Illustration du logo NVIDIA
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, les investisseurs ayant progressivement perdu leur optimisme depuis l'ouverture de Wall Street, où les solides résultats de Nvidia sont accueillis avec froideur et pénalisent le secteur technologique.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,72% à 8.620,93 points. À Francfort, le Dax a pris 0,45% et à Londres, le FTSE 100 a avancé de 0,37%.
L'indice EuroStoxx 50 a en revanche fini en baisse de 0,19%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,06% et le Stoxx 600 a abandonné 0,05%.
Nvidia, première capitalisation boursière mondiale et baromètre du secteur de l'IA, a anticipé un chiffre d'affaires supérieur aux attentes pour le trimestre en cours, mais les investisseurs, déjà habitués aux chiffres impressionnants du géant des puces électroniques, se montrent sceptiques et continuent de s'interroger sur la rentabilité des dépenses colossales du secteur technologique.
Le titre Nvidia cède 4,7%, entraînant un recul de 2,38% des valeurs technologiques de l'indice S&P, une baisse qui s'est étendue à l'Europe, où l'équivalent du Stoxx, qui évoluait dans le vert en milieu de séance, est passé en territoire négatif dans l'après-midi pour finir sur une perte de 0,66%.
La réaction du marché reflète également l'attention croissante portée à la question de savoir si Nvidia pourra maintenir son rallye alors que la concurrence s'intensifie et que le cycle général des dépenses en IA devient plus irrégulier.
Les résultats de Nvidia étaient considérés comme un test important pour le secteur, qui connaît un début d'année difficile, pénalisé également par les craintes liées aux effets perturbateurs potentiels de l'IA dans de nombreux autres secteurs de l'économie.
La prudence reste par ailleurs de mise concernant la géopolitique, alors que des délégations iraniennes et américaines ont entamé jeudi à Genève de nouvelles négociations visant à résoudre leur différend de longue date sur le programme nucléaire de Téhéran.
Les résultats des entreprises européennes ont également retenu l'attention des investisseurs, dans une des séances les plus chargées de la saison.
VALEURS
A Paris, l'énergéticien français Engie a porté jeudi le CAC 40 avec un gain de 7,2%, grâce notamment à la signature d'un accord en vue d'acquérir UK Power Networks (UKPN) et à ses résultats annuels.
Ceux de Schneider Electric ont également été salués, l'action terminant en hausse de 3%, dans un contexte de demande accrue de la part des centres de données.
Stellantis, qui a fait état d'une perte nette de 22,3 milliards d'euros liée à des charges exceptionnelles, a quand même connu une séance solide (+4,2%), les analystes de Citi signalant que les résultats publiés jeudi constituaient un "point bas évident" pour le constructeur automobile.
Ailleurs en Europe, Puma a pris 9,8%, la perte nette 2025 de l'équipementier sportif allemand ayant été moindre que les 374,3 millions prévus par les analystes.
Le groupe espagnol Indra a pour sa part grimpé de 21% après ses résultats supérieurs aux attentes.
London Stock Exchange Group a gagné plus de 9% après avoir annoncé son intention de racheter pour trois milliards de livres supplémentaires d'actions au cours des 12 prochains mois.
Au niveau sectoriel, les semi-conducteurs européens ont amplifié leur chute, suivant leurs homologues américains après les résultats de Nvidia. Besi , ASMI et ASML ont fini sur des baisses de plus de 4% chacun.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,29%, le Standard & Poor's 500 0,93% et le Nasdaq Composite 1,62%, pénalisés par les pertes du secteur technologique.
Le secteur des semi-conducteurs souffre dans le sillage de Nvidia, Applied Materials, Broadcom et Lam Research perdant plus de 5% chacun.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté moins que prévu, à 212.000, un niveau qui suggère que le marché du travail continue à se stabiliser après avoir traversé une mauvaise passe l'année dernière sur fond d'incertitude liée à la politique commerciale américaine.
Dans la zone euro, le sentiment économique s'est dégradé de façon inattendue en février, selon les données publiées jeudi par la Commission européenne.
CHANGES
Le dollar gagne 0,12% face à un panier de devises de référence, dans un contexte toujours marqué par l'incertitude sur les droits de douane américains dits "réciproques", invalidés vendredi dernier par la Cour suprême.
La Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs vendu une partie de ses actifs en dollars au début de l'année dernière et a réduit la part de la monnaie américaine dans ses réserves de change, dans le cadre d'une stratégie présentée comme un rééquilibrage normal de son portefeuille, montre sont rapport financier publié jeudi.
L'euro perd 0,16% à 1,1790 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires d'État de la zone euro ont reculé légèrement, la détérioration de l'appétit pour le risque ayant poussé les investisseurs vers les actifs refuge.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu 1,1 point de base à 2,6988%. Le deux ans a également fini en légère baisse à 2,0485%.
Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a par ailleurs dit jeudi devant une commission du Parlement européen que Francfort s'attendait à ce que l'inflation alimentaire se stabilise juste au-dessus de son objectif de 2% à la fin de cette année. Les opérateurs prévoient des taux stables tout au long de cette année.
Les rendements reculent également aux Etats-Unis, les investisseurs recherchant la sécurité offerte par les obligations.
Celui des Treasuries à dix ans perd 2,1 points de base à 4,0270%. Le deux ans cède 1,4 point de base à 3,4566%.
Le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), Stephen Miran, connu pour ses critiques à l'égard d'une politique monétaire qu'il juge trop restrictive, a déclaré jeudi que la banque centrale devrait réduire son taux d'intérêt d'un point de pourcentage cette année, invoquant les risques qui pèsent encore sur le marché du travail.
Cependant, les contrats à terme intègrent environ 55 points de base d'assouplissement cette année, ce qui équivaut à environ deux baisses de taux de 25 points de base chacune, un scénario qui reste inchangé depuis le début de l'année. La première baisse de taux n'est pas attendue avant juillet.
PÉTROLE
Les prix du pétrole ont repris leur hausse alors que les investisseurs suivent de près l'évolution des négociations entre les États-Unis et l'Iran en Suisse.
Le Brent avance de 2,24% à 72,44 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,83% à 66,61 dollars.
A SUIVRE LE 27 FÉVRIER :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)

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