* Feu vert de la Commission attendu avant fin octobre
* Les Etats pourront alors débloquer des fonds publics
* Le consortium PSA-Opel-Saft est le premier
(Actualisé avec déclaration d'un porte-parole du groupe PSA §
11)
PARIS, 2 mai (Reuters) - Paris et Berlin ont donné jeudi le
coup d'envoi formel de la mise en place d'une filière européenne
des batteries pour les véhicules électriques, ce projet
franco-allemand bénéficiant désormais du soutien de principe de
la Commission européenne.
"La Commission européenne vient de nous confirmer
formellement (le) principe de (...) l'intérêt stratégique pour
l'Europe de cette filière", a déclaré le ministre français de
l'Economie et des Finances Bruno Le Maire lors d'une conférence
de presse à Bercy.
"Elle nous a donc autorisé à verser des aides publiques", a
ajouté Bruno Le Maire, en présence du ministre allemand de
l'Economie et de l'Energie Peter Altmaier et du vice-président
de la Commission européenne, Maroš Šefčovič.
Au-delà d'un premier projet de consortium franco-allemand -
auquel pourraient participer le fabricant français de batteries
Saft, filiale de Total TOTF.PA , le constructeur français PSA
PEUP.PA et sa branche allemande Opel - l'exécutif européen
souhaite favoriser l'émergence de plusieurs projets
transnationaux dans les prochaines semaines.
Le consortium franco-allemand, ainsi que d'éventuel autres
projets comparables, pourraient recevoir "un feu vert avant la
fin du mandat de la Commission européenne, soit avant le mois
d'octobre prochain", a déclaré Maroš Šefčovič, qui gère le
portefeuille de l'Energie dans l'exécutif actuel, voué à être
remplacé après les élections européennes à la fin du mois.
En pratique, il s'agit pour la Commission de reconnaître,
suite à la demande d'Etats membres, le caractère de "projet
important d'intérêt européen commun" (PIIEC), qui permet aux
projets concernés de recevoir des fonds publics sans contrevenir
aux règles européennes sur les aides d'Etat et la concurrence.
"Je suis confiant que ce partenariat s'élargira très
rapidement à d'autres acteurs" et que "ce projet fera des émules
(...) qui pourraient suivre la voie ainsi tracée", a dit Maroš
Šefčovič.
COMMENCER UNE PRODUCTION À GRANDE ÉCHELLE
Pour le ministre allemand Peter Altmaier, dans la mesure où
les technologies à l'étude aujourd'hui ne sont pas exactement
identiques, l'intérêt d'aboutir à la labellisation de plusieurs
projets est de permettre à terme d'avoir "le choix du modèle (de
batterie) le plus approprié ou le choix de rassembler les
consortiums à un stade ultérieur".
"Le consortium PSA-Opel-Saft est le premier" parce qu'il est
le plus avancé dans la réflexion pour "commencer une production
à grande échelle", a-t-il déclaré.
Un porte-parole de PSA a confirmé qu'un dossier était à
l'étude via sa filiale Opel, tout en soulignant qu'"à ce stade
aucune décision n'est prise et ne sera prise tant que le groupe
n'aura pas d'engagement formel de l'Union européenne".
Alors que les ambitions politiques - nationales ou
européennes - et les initiatives industrielles en la matière
évoluaient jusqu'ici en ordre dispersé, les projets pourraient
désormais avancer de façon plus structurée.
Pour autant, les consortiums ne sont mis en place ni par
Paris, ni par Berlin, ni par la Commission et entreprises et
constructeurs automobiles concernés sont évidemment libres de
rejoindre le projet auquel elles souhaitent participer, ont
souligné Bruno Le Maire et Peter Altmaier.
Concrètement, le consortium franco-allemand devrait se
concrétiser en 2020 avec la mise en place d'une usine pilote en
France, avec 200 emplois à la clé.
QUATRIÈME GÉNÉRATION
Devraient suivre deux usines de production, en Allemagne et
en France, à l'horizon 2022-2023, avec 1.500 emplois chacune.
Ces sites produiront des batteries liquides "améliorées",
c'est-à-dire plus performantes, tout en continuant de
fonctionner avec la technologie actuelle.
La quatrième génération de batteries, dites solides, ne
devrait arriver que vers 2025-2026.
D'après le ministre français, sur les cinq à six milliards
d'euros d'investissements nécessaires pour construire les
premières lignes de production dans le cadre de ce projet, le
montant maximum des subventions publiques autorisées par la
Commission européenne s'élèvera à 1,2 milliard d'euros.
La Fance avait déjà fait part de sa volonté de consacrer un
total de 700 millions d'euros sur cinq ans à l'ensemble des
projets liés à la production de cellules de batteries,
l'Allemagne prévoyant pour sa part d'y investir un milliard
d'euros.
Bruno Le Maire, qui a souligné l'intérêt de plusieurs pays
européens - Italie, Belgique, Pologne, Autriche et Finlande - a
estimé que "ce projet de batteries électriques européennes"
représentait "beaucoup plus qu'un projet industriel".
"Nous marquons notre détermination à construire la
souveraineté technologique, économique et industrielle du
continent européen" face aux Etats-Unis et à la Chine, a-t-il
précisé.
A terme, l'ambition est que la filière européenne couvre
l'ensemble du processus, de l'extraction des minerais au
recyclage des batteries.
(Myriam Rivet, avec Matthias Blamont, édité par Yves Clarisse)
La filière européenne de batteries de 4e génération sur les rails
information fournie par Reuters 02/05/2019 à 15:50
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