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France: Nuñez anticipe un samedi de manifestations "à risque très élevé"
information fournie par Reuters 29/10/2026 à 19:13

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, observe le président français Emmanuel Macron s'adressant à la presse à Marseille

Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, observe le président français Emmanuel Macron s'adressant à la presse à Marseille

La journée de manifestations samedi en France comporte ‌un "risque très élevé de trouble à l'ordre public", a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a annoncé ​le déploiement de 70.000 membres des forces de l'ordre dans le pays, comme une semaine plus tôt.

"Les manifestations ne se tiendront pas dans les centres-villes et elles ne pourront se dérouler qu'à la périphérie et quand les organisations auront présenté ​des garanties", a dit Laurent Nuñez lors d'une conférence de presse.

"On peut penser que la mobilisation sera aussi importante que lors de la journée du ​24 octobre", a ajouté le ministre de l'Intérieur, évoquant une ⁠journée "atypique" combinant selon lui la volonté d'en découdre de "groupes à risque" d'ultragauche et d'extrême gauche radicalisée et des ‌messages sur les réseaux sociaux "incitant clairement à la commission de troubles graves à l'ordre public" en marge de la nuit d'Halloween.

"Tout le monde est sur le pont pour apporter une réponse extrêmement ​ferme à ces débordements s'il devait y ‌en avoir", a averti Laurent Nuñez. "Ce sera une doctrine extrêmement réactive, on ne tolérera ⁠aucun débordement, il y aura des interventions systématiques", a-t-il dit en précisant que la BRI, le RAID et le GIGN seraient à nouveau mobilisés de même que 26 blindés Centaure et l'ensemble des engins lanceurs d'eau.

Concernant les déguisements liés ⁠à Halloween, le ministre a ‌déclaré que "depuis une loi de 2019 le fait de se dissimuler le visage dans une manifestation ⁠au cours de laquelle sont commis les troubles à l'ordre public ou au cours de laquelle on a de ‌bonnes raisons de penser que des troubles à l'ordre public seront commis constitue un délit".

"EQUILIBRE CONSTITUTIONNEL"

Samedi ⁠dernier, 410.000 personnes avaient manifesté dans toute la France, dont 110.000 à Paris, selon ⁠Beauvau, 800.000 personnes dans le ‌pays selon la CGT, sans incident majeur une semaine après les violences et pillages qui avaient accompagné une première journée ​de mobilisation contre la vie chère et en soutien à ‌la contestation lycéenne et étudiante le 17 octobre.

Interrogé sur les interdictions de rassemblements ou les tracés alternatifs proposés par les préfectures, le ministre de ​l'Intérieur s'est défendu de vouloir "entraver les manifestations", comme l'en accusent les syndicats lycéens et étudiants.

"On est vraiment dans l'équilibre constitutionnel de la garantie de la liberté de manifester et la garantie d'assurer la sécurité de nos concitoyens", a-t-il ⁠dit. "Loin de nous la volonté d'entraver ces manifestations, sinon elles seraient purement et simplement interdites, ce n'est pas le cas."

"Ceux qui assurent l'ordre public dans ce pays, c'est la police et la gendarmerie sous l'autorité des préfets, que les choses soient claires", a ajouté Laurent Nuñez à propos de groupuscules d'ultradroite constitués le 24 octobre "pour aller protéger entre guillemets les commerçants". La constitution de ces groupuscules en groupes de combat suffit à "engager des poursuites judiciaires", a déclaré le ministre ​de l'Intérieur.

(Jean-Stéphane Brosse, avec Zhifan Liu)

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