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La réglementation, un enjeu phare dans la digitalisation des sociétés de gestion
Newsmanagers05/04/2018 à 10:45

(NEWSManagers.com) -

En matière de digitalisation, " l'impératif d'aujourd'hui et de demain, c'est tout ce qui tourne autour du réglementaire et des regtech " , a déclaré Pascale Auclair, présidente de La Française AM, au cours d'une table ronde sur la transformation digitale des métiers de la gestion d'actifs organisée par Active Asset Allocation. C'est dans ce domaine où la société de gestion investit le plus et où le levier de la digitalisation sur le résultat opérationnel est le plus fort, explique-t-elle.

Alors que d'aucuns pensent que les sociétés de gestion ne sont pas vraiment " moteur " en matière de digital, Pascale Auclair a estimé que " le digital doit s'inscrire dans une démarche prospective " . " Le but du jeu est de léverager les encours et le résultat " , indique-t-elle.

Marie-Pierre Ravoteur, responsable du Quant Lab chez Axa IM, estime pour sa part que les sociétés de gestion se sont bien emparées du sujet, notamment dans une optique de réduction des coûts et d'amélioration de la transparence. Le laboratoire dont elle est responsable a quatre missions : créer de l'alpha et de l'innovation, faire de l'industrialisation au travers de l'automatisation de processus, mieux servir les clients via les outils digitaux et enfin transformer pour travailler différemment (former, accompagner les collaborateurs...).

Pascale Auclair reconnaît qu'il est difficile pour une entreprise mature de déployer une démarche d'innovation. " On ne sous-estime pas l'ampleur du chantier. Faire bouger une entreprise mature dans le digital est un enjeu très important et un chantier colossal " , affirme-t-elle. Mais " nous essayons d'être pragmatique et de nous appuyer sur les métiers sur lesquels nous sommes forts " , continue-t-elle.

Dans les équipes de gestion, par exemple, " le virus digital a pris racine il y a un moment déjà. Cela s'est fait à travers la gestion des risques au début. Et aujourd'hui, un gérant talentueux a pleinement conscience de l'apport considérable des données non conventionnelles. Cela va lui permettre de magnifier son talent " , explique encore Pascale Auclair.

Marie-Pierre Ravoteur ajoute que l'objectif des gérants est de faire de la performance et " si on peut les aider avec des outils pour mieux gérer, pour mieux se concentrer sur la gestion " , ils sont satisfaits.

Les intervenants du panel ont également reconnu qu'il n'y avait pas de transformation sans changement des modes de fonctionnement et qu'il fallait à cet égard casser les silos et par exemple créer des groupes de travail transversaux, rattachés à la direction générale.

Concernant les robo-advisors, force est de constater que l'engouement n'est pas au rendez-vous. Marie-Pierre Ravoteur observe toutefois qu'aux Etats-Unis, ces outils sont devenus courants. Elle explique aussi l'intérêt limité pour les robots qui s'adressent aux particuliers en France par le fait que le pays est très intermédié. Enfin, ces robots s'adressent aux " millenials " qui n'ont pas encore une grosse épargne.

Enfin, Philippe Limantour, EMEIA chief innovation officer d'EY, rappelle que la digitalisation permet d'automatiser des tâches pour libérer l'humain et lui apporter des informations pour qu'il exerce mieux son métier. " L'intelligence artificielle, j'appelle ça l'individu augmenté " , résume-t-il.

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