* En Europe, le CAC 40 a perdu 0,52%
* Wall Street dans le rouge à mi-séance
* Le rendement des bons du Trésor US à 30 ans à un sommet depuis 2004
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, les craintes inflationnistes persistantes dues à la flambée des prix du pétrole continuant de tendre les rendements souverains dans le monde.
À Paris, le CAC 40 .FCHI a perdu 0,52% à 8.081,43 points. À Francfort, le Dax .GDAXI a reculé de 0,61% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE a abandonné 0,24%.
L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a fini sur un recul de 0,40%, tandis que l'indice FTSEurofirst 300 .FTEU3 a perdu 0,49% et le Stoxx 600 .STOXX 0,52%.
Les actions ont à nouveau souffert jeudi alors que les rendements obligataires évoluent à des sommets pluriannuels, sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et d'une croissance tenace qui ne devrait pas empêcher les banques centrales de relever leurs taux.
Les inquiétudes concernant le niveau élevé de la dette publique, des États-Unis au Japon en passant par la France, viennent aggraver un tableau déjà peu réjouissant qui pousse les investisseurs à exiger davantage en échange de leurs prêts aux États.
Les cours du pétrole ont pour leur part repris de la vigueur jeudi après-midi, après que les Houthis du Yémen ont annoncé avoir attaqué des installations militaires saoudiennes dans la province de Jazan, à la frontière avec le Yémen.
Bien que Ryad n'ait pas encore confirmé cette attaque, cette nouvelle envolée du brut montre à quel point les tensions au Moyen-Orient continuent d'alimenter la volatilité, alors que les progrès vers un accord pour mettre fin au conflit se font attendre.
Le Brent LCOc1 grimpe de 4,78% à 108,01 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 gagne 4,79% à 96,60 dollars.
Tant les autorités que les investisseurs évaluent par ailleurs les informations, démenties par la Maison blanche, selon lesquelles les Etats-Unis envisageraient d'interdire les exportations de gazole pour tenter de contenir la flambée des prix de ce carburant utilisé dans l'agriculture et le transport ferroviaire et routier.
Toutefois, pour l'instant, l'économie de la zone euro semble résister aux coups de la politique monétaire et les principaux instituts économiques allemands ont revu à la hausse jeudi leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027, soulignant que la performance de la première économie d'Europe avait été meilleure au premier semestre qu'initialement prévu au printemps.
"Si les rendements obligataires progressent parce que la croissance reste solide, les conséquences pour les actifs risqués pourraient être moins préoccupantes. À ce stade, les marchés pourraient donc être davantage attentifs aux signes d'accélération ou de ralentissement de la croissance qu'à l'inflation, même si les questions inflationnistes et budgétaires restent présentes en toile de fond", souligne Rob Dishner, gestionnaire de portefeuille chez Neuberger Berman.
Les investisseurs ont en outre appris peu avant la clôture des Bourses européennes que l'Allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), quitterait ses fonctions le 3 janvier 2027 pour rejoindre le Fonds monétaire international (FMI).
VALEURS
Au niveau sectoriel, les actions technologiques .SX8P ont reculé de 1,56%, perdant ainsi de leur élan après leur récent rallye, tandis que celles des groupes énergétiques .SXEP (+1,11%) se sont à nouveau distinguées grâce à la hausse des prix du pétrole.
Aux valeurs individuelles, Trigano TRIA.PA a reculé de 1,65% après avoir publié ses résultats pour l'exercice 2025-2026.
Le groupe de mode suédois H&M HMb.ST a abandonné 2% après la publication de ses résultats du troisième trimestre.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI perd 0,69%, le Standard & Poor's 500 .SPX 0,50% et le Nasdaq Composite .IXIC 0,75%.
Les valeurs technologiques sont particulièrement maltraitées, les fabricants de puces tels que Nvidia NVDA.O , Broadcom AVGO.O et Micron MU.O reculant d'environ 2%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions au chômage ont baissé aux États-Unis, s'établissant à 197.000 lors de la semaine au 19 septembre, alors que les économistes attendaient en moyenne 201.000.
En France, le climat des affaires dans l'industrie se maintient en septembre au même niveau que le mois précédent après révision, montre l'enquête mensuelle de conjoncture publiée jeudi par l'Insee.
En Allemagne, le moral des entrepreneurs s'est amélioré plus que prévu en septembre, selon une enquête de l'institut Ifo publiée jeudi.
TAUX
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR grimpe de 4,6 points de base à 5,1580%, tandis que la maturité à 30 ans US30YT=RR a touché un sommet depuis 2004 et ressort à 5,4483%.
"Il est évident que plus les rendements montent, plus la situation semble se détériorer, et plus les prêts immobiliers américains deviendront chers, par exemple, et plus le poids des intérêts de la dette du gouvernement fédéral sera lourd", a déclaré Chris Scicluna, responsable de la recherche chez Daiwa Capital.
Le deux ans US2YT=RR avance de 1,1 point de base à 4,9056%.
Selon l'outil FedWatch du CME Group, les opérateurs estiment désormais à près de 70% la probabilité d'un nouveau relèvement des taux lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) en octobre.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a pris 6 points de base à 3,6079%, dépassant ainsi son sommet de 17 ans enregistré la semaine dernière. Le deux ans DE10YT=RR a fini presque inchangé à 3,2868%.
L'Agence fédérale des finances allemande a déclaré jeudi qu'elle s'attendait à ce que les emprunts fédéraux atteignent un niveau record de 525,5 milliards d'euros en 2026 et continuent d'augmenter l'année suivante, principalement en raison de la hausse des besoins de refinancement et de l'augmentation des besoins liés aux fonds spéciaux.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR a pris 6,2 points de base à 4,7192%. Les investisseurs suivront de très près l'interview télévisée que le président français Emmanuel Macron accordera ce soir à TF1 et France 2, dans un contexte international très tendu et à un moment où se profilent à grands pas, d'une part, le débat budgétaire et, d'autre part, l'élection présidentielle de 2027.
CHANGES
Les anticipations d'une politique monétaire plus ferme de la part de la Fed soutiennent le dollar, qui s'apprécie de 0,20% face à un panier de devises de référence .DXY .
L'euro perd 0,06% à 1,1373 dollar EUR= .
A SUIVRE LE 25 SEPTEMBRE : nL8N45B02I
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
|1|Les valeurs à suivre à la Bourse de Paris et en Europe WATCH/LFR |1|

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