En dépit du boycott de géants technologiques américains et d'un nombre plus faible qu'espéré de dirigeants européens présents, Emmanuel Macron entend profiter du sommet international sur l'espace, qui se tient cette semaine en France, pour renforcer le rôle de l'Europe dans la course à la conquête spatiale.
Organisé conjointement par la France et l'Allemagne au Grand Palais de Paris, mercredi et jeudi, le sommet a été initialement présenté comme un forum pour les décideurs, entreprises et scientifiques de 120 pays, y compris les puissances spatiales rivales que sont les États-Unis et la Chine, pour trouver des moyens de coopérer.
Mais les inquiétudes exprimées par la Maison blanche à propos de ce qu'elle a dit percevoir comme une démarche eurocentrée ont poussé quatre firmes spatiales américaines, dont SpaceX SPCX.O détenue par Elon Musk et Blue Origin détenue par Jeff Bezos, à annuler leur participation, ont déclaré la semaine dernière des sources au fait de la question. Plusieurs annonces ne pourront ainsi pas être effectuées, ont-elles précisé.
Alors même que l'Allemagne copréside officiellement le sommet, Berlin a fait savoir vendredi que le chancelier Friedrich Merz ne serait pas présent en raison d'autres engagements - une absence qui s'inscrit sur fond de désaccords de plus en plus apparents avec Paris sur la politique spatiale.
Les services de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ont indiqué à Reuters que celle-ci ne serait pas non plus présente au sommet.
La France prône une plus grande autonomie de l'Europe à propos de l'espace tandis que l'Allemagne semble plus réticente à l'idée de fermer la porte à SpaceX, qui domine le marché actuel des lancements spatiaux.
DES "ANNONCES ECONOMIQUES" ATTENDUES
Paris et Berlin ont également adopté des tons divergents à propos de la fragmentation des efforts européens destinés à contrer l'influence du réseau Starlink, firme détenue également par Elon Musk. Emmanuel Macron soutient la constellation de satellites sécurisés IRIS² de l'Union européenne, tandis que l'Allemagne entend déployer son propre réseau sécurisé.
Minimisant les absences, les organisateurs du sommet ont souligné que celui-ci accueillerait tout de même des firmes américaines parmi les quelque 1.100 entreprises du secteur spatial qui seront présentes au Grand Palais.
"Le sommet abordera l'ensemble des enjeux liés au développement et à l'innovation du secteur spatial autour de trois thématiques clefs", a déclaré l'Elysée dans un communiqué.
"Relever les défis de l'économie spatiale mondiale par la coopération internationale ; faire progresser la science, la technologie et l'exploration spatiale dans une perspective internationale ; assurer la sécurité de l'espace par le dialogue, la défense et les partenariats", a détaillé la présidence de la République.
Aucun décision n'est attendue lors du sommet, qui sera avant tout une rencontre politique informelle.
Toutefois, la France cherche à s'assurer qu'un certain nombre de déclarations à caractère général seront effectuées, notamment sur le trafic spatial et l'accès à l'espace, ainsi qu'à propos des fréquences rares nécessaires pour y opérer - une question qui divise les entreprises aux États-Unis et en Europe.
"De nombreuses annonces économiques sont attendues, dont des contrats et investissements particulièrement significatifs", a dit l'Elysée.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit prononcer jeudi un discours d'orientation jeudi. La Chine devrait également être présente au sommet, ont indiqué des représentants, sans donner plus de détails.
(Tim Hepher, avec la contribution de Tom Sims, Giselda Vagnoni et Gianluca Lo Nostro; version française Jean Terzian, édité par Benjamin Mallet)

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