dauchez, "cet éloignement du monde d'un ordre clair dominé par les Etats-Unis vers une structure multipolaire et fragmentée, se retrouve dans les allocations des investisseurs, qui ajustent leurs stratégies pour atténuer les sanctions économiques, la fragmentation règlementaire ou les risques de convertibilité de devises."
Les investisseurs restent exposés aux actifs de croissance, mais cherchent davantage à équilibrer ces convictions par une diversification géographique plus sélective, à un moment ou le déficit fédéral américain pose également question.
"Pour les prochains mois, l'enjeu sera donc moins de choisir entre prudence et prise de risque que de construire des allocations capables de résister à des chocs exogènes tout en restant investies dans les tendances de long terme. Dans ce contexte, la diversification ne doit pas être décorative : elle doit redevenir un outil actif de pilotage du risque ", conclut Julien Dauchez.
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