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L'optimisme gagne l'Europe : banques centrales attentistes, résultats à foison
information fournie par Zonebourse 29/10/2026 à 17:55

Les marchés actions européens ont terminé en hausse cette avant-dernière séance de la semaine. L'actualité a une nouvelle fois été très dense, rythmée par les décisions monétaires très attendues de la BCE et de la Fed, ainsi que par une nouvelle pluie de résultats d'entreprises. Les deux banques centrales ont choisi le statu quo sur leurs taux directeurs. Stable la veille, le CAC 40 a gagné 1,05% à 7 970 points. De leur côté, Londres, Francfort et Amsterdam ont progressé respectivement de 0,26%, 1,36% et 0,59%.

Banques centrales : statu quo pour la BCE et la Fed, annonce surprise de Christine Lagarde

Ce jeudi, les projecteurs étaient braqués sur la Banque centrale européenne. Comme largement attendu, la BCE a décidé ce jeudi de laisser inchangés ses trois taux directeurs : la facilité de dépôt, les opérations principales de refinancement et la facilité de prêt marginal demeurent respectivement à 2,50%, 2,65% et 2,90%. Le Conseil des gouverneurs a souligné que le choc énergétique et ses répercussions sous forme d'effets indirects et de second tour, risquent d'alimenter l'inflation et d'affaiblir la croissance. Les conditions de financement se sont d'ailleurs durcies depuis sa dernière réunion.

Réagissant à cette décision, Conor Parle, économiste spécialiste de la zone euro chez Fidelity International, estime que "la montée des pressions inflationnistes liée aux marchés mondiaux de l'énergie et aux tensions naissantes sur les prix alimentaires devrait inciter la BCE à durcir davantage sa politique monétaire, la prochaine hausse étant probable lors de la réunion de décembre consacrée aux prévisions économiques."

Par ailleurs, la séance a été marquée par une annonce de taille : la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé ce jeudi qu'elle quitterait ses fonctions le 7 février 2027, à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'institution monétaire. "Je viens d'informer mes collègues responsables politiques et le personnel de la Banque centrale européenne" de cette décision, a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur le réseau social X. "Ce fut pour moi une grande fierté de servir cette institution", a t-elle ajouté.

D'après Felix Feather, économiste chez Aberdeen Investments, ce départ anticipé n'aura pas d'impact immédiat. Nous ne pensons pas que ce changement à la tête de la BCE modifie les perspectives de taux à court terme, mais les marchés suivront de près la succession, car la pression sur la dette publique française persiste et les différents candidats ont des positions divergentes sur les outils de politique monétaire non conventionnels, tels que l'instrument de protection de la transmission. Nous anticipons de nouvelles hausses en décembre et en mars."

Avant la BCE, la Fed a dévoilé hier soir sa décision de politique monétaire. La banque centrale américaine a laissé ses taux directeurs inchangés dans une fourchette comprise entre 3,75 et 4%, après les avoir relevés de 25 points de base en septembre. Cette décision était largement attendue à quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

Daniel Siluk, gestionnaire de portefeuille chez Janus Henderson Investors interprète cette pause comme une posture attentiste : "Cela peut être interprété comme une marque de patience plutôt qu'à l'abandon d'un biais de resserrement. La porte reste ouverte à un nouveau durcissement, si les données macroéconomiques le justifient."

Demain, ce sera autour de la Banque du Japon de faire part de sa décision de politique monétaire.

Géopolitique : vives tensions au Moyen-Orient et repli des cours pétroliers

Au-delà des décisions monétaires, les salles de marché gardent un oeil attentif sur les tensions au Moyen-Orient, où les combats ne faiblissent pas après huit mois de frictions ouvertes entre les Etats-Unis et l'Iran.

L'agence maritime britannique UKMTO a signalé un navire en feu au large d'Oman, dans le détroit d'Ormuz, voie maritime au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.

De son côté, la coalition militaire menée par Riyad a annoncé ce jeudi avoir intercepté un nouveau missile balistique tiré par les Houthis pro-iraniens du Yémen. L'Arabie saoudite est la cible quasi quotidienne des Houthis depuis début octobre.

Sur le front diplomatique, le Wall Street Journal rapporte que le vice-président américain J.D. Vance a adressé une lettre à Mohsen Rezaï, secrétaire du conseil suprême de sécurité nationale iranien afin de relancer les négociations avec Téhéran et d'éviter de nouvelles frappes américaines. Pour le quotidien économique américain, il n'y est pas question "d'un accord de paix", mais d'un "éventuel cadre de négociations".

En dépit de ce climat géopolitique toujours délétère, les cours du pétrole sont orientés à la baisse. Après 17h45, le prix du Brent recule de 0,49% à 113,78 dollars. Le WTI américain perd de 1% à 101,06 USD.

