Chartres, le 20 août 2025. ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Le réassureur public français CCR a vu son bénéfice net tripler en 2025, notamment grâce à la cession d'Arundo Re, et a entamé le rééquilibrage du régime des catastrophes naturelles, tiré par la surprime.
Le bénéfice net 2025 atteint 536 millions d'euros, contre 183 millions l'année précédente, et "témoigne du redressement engagé", affirme la CCR jeudi dans un communiqué. Il est constitué pour environ 40% du produit de la cession d'Arundo Re (ex-CCR Re), son ancienne filiale de réassurance privée.
Le chiffre d'affaires s'est lui élevé à 1,88 milliard d'euros, en hausse de 641 millions, dont 541 millions d'euros dus à la hausse de la surprime "Cat Nat" prélevée par les assureurs sur les contrats d'assurance habitation des Français pour le compte de la CCR.
Cette surprime est passée au 1er janvier 2025 de 12 à 20% du tarif payé pour des contrats d'assurance de dommages aux biens d'habitation et professionnels et de 6% à 9% la surprime sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles.
"On capte pas loin de 80% de cette augmentation, pas la totalité puisque c'est au fur et à mesure du renouvellement des contrats, notamment des particuliers, mais en gros le chiffre d'affaires augmente très fortement", a commenté le directeur général de CCR Edouard Vieillefond auprès de l'AFP.
Cela permet à CCR de reconstituer ses réserves dédiées à la prise en charge des catastrophes naturelles, épuisées depuis 2023, à hauteur de 466 millions d'euros.
"Le niveau des réserves reste encore bas", souligne la CCR qui a connu huit années de déficit technique depuis 2016.
La sinistralité "modérée" en 2025 a représenté 978 millions d'euros, dans un climat d'"intensification des risques extrêmes", note le communiqué. L'année a été marquée par le cyclone Garance qui a touché l'Île de la Réunion en février et a représenté une charge de 241 millions, et aux inondations survenues en Bretagne en janvier pour un montant de 80 millions.
L'année écoulée est la quatrième année la plus chaude en France, et l'été 2025 figure parmi les trois plus chauds depuis le début des mesures en 1900. Ces conditions ont entretenu une sécheresse des sols sur environ 30 % du territoire, ce qui a représenté une sinistralité (fissures de maisons notamment) de 482 millions d'euros pour le CCR.
La Caisse centrale de réassurance (CCR), une institution publique, gère ce régime en délivrant aux assureurs une couverture de réassurance illimitée lorsque l'état de catastrophe naturelle est déclaré par l'Etat.
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