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La nervosité persiste, géopolitique et pétrole continuent de dicter la tendance
information fournie par Zonebourse 12/03/2026 à 08:43

Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi matin dans un contexte d'aversion au risque alimenté par une nouvelle flambée des cours du brut alors que le conflit au Moyen-Orient et ses implications pour l'économie mondiale demeurent la principale source d'inquiétude des investisseurs. Les contrats à terme suggèrent pour l'instant une ouverture en baisse de 0,9% pour le CAC 40 parisien, de 0,5% pour le DAX à Francfort et de 0,1% pour le FTSE à Londres.

L'heure reste à la prudence faute de signes d'espoir d'une solution diplomatique au conflit armé en Iran et alors que la menace d'une croissance ralentie doublée d'une accélération de l'inflation due à l'envolée des prix des matières premières se fait de plus en plus réelle.

Signe de la nervosité du marché, les indices sont repartis à la baisse hier en Europe (-0,2% à Paris, -1% à Londres et -1,6% à Francfort), effaçant une partie des gains signés lors de leur vigoureux rebond de mardi.

Les marchés américains ont terminé la séance de mercredi sur une note mitigée, toujours sous l'influence des tensions géopolitiques. Dans ce contexte, le Dow Jones a cédé 0,6% et le S&P 500 près de 0,1%, tandis que le Nasdaq 100 a terminé quasiment stable.

Désormais bien installé au-dessus de 24, le VIX - souvent dénommé "l'indice de la peur" à Wall Street - reste très supérieur au seuil des 20 points considéré comme synonyme d'une situation de stress.

Des marchés sous haute tension

La volatilité observée ces derniers jours sur le marché pétrolier reflète l'incertitude quant à la durée de la guerre et la possibilité d'une crise énergétique qui risquerait d'avoir un impact durable et significatif sur les marchés.

Rien ne semble en effet pouvoir arrêter pour l'instant la hausse des cours du pétrole, même la décision hier de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de débloquer 400 millions de barils de pétrole issus de ses réserves d'urgence afin de remédier aux perturbations découlant de la guerre au Moyen-Orient.

"Honnêtement, tout cela s'apparente davantage à un simple pansement posé sur une jambe de bois qu'à autre chose", tempère Michael Brown, stratège chez Pepperstone.

"On remplace un flux de marchandises par un stock, donc ça ne règle pas le fond du problème", explique-t-il.

Ces inquiétudes font plus qu'éclipser les commentaires plutôt encourageants tenus hier par Donald Trump concernant l'éventualité d'une fin prochaine du conflit. Le président américain a réaffirmé hier que la guerre se terminerait "bientôt" et qu'il n'y avait "quasiment plus rien à cibler" en Iran.

"Après, c'est du Trump tout craché, on commence maintenant à connaître la chanson", ajoute Michael Brown.

"A ce stade, le marché commence à saturer des belles paroles : les investisseurs attendent désormais des actes concrets plutôt que des promesses de désescalade", conclut l'analyste.

Conséquence, le Brent prend actuellement plus de 6% à 97,6 dollars le baril après avoir de nouveau dépassé le seuil des 100 dollars dans la nuit. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) progresse quant à lui de 5,7% à 92,2 dollars.

Alors qu'Oman a dû évacuer tous les navires de son principal terminal pétrolier par mesure de précaution, certains observateurs redoutent que ces mouvements de yo-yo ne soient pas terminés.

Un chaos sans précédent sur l'or noir

"La volatilité hebdomadaire du pétrole vient d'atteindre son sommet historique sur une échelle de temps hebdomadaire, du jamais vu depuis le début de la collecte des données au début des années 1980", constate Ahmad Assiri, lui aussi analyste chez Pepperstone.

"Nous assistons à des oscillations massives et brutales: une envolée de 20%, suivie d'une autre hausse de 20%, puis une pression vendeuse féroce de près de 20%, pour finalement voir les prix revenir au seuil des 100 dollars le baril en un temps record", observe le professionnel.

"Cela témoigne d'un état d'incertitude absolue: nous sommes face à un marché purement dicté par l'urgence des gros titres", estime-t-il.

"Avec un baril de Brent repassé au-dessus de la barre psychologique des 100 dollars aujourd'hui, il devient extrêmement difficile de convaincre les traders d'abandonner leur prime de risque. Au lieu de cela, ils intègrent désormais le prix d'une réalité géopolitique complexe, dégradée et durable", conclut l'analyste de Pepperstone.

Sur le marché des devises, le contexte géopolitique profite avant tout au yen et au dollar, avec pour conséquence un repli de l'euro face aux autres grandes devises.

Autour de 1,1550, c'est-à-dire quasiment au plus bas de l'année, l'euro continue de perdre du terrain face au billet vert, signe que les cambistes s'attendent à une période prolongée d'incertitude pour l'économie de la zone euro et la politique monétaire de la BCE.

Avec l'évolution défavorable du contexte géopolitique et la remontée des anticipations d'inflation, les rendements des emprunts d'Etat américains s'inscrivent en hausse. Le dix ans s'établit au-dessus de 4,20%.

Le marché obligataire européen suit le mouvement avec un rendement du Bund allemand à dix ans qui revient à ses pires niveaux depuis fin 2023 (2,93%) tout comme les OAT françaises (3,57%).

Si la géopolitique devrait continuer de dicter la tendance, les investisseurs étudieront quand même avec attention, à 14h30, les chiffres des inscriptions au chômage aux Etats-Unis, ainsi que les dernières données ayant trait au marché immobilier américain.

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