OVH perd 8% ce mercredi après l'annonce du départ de sa directrice financière, Stéphanie Besnier, en poste jusqu'au 31 août et remplacée par un intérim. Cinq jours de préavis public et pas de successeur identifié. C'est l'occasion de rappeler pourquoi le marché n'aime pas du tout ce genre de configuration.
Dans une entreprise cotée, le départ de la personne qui occupe le sommet de la pyramide financière fait rarement partie des nouvelles que les investisseurs accueillent avec le sourire. Surtout lorsqu'il est inattendu, mal expliqué ou intervient à quelques jours d'une publication de résultats.
La directrice financière ou le directeur financier, qu'on résume parfois avec l'acronyme anglo-saxon CFO (chief financial officer), est l'un des principaux garants de la fiabilité des comptes et des prévisions d'une entreprise. Il supervise les budgets, la trésorerie, la dette et dialogue directement avec les analystes et les investisseurs. Son départ est presque toujours une source d'inquiétude.
Une histoire rassurante à bâtir, quand c'est possible
Tout dépend évidemment des circonstances. Un départ à la retraite annoncé plusieurs mois à l'avance, avec un successeur identifié, ne provoque généralement pas de remous. Une démission avec effet immédiat, pour des raisons vagues ou des "divergences de vues", est beaucoup plus difficile à digérer.
C'est la raison pour laquelle les entreprises s'emploient à prévenir le marché très en amont, voire à assurer des successions en douceur, avec un tuilage entre le sortant et l'entrant. L'absence de heurts rassure tout le monde. Mais ce n'est pas toujours possible.
Les investisseurs redoutent notamment qu'un départ précipité cache un problème comptable, une dégradation des perspectives ou un désaccord avec la direction sur les objectifs financiers. Rien ne prouve que ce soit effectivement le cas, mais la Bourse déteste les zones d'ombre. "Le moment choisi pour le départ de la directrice financière, alors même que l'entreprise s'apprête à mettre en oeuvre son nouveau plan stratégique quinquennal, introduit un élément d'incertitude", explique l'analyste Veneta Nikolova, de TP ICAP, au sujet de l'annonce d'OVH.
Dans le cas du groupe français, la combinaison entre annonce tardive, absence de successeur identifié et période de transition stratégique crée un cocktail baissier presque imparable.
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