Le graphique de l'indice boursier allemand DAX à la Bourse de Francfort
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, dans un climat peu favorable aux actions, les cours du pétrole grimpant à nouveau et les finances publiques françaises suscitant de plus en plus de méfiance alors que Moody's doit actualiser la note de crédit de la deuxième économie de la zone euro.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,36% à 7.782,82 points. À Francfort, le Dax a reculé 0,86% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,32%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un recul de 0,44%, le FTSEurofirst 300 de 0,30% et le Stoxx 600 de 0,42%.
Sur la semaine, l'indice vedette de la Bourse de Paris cède 2,19%, tandis que l'indice paneuropéen perd 1,50%.
La semaine qui s'achève aura été de haute tension pour les marchés obligataires français, avec le rendement de l'OAT à 10 ans franchissant la barre symbolique des 5%, une première depuis l'été 2002, ce qui illustre l'inquiétude croissante des investisseurs face à un pays qui peine à réduire ses déficits.
Si la dette souveraine française s'est légèrement redressée vendredi, abandonnant 7,4 points de base (pdb) pour s'établir à 5,0160% en fin de séance, son gain hebdomadaire est le plus fort parmi les principaux pays de la zone euro, et de nouveaux défis se profilent déjà à court terme.
L'agence de notation Moody's actualisera dans la soirée la note de crédit de la France, et le risque d'une dégradation est palpable, d'autant plus que d'autres agences de premier plan l'ont déjà fait.
Avec un dispositif sécuritaire renforcé, le pays se prépare par ailleurs à une nouvelle journée de manifestations à haut risque samedi, une semaine après les violences et les pillages survenus en marge de défilés pour les conditions d'enseignement détériorées et contre la vie chère.
La polarisation politique observée au cours de ces derniers mois du mandat d'Emmanuel Macron à l'Élysée inquiète les investisseurs, qui redoutent le scénario anticipé par les sondages, selon lesquels les options politiques les plus extrêmes se retrouveraient au second tour de l'élection présidentielle de 2027, ce qui ajoute à la nervosité face à une trajectoire budgétaire déjà incertaine.
L'attention des investisseurs se portera également la semaine prochaine sur la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) qui, selon toutes les prévisions, devrait maintenir ses taux inchangés après deux relèvements en juin et en septembre.
Les investisseurs seront impatients d'entendre ce que la présidente Christine Lagarde aura à dire sur les perspectives économiques, mais aussi de savoir si les tensions autour des obligations françaises pourraient déstabiliser le marché.
Et tout cela alors que les craintes inflationnistes ne s'apaisent pas : le prix Brent évolue vendredi son plus haut niveau depuis début mai, à plus de 117 dollars le baril, les attaques des Houthis en Arabie saoudite faisant resurgir la menace de nouvelles perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
VALEURS
L'action Kering a plongé de plus de 16% vendredi, au lendemain des résultats trimestriels du géant français du luxe, marqués par une baisse des ventes de Gucci, sa marque phare, dans un contexte de faiblesse persistante de la fréquentation de ses magasins.
Les chiffres de l'Oréal (+5,6%) ont en revanche été salués, la croissance des ventes trimestrielles étant supérieure aux attentes.
À Paris également, Safran a perdu 10%, les investisseurs craignant que le ralentissement de la croissance des ventes sur le marché des pièces de rechange ne se prolonge jusqu'en 2027.
Le groupe de restauration collective Sodexo a quant à lui grimpé de 6,2% après avoir publié un chiffre d'affaires annuel plus important que prévu.
Ailleurs en Europe, Volvo Cars a dégringolé de 24%, le groupe suédois ayant publié une perte d'exploitation au troisième trimestre et annoncé la suppression de 2.500 emplois pour réduire ses coûts face à la concurrence chinoise.
A WALL STREET
La prudence l'emporte à New York après une forte vague de ventes sur les titres liés à l'IA la veille.
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 1,02% et le Standard & Poor's 500 0,21%, tandis que le Nasdaq Composite gagne 0,16% après sa nette baisse de jeudi.
Les actions du secteur des télécommunications sont particulièrement malmenées après que l'agence Bloomberg a rapporté que SpaceX était en pourparlers avec des entreprises d'infrastructures de téléphonie mobile en vue du lancement d'un opérateur national.
L'indice S&P 500 des services de communication perd 0,54%, et les opérateurs AT&T, Verizon et T-Mobile évoluent tous dans le rouge.
LES INDICATEURS DU JOUR
Dans la zone euro, les indices PMI préliminaires d'octobre ont brossé un tableau pour le moins peu encourageant quant à l'impact des pressions inflationnistes et budgétaires sur l'activité du secteur privé, dont la croissance a ralenti pour atteindre son rythme le plus bas depuis juin.
En France, l'activité s'est contractée de façon inattendue, tandis qu'en Allemagne elle a décéléré, les entrées de nouvelles commandes n'ayant que modestement augmenté.
Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs a légèrement reculé ce mois-ci pour s'établir près de son plus bas historique de mai, affectée par la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient, montrent les résultats définitifs de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan.
"Le pouvoir d'achat continue de dominer la perception qu'ont les consommateurs de l'économie (...) Le moral des consommateurs est désormais inférieur de 10% à ce qu'il était il y a un an et de 15% par rapport à février, juste avant le conflit avec l'Iran", a déclaré Joanne Hsu, directrice des enquêtes auprès des consommateurs.
CHANGES
Le dollar gagne 0,16% face à un panier de devises de référence, tandis que l''euro perd 0,15% à 1,1197 dollar, la devise européenne s'apprêtant à enregistrer une baisse hebdomadaire face au billet vert.
Les tensions sur le marché obligataire, avec la prime de risque de la dette française évoluant à son plus haut niveau depuis la crise de la dette souveraine en 2011, en sont en grande partie responsables.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans progresse vendredi, même s'il reste inférieur à 5% après la forte baisse enregistrée la veille, les inquiétudes liées à l'IA incitant les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges.
Le rendement des Treasuries à dix ans affiche ainsi 4,2 points de base à 4,9945%. Le deux ans gagne à son tour 5,7 points de base à 4,6924%.
Dans la zone euro, Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini quasi stable à 3,3426%
En Italie, où la dette souveraine fait également l'objet d'une attention accrue, le rendement des obligations d'État à dix ans a baissé de 3,4 points de base, s'établissant à 4,5784%.
L'Italie pourrait par ailleurs alourdir la fiscalité des entreprises du secteur de l'énergie afin de financer des baisses d'impôts et des hausses de dépenses dans le budget pour la période 2027-2029, qui sera présenté la semaine prochaine, ont indiqué à Reuters des sources proches du dossier.
Le marché obligataire retiendra également l'attention des investisseurs la semaine prochaine au Royaume-Uni, où le ministre des Finances, John Healey, présentera ce mercredi son premier budget.
PÉTROLE
Le Brent gagne 3,51% à 117,14 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,53% à 102,98 dollars.
A SUIVRE LE 26 OCTOBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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