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Lagardère plus exposé au risque d'OPA après la réorganisation
information fournie par Reuters 03/07/2021 à 15:20

LAGARDÈRE PLUS EXPOSÉ AU RISQUE D'OPA APRÈS LA RÉORGANISATION

LAGARDÈRE PLUS EXPOSÉ AU RISQUE D'OPA APRÈS LA RÉORGANISATION

par Sarah White et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Arnaud Lagardère, héritier du groupe qui porte le nom de sa famille, dispose d'une participation plus faible qu'annoncé après la modification de la structure du capital, qui le prive de tout droit de veto sur les décisions stratégiques, face aux convoitises à peine voilées de ses grands actionnaires.

Il ne détient en réalité que 11% du conglomérat créé par son père Jean-Luc, au lieu des 14% affichés dans le projet initial de recomposition du tour de table et d'abandon de la gérance en commandite, validé par les actionnaires en assemblée générale mercredi, selon deux sources proches du dossier et des documents financiers.

Cette réorganisation, à un an de l'élection présidentielle en France, rend donc le groupe plus vulnérable encore à une éventuelle tentative de prise de contrôle qui modifierait les équilibres dans les médias français puisque Lagardère possède entre autres la radio Europe 1, l'hebdomadaire Paris Match et le Journal du dimanche.

Certes, une participation réduite n'entame pas le pouvoir d'Arnaud Lagardère, désormais président-directeur général, au sein du conseil d'administration. Mais elle marque une nouvelle étape de son affaiblissement progressif, mis en évidence par l'influence croissante de deux des premières fortunes de France, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, actionnaires de référence et représentés au conseil.

"Finalement Arnaud Lagardère a plus négocié son statut que la partie économique", a dit l'une des sources proches du dossier.

Le projet de transformation du groupe en société anonyme, fruit d'un compromis trouvé en avril entre Arnaud Lagardère d'un côté, soutenu par le patron de LVMH, et de l'autre le fonds activiste Amber Capital, allié à Vivendi, principal actif de Vincent Bolloré, prévoyait que la holding personnelle d'Arnaud Lagardère pourrait doubler sa participation pour détenir 14% du capital.

Mais une partie des actions nouvelles qui lui reviennent sont en fait dues à Bernard Arnault, montrent des documents financiers.

VIVENDI, UNE MENACE ?

Les deux sources ont confirmé que Bernard Arnault, qui détient déjà 7% du capital du groupe, pouvait prétendre à recevoir environ 3% supplémentaires dans le cadre de la réorganisation, voire davantage s'il souhaitait sortir de Lagardère Capital, la holding d'Arnaud Lagardère.

Elles ont précisé que le patron de LVMH avait insisté pour que cette possibilité figure noir sur blanc dans des documents récents, après s'être montré insatisfait de la tournure du projet de restructuration.

Un porte-parole de Financière Agache, société d'investissement de Bernard Arnault, a refusé de commenter ces informations.

Vincent Bolloré et Vivendi, eux, sortent grands vainqueurs de l'opération approuvée mercredi, avec 27% du capital et un pouvoir d'influence sur les décisions stratégiques à venir.

Trois sources au sein des actionnaires et des banquiers concernés ont déclaré que Vivendi était un candidat sérieux à une éventuelle offre d'achat, notamment si d'autres prétendants émergent et en dépit des craintes de voir le pouvoir politique tenter de faire capoter ce scénario pour empêcher la formation d'un pôle de médias conservateurs autour d'Europe 1 et de la chaîne d'information CNews, ont expliqué plusieurs sources à Reuters.

Mercredi, lors de l'assemblée générale, Arnaud Lagardère a assuré que "Vivendi et Vincent Bolloré sont un atout pour nous et pas une menace".

Des représentants de Bolloré et Lagardère ont refusé de s'exprimer. L'Elysée n'a pu être joint dans l'immédiat mais avait auparavant refusé de s'exprimer sur le sujet.

Une partie des actions détenues par Arnaud Lagardère dans le groupe servent par ailleurs de garantie à un prêt que lui a accordé le Crédit agricole. Une source proche du PDG a déclaré que cet emprunt, d'un montant initial de 164 millions d'euros mais dont le montant actuel n'est pas connu, était sous contrôle.

Crédit agricole s'est refusé à tout commentaire.

(Avec la contribution de Mathieu Rosemain, version française Marc Angrand)

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2 commentaires

  • 05 juillet 08:49

    le fiston a déjà bien commencé !


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