(AOF) - Rémy Cointreau (-1,46% à 53,85 euros) enregistre un des plus forts replis au sein de l'indice SBF 120 même si la société s'est montrée moins pessimiste sur l'impact des droits de douane américains sur les résultats de l'exercice 2025-2026. À la suite de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Union européenne, instaurant, à compter du 1er août, un taux de droits de douane de 15% (contre 30% initialement envisagés), le fabricant de cognac a revu à la baisse, l’impact net global estimé de ces taxes sur le résultat opérationnel courant (ROC).
Il devrait s'élever à 30 millions d'euros contre une estimation précédente de 45 millions d'euros. Dans le détail, il devrait atteindre les 10 millions d'euros en Chine comme anticipé précédemment et 20 millions d'euros aux Etats-Unis (contre 35 millions d'euros auparavant).
" Ces estimations tiennent compte des plans d'actions mis en œuvre pour atténuer les effets négatifs des droits de douane additionnels. Elles intègrent également une augmentation des investissements en Chine et aux Etats-Unis, afin de favoriser la reprise de l'activité sous-jacente (depletions : ventes des grossistes vers les détaillants) ", précise Remy Cointreau.
En conséquence, le groupe de vins et de spiritueux anticipe désormais une baisse organique du ROC à mid-single digit (4-6%) sur cet exercice 2025-2026 (contre une baisse à mid-to-high single digit précédemment : 4-9%).
L'entreprise réaffirme par ailleurs son objectif d'une croissance organique annuelle du chiffre d'affaires à mid-single-digit (4-9%), principalement portée par un fort rebond " technique " des ventes aux Etats-Unis. En raison des effets de phasage attendus pour les régions APAC (principalement en Chine) et Amériques (Etats-Unis), l'entreprise prévoit un retour à la croissance organique au second semestre.
Le groupe rappelle que " les Etats-Unis et la Chine sont des marchés stratégiques où il bénéficie depuis de nombreuses décennies d'un ancrage robuste et d'une désirabilité solide ".
Confiant dans leur potentiel à long terme, Rémy Cointreau entend y " poursuivre des investissements ciblés et ambitieux, afin d'accompagner la reprise de la demande et de préparer une trajectoire de croissance durable et rentable ".
Prenant en compte ces nouvelles informations, TP Icap Midcap annonce que ces estimations sur les résultats annuels de Remy Cointreau restent inchangées : " Nous tablons sur un chiffre d'affaires 2025-2026 de 959,1 millions d'euros en décroissance publiée de 2,6% traduisant un effet devises négatif de 60 millions d'euros et une croissance organique de 3,5%. Nous retenons par ailleurs, un ROC de 186,15 millions d'euros, en repli de 14.2% à données publiées traduisant une décroissance organique de 5% et un effet devises négatif de 20 millions d'euros. " La marge opérationnelle courante s'établirait à 19,4% contre 22% en 2024-2025.
Le bureau d'études précise que " le chiffre d'affaires du second trimestre sera en décroissance organique en consolidé et sur toutes les géographies ". La Chine reste dans un environnement de consommation contraint et sera pénalisée par l'occurrence d'un Mid-Autumn festival tardif (fête de la mi-automne) générant un effet calendaire défavorable. Les depletions américaines toujours mal orientées et le changement de distributeur en Californie (1er septembre) augurent d'un trimestre aux Etats-Unis en retrait.
Les perspectives rassurantes de Rémy Cointreau s'harmonisent avec les bons résultats au premier trimestre de l'exercice dévoilés il y a un mois. Sur cette période, la société a réalisé un chiffre d'affaires de 220,8 millions d'euros en progression de 5,7% en organique et de 1,8% en données publiées, affecté par un effet défavorable des devises de 4%, principalement lié à l'évolution du dollar et du renminbi.
Le chiffre d'affaires de la division Cognac a progressé de 1,3% en organique. Celui de la division Liqueurs & Spiritueux a augmenté de 17,3% en organique.
AOF - EN SAVOIR PLUS
En savoir plus sur Rémy Cointreau
=/ Points clés /=
- Groupe de spiritueux né en 1724, avec 12 marques mondiales : Remy Martin et Louis XIII pour les cognacs, diversifié dans les liqueurs et spiritueux avec Cointreau, Metax, St-Rémy, Mount Gay, The Botanis, Malt Bruichladdich, Port Charlotte, Octomore, Westland, Hautes Glaces - et 2 marques d’exception - Telmont, Belle de Brillet ;
- Ventes de 1,2 Md€ réparties entre 2 divisions – le cognac pour 65%, les liqueurs et spiritueux pour 33%, la part des marques partenaires ayant été réduite à 2% ;
- Positionnement international, l’Asie-Pacifique étant 1er marché du groupe (40% des ventes) dans les Amériques (38%) ;
- Ambition 2030 : place de n°1 mondial des spiritueux d’exception, avec une part de 65% dans les ventes, maîtrise des prix de vente des spiritueux d’exception, au prix unitaire supérieur à 50€ via le renforcement du contrôle de circuit de distribution (85% des ventes) ;
- Capital contrôlé par les familles fondatrices (56,43 % des actions et 70,52 % des droits de vote), Marie-Amélie de Leusse présidant le conseil de 12 administrateurs, Eric Vallat étant directeur général.
=/ Enjeux /=
- Agilité du modèle d’affaires face à la chute du chiffre d’affaires :
- diminution des coûts drastique et structurelle de 145 M€, réduction de 10% des effectifs non opérationnels et adoption d’un nouveau plan d’économies, de + 50 M€,
- restructuration en 2 divisions de l’organisation commerciale, niveau élevé (21,4%du chiffre d’affaires) des investissements et approche marketing ciblée par produit, client ou zone géographique (France, Italie et Royaume-Uni en Europe…),
- montée en puissance de l’e-commerce, à 20% des ventes,
- Stratégie environnementale visant le nez zéro en 2050 :
- d’ici 2030 : déploiement du plan « New Generation Terroirs » : conversion totale des agriculteurs et viticulteurs directs à l’agroécologie (vs 6 % à fin mars) et durcissement de la gestion de l’eau (- 20% de prélèvement par litre d’alcool),
- recours intégral aux énergies renouvelables et réduction de moitié des émissions de CO2 par bouteille ;
- Poursuite de la remontée de la rentabilité des liqueurs et spiritueux, inférieure de 2 fois à celle du cognac qui contribue aux 8/10èmes du bénéfice opérationnel ;
- Droits de douane additionnels (38,1%) sur les importations de cognac en Chine en attente de confirmation : estimation d’un impact marginal pour l’exercice en cours et activation du plan d’actions pour en atténuer les effets à partir de 2025-26 ;
- Bilan solide avec 1,85 Md€ de capitaux propres mais hausse de la dette nette à 650 M€, soit un effet de levier de 1,68.
=/ Défis /=
- Forte saisonnalité des ventes et, depuis 2 ans, réduction de la visibilité : inflation des coûts de production et réductions de stocks aux Etats-Unis ;
- Après un premier semestre marqué par un recul de 17,8 % des ventes sur les trois premiers mois de l’exercice , objectifs 2024-25 confirmés dans le bas de la fourchette, soit un repli de 18 % des ventes et une marge opérationnelle entre 21 et 22%;
- Stratégie 2029-30 aux objectifs confirmés : reprise à partir de 2025-26 de la trajectoire de croissance, marge brute de 72% et marge opérationnelle courante de 33% ;
- Dividende 2023-24 de 2 €, payable en numéraire ou actions -option retenue par le holding familial ORPAR.
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