par Byron Kaye et Karen Lema
La décision de Meta
META.O de restreindre l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes aux États-Unis démontre que les entreprises disposent d’outils pour mieux les protéger en ligne, selon les responsables politiques australiens, alors que de plus en plus de gouvernements dans le monde tentent de rendre leur accès difficile.
La multinationale américaine qui détient Facebook et Instagram a accepté de verser jusqu’à 18 milliards de dollars (15,46 milliards d'euros) sur une période de dix ans et de limiter l’utilisation de ses réseaux sociaux aux enfants et adolescents, dans le cadre d’un accord conclu avec la quasi-totalité des États américains. En acceptant ce règlement, Meta a nié toute faute.
Cette entente entraîne des changements radicaux sur ces plateformes en ligne aux États-Unis, notamment l'imposition d'une limite par défaut de deux heures d'utilisation pour les personnes de moins de 18 ans.
La ministre australienne des Communications, Anika Wells, a rappelé le rôle de pionnier de son pays, premier à avoir interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et a affirmé que les entreprises "disposent des outils nécessaires pour protéger les jeunes contre les fonctionnalités addictives de leurs plateformes, mais ont choisi de ne pas les utiliser".
En Corée du Sud, la Commission des médias et des communications (KMCC) a déclaré que celles-ci devaient assumer une plus grande responsabilité en matière de protection des enfants et des adolescents, et que les limitations devaient s'étendre au monde entier.
Lors d'une réunion d'information sur les politiques publiques avec le président Lee Jae Myung en juillet, Kim Jong-cheol, a précisé que sept propositions de loi relatives à ces mesures étaient déjà en attente d'examen. Un porte-parole de la Comission a indiqué jeudi que celle-ci soutenait les efforts visant à faire progresser ces projets par le biais de débats et de consultations publiques.
Parmi les propositions à l'étude figurent la restriction de l'accès aux réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de 14 ans et la limitation des algorithmes et autres fonctionnalités des plateformes susceptibles d'encourager une utilisation excessive chez les adolescents, a ajouté Kim Jong-cheol.
La Malaisie, qui a interdit aux moins de 16 ans de créer des comptes sur les réseaux sociaux, a déclaré : "Nous saluons cette dernière décision des tribunaux américains comme un signe positif indiquant que les réseaux sociaux doivent être tenus responsables de ce qui se passe sur leurs plateformes".
Quant à la Commission européenne, elle a expliqué attendre que Meta présente des modifications visant à limiter le caractère addictif de ses plateformes.
Elle avait déjà publié des conclusions préliminaires en début d'année, indiquant que l'entreprise avait enfreint la loi sur les services numériques (DSA), et a constaté en avril qu'elle n'avait pas empêché les enfants de moins de 13 ans d'ouvrir ou de conserver des comptes.
PROBLÈMES DE MISE EN ŒUVRE
L’application de restrictions similaires en Australie s’est toutefois avérée inégale jusqu’à présent.
Les premières données indiquent que la loi a été contournée par des systèmes de vérification de l’âge peu efficaces. Plusieurs études, notamment celles menées par l’autorité australienne de régulation de l’internet, montrent que 80% des mineurs étaient toujours présents sur les réseaux sociaux plusieurs mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction en décembre. Cela a incité les législateurs à doubler le montant maximal de l’amende et à renforcer les pouvoirs de l’autorité de régulation.
Le ministre polonais du Numérisation a déclaré avoir demandé à la Commission européenne d’infliger une amende de 250 millions d’euros à Meta.
"J'appelle également Meta à mettre immédiatement en place des outils efficaces pour éliminer les arnaques, la publicité mensongère et la promotion d'applications illégales", a déclaré Krzysztof Gawkowski sur X.
Dans un communiqué transmis à Reuters, la multinationale a assuré mettre tout en œuvre pour lutter contre la fraude sur ses plateformes.
"Les escrocs sont des criminels persistants qui utilisent des tactiques de plus en plus sophistiquées", indique le communiqué. "C’est pourquoi nous continuons d’investir massivement dans les technologies et les partenariats – avec l’industrie et les forces de l’ordre – afin de repérer, de neutraliser et, à terme, de mettre un terme aux agissements des escrocs".
Henry Aguda, secrétaire du ministère philippin des Technologies de l’information et de la communication, a déclaré espérer que l'accord avec Meta faciliterait les discussions prévues jeudi avec la société, pour aborder des questions telles que les abus sexuels en ligne et l'exploitation des enfants, ainsi que les escroqueries financières ciblant les Philippins.
(Reportage de Byron Kaye à Sydney, Karen Lema à Manille, Kyu-seok Shim à Seoul, Pawel Florkiewicz et Marek Strzelecki à Varsovie, Ashley Tang à Kuala Lumpur, Dominque Patton à Paris; Rédigé par Anne Marie Roantree; Version française Rihab Latrache, édité par Zhifan Liu)

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