* La BoE n'évoque plus spécifiquement une baisse de taux
* Elle a revu en forte hausse ses prévisions d'inflation
* La livre monte
(Actualisé avec précisions, conférence de presse de Carney)
par David Milliken et William Schomberg
LONDRES, 3 novembre (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE)
a annoncé jeudi qu'elle n'envisageait plus de réduire son taux
directeur et que celui-ci pouvait désormais évoluer à la hausse
comme à la baisse, la chute de la livre sterling depuis le vote
du Brexit l'ayant obligée à relever ses prévisions de croissance
et d'inflation.
La livre sterling a amplifié sa progression après ces
déclarations.
La BoE, qui revendique désormais une position "neutre" en
matière d'évolution des taux d'intérêt, a présenté de nouvelles
prévisions économiques qui n'intègrent plus un "choc" provoqué
par le résultat du référendum du 23 juin sur la sortie de
l'Union européenne: au contraire, la banque centrale prévoit
désormais une croissance de 1,4% l'année prochaine, alors
qu'elle tablait en août sur un ralentissement à 0,8%.
Mais cette révision à la hausse s'accompagne d'un
avertissement sur le risque de voir "notablement réduit" l'accès
du Royaume-Uni aux marchés de l'Union européenne, ce qui
pèserait sur la croissance britannique pendant "une période
prolongée".
La banque centrale prévoit d'ailleurs une reprise plus lente
de l'économie en 2018 et 2019.
L'institution avait dans un premier temps réagi au résultat
du référendum en ramenant son taux directeur à 0,25% début août
tout en relançant son programme de rachats d'obligations sur les
marchés, interrompu depuis 2012. Elle avait alors expliqué
qu'une nouvelle baisse du loyer de l'argent était probable avant
la fin de l'année.
Elle s'était alors attiré de vives critiques, certains
partisans du Brexit accusant son gouverneur, Mark Carney, et les
autres responsables de la banque centrale d'exagérer les risques
liés à la sortie annoncée de l'UE.
L'INFLATION POURRAIT TRIPLER EN UN AN
Interrogé jeudi lors d'une conférence de presse sur
l'ampleur de la révision des prévisions économiques, Mark Carney
a répondu que "dans les grandes lignes", la BoE n'avait pas
fondamentalement changé d'avis sur ce que serait la situation
économique de la Grande-Bretagne dans trois ans.
"Nous arriverons globalement au même résultat sur le plan
économique après un soutien important de la Banque d'Angleterre
et le soutien apporté par la dépréciation assez forte de la
monnaie donc, dans les grandes lignes, on y est", a-t-il dit.
Les nouvelles prévisions économiques montrent que la BoE
prévoit désormais une forte poussée inflationniste au cours des
deux à trois années qui viennent, qui porterait la hausse des
prix à plus de 2,8% en rythme annuel début 2018 en raison de la
dépréciation de la livre.
"Il y a des limites à ce qui peut être toléré en matière de
dépassement de l'objectif d'inflation", a dit le Comité de
politique monétaire dans son communiqué.
L'inflation britannique devrait atteindre 2,7% dans un an,
soit trois fois son niveau actuel. Et il faudrait attendre 2020
pour qu'elle revienne à 2%, l'objectif de la BoE.
"La politique monétaire peut répondre, dans une direction
comme dans l'autre, à l'évolution des perspectives économiques
afin d'assurer un retour durable de l'inflation à l'objectif de
2%", a ajouté le Comité.
Sur le marché des changes, la livre gagnait plus de 1% à
1,2453 dollar GBP= vers 14h50 GMT, profitant de la décision de
la Haute Cour de Londres jugeant que le gouvernement May devait
consulter le Parlement pour déclencher les négociations avec
l'UE sur le Brexit.
Au cours de sa conférence de presse, Mark Carney a estimé
que cette décision était un exemple des incertitudes
susceptibles d'affecter l'économie.
Pour Philip Shaw, économiste d'Investec, l'inflexion du
discours de la BoE sur les taux semble destinée à apaiser les
craintes des investisseurs liées à l'inflation, et non à
préparer le terrain à une hausse de taux.
(avec Sarah Young; Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand pour
le service français, édité par Bertrand Boucey)
La BoE désormais neutre sur les taux après la baisse de la livre
information fournie par Reuters 03/11/2016 à 16:08
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