PARIS, 10 septembre (Reuters) - La Banque centrale
européenne (BCE), qui devrait annoncer jeudi un ensemble de
mesures d'assouplissement, serait bien inspirée d'en garder
quelques unes en réserve, dit-on chez BNP Paribas.
Dans un contexte de ralentissement de la croissance dans la
zone euro et d'incertitudes politiques persistantes, sans
oublier une inflation qui refuse de décoller vers son objectif,
l'institution de Francfort a clairement fait savoir qu'elle
prendrait toutes les mesures nécessaires pour soutenir
l'activité et stimuler les prix.
Baisse du taux de dépôt, affirmation plus forte de maintenir
les taux bas pendant longtemps, relance du programme de rachat
d'actifs (quantitative easing/QE), mesures permettant de
compenser les effets sur les banques commerciales des taux
négatifs... Les attentes des marchés sont nombreuses.
"Mettre tout sur la table tout de suite serait peut-être un
peu trop", a estimé mardi Louis Boisset, économiste spécialiste
de la zone euro pour la banque française, lors d'un point de
presse à Paris.
Selon lui, la BCE pourrait baisser de 10 points de base son
taux de dépôt, déjà en territoire négatif (-0,4%), en couplant
cette mesure à un système d'exemption par paliers des réserves
excédentaires des banques commerciales ("tiering system").
L'institut d'émission devrait également modifier le pilotage
des anticipations ("forward guidance"), autrement dit la
formulation qu'il emploie pour dessiner la trajectoire à venir
de sa politique, en repoussant à une date très lointaine le
moment à partir duquel il pourrait commencer à relever ses taux,
toujours selon les experts de BNP Paribas
La BCE ne devrait cependant pas modifier son objectif d'une
inflation annuelle "inférieure à mais proche de" 2% parce cela
s'apparenterait à un aveu de faiblesse et que la question de la
crédibilité de son discours se poserait alors, estiment-ils.
L'INFLATION RESTE INTROUVABLE
En ce qui concerne la relance du QE, la banque centrale
pourrait la signaler à un horizon défini, par exemple janvier
2020, sans toutefois la mettre en oeuvre dans l'immédiat,
envisagent les économistes de la banque française.
"La question à poser à la BCE, c'est ce qu'elle ferait si
dans six mois, en l'absence d'un nouveau choc, l'inflation ne
remontait toujours pas", a fait valoir lors du même point de
presse William De Vijlder, chef économiste du groupe BNP
Paribas.
Cette hypothèse est fort probable, selon les prévisions des
économistes de la banque, qui attendent l'inflation en zone euro
à 1,1% en 2019 et 0,8% en 2020 contre 1,8% l'an dernier.
"Il y a une vraie interrogation sur la capacité de
l'inflation à réagir à des chocs de politique monétaire", a dit
William de Vijlder.
La BCE a donc tout intérêt, selon l'équipe de BNP Paribas, à
garder des atouts dans sa manche, sans parler du fait que le
scénario d'un assouplissement maximal laisserait peu d'options à
Christine Lagarde, qui s'apprête à succéder à la présidence de
l'institution à Mario Draghi, dont le mandat expire fin octobre.
La banque centrale est dans une situation délicate parce
qu'elle n'a pas eu le temps d'amorcer un cycle de resserrement
et que ses taux sont déjà très bas.
Surtout, elle est confrontée à des incertitudes qui
brouillent l'horizon économique et qu'elle ne maîtrise pas, au
rang desquelles le conflit entre les Etats-Unis et leurs
partenaires commerciaux ainsi que la perspective d'un Brexit
sans accord, poursuit William De Vijlder.
"L'assouplissement monétaire face à des sources exogènes
d'inquiétude a toujours de grandes chances d'être inefficace",
a-t-il dit.
Voir aussi :
ENQUETE-Détente monétaire en vue pour la BCE; l'inflation
lui échappe toujours
(Patrick Vignal, édité par Wilfrid Exbrayat)
La BCE doit garder des munitions en réserve-BNP Paribas
information fournie par Reuters 10/09/2019 à 12:04
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