par Shivam Patel
La Chine a mené une campagne de désinformation pour nuire aux ventes du Rafale après que l'Inde a utilisé l'avion de combat de fabrication française contre des armes chinoises déployées par le Pakistan, a déclaré ce mois-ci une commission américaine bipartisane.
L'Inde a déployé en mai ses Rafale alors que New Delhi et Islamabad s'affrontaient après une attaque armée au Cachemire. La réputation du Rafale, fabriqué par Dassault Aviation AM.PA , a alors été mise à mal alors qu'au moins un des avions de chasse de New Delhi a été abattu par un chasseur de fabrication chinoise J-10 du Pakistan.
Un rapport de la Commission américaine d'examen économique et sécuritaire États-Unis-Chine, publié mardi et remis au Congrès américain, accuse ainsi Pékin d'avoir utilisé de faux comptes sur les réseaux sociaux pour entacher davantage la réputation du Rafale.
Selon le rapport, les faux comptes utilisés par la Chine ont partagé des images générées par intelligence artificielle et issues de jeux vidéo pour montrer de prétendus débris d'avions.
Pékin a dénoncé de fausses accusations.
"Le rapport publié par la commission elle-même est faux", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, en réponse à une demande de commentaire de Reuters.
"La commission que vous avez mentionnée a toujours eu un parti pris idéologique contre la Chine et n'a aucune crédibilité", a-t-elle ajouté.
Le ministère indien des Affaires étrangères n'a pas répondu à une demande de commentaire dans l'immédiat.
"UN ARGUMENT DE VENTE POUR LES AMBASSADES CHINOISES"
Le rapport américain indique que la caractérisation du conflit entre l'Inde et le Pakistan comme une "guerre par procuration" surestimerait le rôle de la Chine en tant qu'instigatrice, mais que Pékin a profité du conflit pour tester la sophistication de ses armes et en faire la publicité.
"L'utilisation par le Pakistan d'armes chinoises pour abattre les avions de chasse français Rafale utilisés par l'Inde est également devenue un argument de vente particulier pour les ambassades chinoises dans le domaine de la défense, malgré le fait que seuls trois avions pilotés par l'armée indienne auraient été abattus et qu'il ne s'agissait peut-être pas tous de Rafale", peut-on lire dans le rapport.
Le rapport, qui s'appuie sur les auditions de la commission et sur des recherches comprenant des informations accessibles au public et des rapports de presse, indique que des fonctionnaires de l'ambassade de Chine ont tenté de détourner l'Indonésie du Rafale.
Le ministère indonésien de la Défense n'a pas répondu à une demande de commentaire dans l'immédiat. En juin, le vice-ministre de la Défense déclarait toutefois que le pays évaluait le chasseur J-10 à la suite d'une offre de la Chine et qu'il tiendrait compte des informations selon lesquelles un avion pakistanais J-10 avait abattu des avions indiens.
La France et l'Indonésie ont scellé un partenariat stratégique dans le domaine de la défense, qui s'est notamment traduit en 2022 par une commande de 42 avions de chasse Rafale à Dassault Aviation.
Aucun Rafale n'a pour l'instant été livré à l'Indonésie. Le chef de l'armée de l'air indonésienne, Mohamad Tonny Harjono, a déclaré en février que six premiers appareils seraient réceptionnés début 2026, selon l'agence Antara.
Plus d'une demi-douzaine de pays ont acheté le Rafale, dont l'Ukraine qui a passé cette semaine une commande à la France pour 100 avions de combats au cours des dix prochaines années.
(Rédigé par Shivam Patel à New Delhi ; avec Liz Lee à Pékin ; version française Etienne Breban ; édité par Sophie Louet)

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