(Actualisé avec sortie de prison)
BRASILIA, 8 novembre (Reuters) - L'ancien président
brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, est sorti de
prison vendredi, après plus d'un an et demi de détention, à la
suite d'une décision favorable de la Cour suprême.
L'ex-dirigeant du Parti des travailleurs (PT), qui purgeait
une peine pour corruption, a été accueilli par une foule de
partisans devant lesquels il a tenu un meeting improvisé.
Sa libération a été ordonnée par la justice vendredi, au
lendemain d'un arrêt de la Cour suprême brésilienne qui a mis
fin à l'emprisonnement obligatoire des condamnés avant
l'épuisement de tous leurs recours, ouvrant potentiellement la
voie à la remise en liberté de plusieurs milliers de personnes.
Lula avait été incarcéré en avril 2018 à la suite d'une
condamnation à huit ans et dix mois de prison pour avoir accepté
des pots-de-vin en échange de l'attribution de contrats
gouvernementaux.
La décision des onze juges de la Cour suprême, approuvée par
six voix contre cinq, enterre une jurisprudence mise en place il
y a trois ans et qui a contribué au succès de l'enquête
anti-corruption "Lavage express" ("Lava Jato").
Cette enquête est centrée sur des entreprises du BTP qui ont
arrosé de pots-de-vin des responsables politiques et d'anciens
cadres d'entreprises nationales en échange de contrats avec la
compagnie pétrolière nationale Petroleo Brasileiro (Petrobras)
et avec d'autres sociétés.
Le président de la Cour suprême, Jose Antonio Dias Toffoli,
dont la voix a été décisive, a déclaré que les libérations ne
seraient pas automatiques mais décidées par les tribunaux au cas
par cas.
Le magistrat Sergio Moro, qui a conduit l'enquête "Lava
Jato" avant de devenir ministre de la Justice du gouvernement de
Jair Bolsonaro, avait averti, avant la décision de la Cour
suprême, quil s'agirait d'un revers infligé à la lutte contre la
corruption.
Dans le même registre, les procureurs de "Lava Jato" ont
déploré une décision qui compliquera leur tâche et favorisera
l'impunité en raison des procédures d'appel selon eux
"excessives" du système judiciaire brésilien.
Le Parti des travailleurs, dont est issu Lula, a salué
l'arrêt de la Cour suprême. Sa présidente Gleisi Hoffmann l'a
qualifié d'"étape très importante pour renforcer la démocratie
et la Constitution à un moment où elles sont menacées par un
gouvernement d'extrême droite".
Selon le Conseil national de justice, près de 4.900
personnes pourraient bénéficier de cet arrêt.
Le barreau brésilien a fait valoir que la prison obligatoire
violait la Constitution en ne respectant pas la présomption
d'innocence des accusés tout au long de la procédure d'appel.
(Anthony Boadle, Eduardo Simoes et Ricardo Brito, version
française Arthur Connan, Jean-Stéphane Brosse et Simon Carraud)
L'ex-président brésilien Lula sort de prison
information fournie par Reuters 08/11/2019 à 22:15
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