Renault, Airbus et Technip Energies s'apprécient, Pluxee dévisse

Hormis ces tensions géopolitiques incessantes, l'attention des investisseurs s'est portée aussi sur la nouvelle salve de résultats.

Renault ( 6,91%) a fini en tête du CAC 40 grâce à une hausse de ses ventes sur les neuf premiers mois de l'année 2026. Elles ont progressé de 7,1% à 41,8 milliards d'euros ( 7,6% à taux de change constants). Le groupe automobile confirme ses objectifs 2026, dont une marge opérationnelle proche de 5,5%.

Au sein du principal indice phare parisien, Airbus ( 2,30%) a progressé malgré une publication mitigée au 3e trimestre. L'avionneur a dévoilé un résultat opérationnel ajusté de 1,77 MdEUR, légèrement sous les attentes (1,79 MdEUR), tandis que le chiffre d'affaires est ressorti 3% sous le consensus (17,469 MdsEUR). L'avionneur a toutefois rassuré en confirmant ses objectifs annuels : livraison d'environ 870 appareils, un EBIT ajusté de 7,5 MdsEUR et un flux de trésorerie disponible de 4,5 MdsEUR.

Technip Energies a grimpé de 4,72%, signant l'une des plus fortes progressions du SBF 120. Les investisseurs saluent les bons résultats affichés au 3e trimestre par le groupe d'ingénierie et de technologies pour la transition énergétique. Cette période est marquée par la nette amélioration opérationnelle et des marges records. Le groupe maintient, par ailleurs, ses prévisions annuelles pour 2026.

En revanche, Pluxee (-16,42%) a terminé de loin au dernier rang du SBF 120. Pourtant, le spécialiste des avantages sociaux et de l'engagement des employés a bouclé l'exercice 2026 avec des résultats supérieurs à ses propres objectifs financiers, porté par une dynamique commerciale soutenue. Il a enregistré un chiffre d'affaires total de 1,302 MdsEUR, en hausse de 0,7% en organique ( 1,2% en données publiées). En parallèle, la rentabilité opérationnelle s'est renforcée avec un Ebitda récurrent de 488 MEUR ( 3,8% en organique), soit une marge de 37,5%, supérieure aux prévisions du groupe.

Ailleurs en Europe, Shell ( 2,16%) a enregistré l'une des plus fortes hausses de l'AEX 25 à la Bourse d'Amsterdam à la faveur de très solides résultats au cours du 3e trimestre 2026. Malgré des tensions persistantes sur le marché mondial de l'énergie, le producteur de pétrole et de gaz confirme son excellente dynamique. Cette performance financière s'accompagne d'une décision majeure pour ses investisseurs : le lancement d'un programme de rachat d'actions de 5 MdsUSD sur les trois prochains mois.

Salzgitter a bondi de 11,24% à la Bourse de Francfort, soutenu par le relèvement de ses certains de ses objectifs pour l'exercice 2026 et une performance solide sur les 9 premiers mois de l'année 2026. D'après les chiffres provisoires dévoilés ce matin, le producteur d'acier allemand a enregistré un chiffre d'affaires externe de 7,3 milliards d'euros sur cette période de 9 mois (contre 6,9 MdsEUR il y a un an à la même période). Sur cette période, la rentabilité opérationnelle progresse nettement : l'EBITDA VX atteint 659 MEUR (contre 224 un an avant).

A Francfort toujours, Adidas ( 5,76%) a enregistré la plus forte hausse du DAX 40. L'équipementier allemand a fait état jeudi de résultats supérieurs aux attentes au 3e trimestre tout en confirmant ses prévisions annuelles, qu'il avait revues à la hausse la semaine passée. Sur cette période, il a dégagé un résultat opérationnel record de plus d'1 MdEUR, en hausse de 37% d'une année sur l'autre, donnant une marge d'exploitation de 13,9% contre 11,1% un an plus tôt. Déjà publié la semaine dernière, le chiffre d'affaires trimestriel s'est accru de 9% à 7,3 MdsEUR, toujours à un niveau record. Concernant ses objectifs 2026, il table désormais sur une croissance de 9% à 10% à changes constants de son chiffre d'affaires annuel pour un résultat opérationnel vu autour de 2,5 MdsEUR, et non plus de 2,3 MdsEUR comme indiqué précédemment.

Au chapitre statistique, en rythme annuel, le taux d'inflation aux Etats-Unis s'est établi à 3,6% en septembre, conformément aux anticipations des économistes. Il est en hausse par rapport au mois précédent : 3,4%.

Sur le marché des devises, l'euro grappille après 17h45 0,08% face au billet vert pour s'établir à 1,1160 USD.

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