Euronext Amsterdam, à Amsterdam
par Claude Chendjou
Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge mardi, une nouvelle fois plombées par la hausse des rendements obligataires et des cours du pétrole, dans un contexte de craintes inflationnistes.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,39% à 8.301,85 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,32% et le Dax allemand a reflué de 1,14%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,85%, le FTSEurofirst 300 0,57% et le Stoxx 600 0,62%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,40%, le Standard & Poor's 500 de 0,32% et le Nasdaq de 0,45%. Six des 11 principaux secteurs du S&P 500 sont dans le rouge, à commencer par la consommation discrétionnaire (-1,41%) et les technologies de l'information (-0,37%).
La forte hausse des anticipations de relèvements de taux continue à peser sur le moral des investisseurs, tandis que sur le plan géopolitique la reprise des affrontements au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran tire le pétrole vers le haut, faisant craindre une persistance de l'inflation.
La Banque centrale européenne (BCE) se réunit la semaine prochaine et un nouveau durcissement de sa politique monétaire est prévue par les économistes alors que l'inflation en zone euro a accéléré sur un an en août, à 3,3%.
La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait elle aussi relever ses taux lors de sa réunion des 15-16 septembre au regard du baromètre FedWatch de CME Group qui donne une probabilité d'environ 70% en faveur d'une telle décision.
Même si la publication de l'indice ISM manufacturier aux Etats-Unis a montré un ralentissement plus marqué que prévu de l'activité en août, les contraintes d'approvisionnement ont fait que l'inflation à la sortie d'usine est restée élevée. Cela suggère que l'inflation pourrait se maintenir au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed pendant un certain temps.
Preuve de l'inquiétude des investisseurs, les rendements des bons du Trésor américains ont conservé leurs gains initiaux après la publication de l'indice ISM, tandis que l'indice VIX mesurant la volatilité, en hausse de près de 4%, a touché un pic d'une semaine.
"Je pense que cette vague de ventes (sur les obligations) s'explique en grande partie par une réévaluation de la politique de la Fed", a déclaré Andrew Lilley, chef stratège en taux chez Barrenjoey, une banque d'investissement.
"Je pense que la Fed relèvera ses taux en septembre et je pense que ce sera le début d'un cycle d'au moins trois hausses de taux", a-t-il ajouté.
VALEURS EN EUROPE
Air Liquide a avancé de 2,14% après des informations selon lesquelles le fonds activiste Elliott Investment Management a pris une participation dans le groupe français.
Kering a reculé de 2,69% dans le sillage du repli du secteur du luxe (-2,19%) et celui de la consommation (-1,55%) en Europe. La maison mère de Gucci a par ailleurs annoncé mardi plusieurs nominations à la tête de ses activités en Italie.
Reckitt Benckiser a pris 4,44% après une décision de justice favorable aux Etats-Unis sur les préparations pour nourrissons de sa filiale Mead Johnson.
Novartis a grimpé de 6,25% à la faveur de données positives d'essais cliniques sur un traitement de la sclérose en plaques.
Partners Group a plongé de 7,26%, la société suisse de capital-investissement ayant annoncé une baisse de son bénéfice semestriel.
Le distributeur britannique Frasers a perdu 1,50% après avoir annoncé son intention de porter sa participation dans Hugo Boss (+0,96%) à plus de 50%, à la suite de l'échec en juin de son projet d'acquisition de la maison de mode allemande.
LES INDICATEURS DU JOUR
Le nombre d'offres d'emploi aux Etats-Unis a augmenté en juillet, à 7,271 millions, contre 7,182 millions en juin, selon le dernier rapport "Jolts" (Job Openings and Labor Turnover Survey) du département du Travail.
La croissance du secteur manufacturier en zone euro a atteint en août son rythme le plus soutenu depuis plus de quatre ans, avec un indice PMI à 52,7, contre 51,9 en juillet.
La croissance de l'activité dans le secteur manufacturier britannique a légèrement ralenti en août, à 51,7, son niveau le plus bas depuis mars, contre 51,9 en juillet, montre l'indice PMI.
CHANGES
Le dollar s'affermit de 0,18% face à un panier de devises internationales en raison de la reprise des frappes en Iran et des craintes inflationnistes.
L'euro recule de 0,21%, à 1,1592 dollar, après avoir progressé de plus de 1% en août.
La livre sterling s'échange à 1,3525 dollar, en baisse de 0,16%.
Le yen japonais s'est affaibli à environ 160 pour un dollar, malgré la pression du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, pour que la Banque du Japon (BoJ) relève ses taux directeurs.
TAUX
Les rendements obligataires souverains américains progressent pour la cinquième séance consécutive, ce qui pourrait constituer une difficulté pour les ménages, les entreprises, les marchés financiers et le budget fédéral.
Au moment de la clôture en Europe, le rendement à dix ans des Treasuries s'affichait à 4,76% après avoir grimpé en séance à 4,79%, soit un sommet depuis janvier 2025. Le rendement à 30 ans, ressorti à 5,28%, a lui touché son plus haut niveau en près de deux décennies.
La tendance a été la même en Europe où le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en hausse de 1,5 point de base, à 3,33%, après avoir inscrit en séance un pic de 15 ans, à 3,36%. La maturité à 30 ans, quant à elle, est montée au plus haut depuis 2011, à 3,84%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers, à un plus haut de deux semaines, sont soutenus par la reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, ce qui pourrait accentuer les perturbations dans l'approvisionnement en brut en provenance du Moyen-Orient.
Le Brent progresse de 2,29% à 92,61 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 2,82% à 88,15 dollars.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)

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