Plombées par la chute des indices américains hier soir, les Bourses européennes ont nettement reculé à la clôture de la dernière séance de la semaine. Celle-ci a été marquée par les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, un événement qui n'a pas manqué de faire réagir les marchés. Ce vendredi, la tendance a été également dictée par une nouvelle pluie de résultats d'entreprises à Paris et en Europe. Après deux séances consécutives dans le vert, le CAC 40 a perdu x,xx% repassant sous la barre des 8 200 points : 8 139. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice phare parisien a toutefois porté ses gains à 3,19%. De leur côté, Londres, Francfort et Amsterdam ont cédé respectivement 1,01%, 2,02% et 0,77%.
Wall Street face au verdict des urnes et aux chiffres de l'emploi
A Wall Street, les indices rebondissent ce vendredi, portés notamment par un solide rebond des valeurs technologiques et d'un rapport sur l'emploi américain plus solide qu'attendu. Après 17h55, le S&P 500 gagne 0,96%. Le Nasdaq et le Dow Jones progressent respectivement de 1,72% et 0,04%.
La veille, les marchés actions américains avaient lourdement rechuté en raison d'une amplification des prises de bénéfices sur les valeurs technologiques américaines. Beaucoup s'inquiétaient déjà de l'ampleur des dépenses consacrées à l'intelligence artificielle et de leur rentabilité future. Désormais, l'attention s'est déplacée vers le champ politique avec la large victoire démocrate lors des élections de mi-mandat, entraînant une vague bleue. Les Démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, une première sous la présidence Trump.
Selon CNN, les démocrates ont remporté plusieurs nouvelles victoires à la Chambre des représentants, portant leur total à 240 sièges alors que des dizaines de scrutins restent indécis. Si ce résultat est le signe d'un succès capital pour ce parti, en revanche, celui-ci est un revers politique pour Donald Trump au cours de son second mandat et le camp républicain.
En outre, la chaîne d'information américaine fait savoir que les démocrates disposent désormais de 54 sièges au Sénat, après avoir ravi sept sièges aux républicains. Les résultats restent toutefois en suspens dans le Mississippi et en Alaska, où les écarts très minces pourraient prolonger l'attente de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines.
Ces élections au pays de l'Oncle Sam ont suscité de nombreuses analyses au sein de la communauté financière.
"Ces résultats ne changent pas fondamentalement les perspectives macro pour les Etats-Unis, ni ne résolvent toutes les incertitudes. En l'absence de supermajorité au Sénat et avec un gouvernement divisé (entre un Congrès démocrate et un président républicain), il est pratiquement impossible de faire passer des lois partisanes, notamment sur le budget. Cela dit, le président Trump conserve une marge de manoeuvre importante sur la politique extérieure (l'armée, les droits de douane...), encore plus avant l'intronisation du nouveau Parlement qui n'aura lieu que début janvier", observe Xavier Chapard, adjoint au directeur de la recherche chez LBP AM.
"Sur le budget, il faudra négocier entre républicains et démocrates pour résoudre les échéances budgétaires (dont le besoin d'une prolongation du budget avant le 11 décembre pour éviter une fermeture partielle du gouvernement et d'une augmentation de la limite de dette qui sera contraignante d'ici mi-2027). Cela pourrait générer de la volatilité et se conclure par un léger creusement supplémentaire du déficit", ajoute l'analyste.
De son côté, Oliver Malteste, directeur des investissements chez Yomoni rappelle que "bien que la nette victoire du camp démocrate soit reconnue, Donald Trump reste toujours le président des Etats-Unis et que les nouveaux mandats parlementaires commenceront le 3 janvier 2027. Jusque-là, le Congrès sortant conservera ses prérogatives."
"Les démocrates pourront bloquer des projets, négocier des contreparties et renforcer le contrôle de l'administration. Le Sénat leur donnera aussi un levier sur les nominations présidentielles. Mais ils ne pourront pas imposer librement leur programme : surmonter un veto exige les deux tiers des votants dans chacune des chambres, tandis que de nombreux textes nécessitent 60 voix au Sénat pour mettre fin aux débats. Le résultat change les conditions de la négociation. Il ne remet pas à zéro les lois et les investissements déjà engagés", détaille cet expert.
Au-delà de ces élections, le marché a digéré les chiffres de l'emploi américain parus cet après-midi à 14h30. Ils sont nettement plus robustes que prévu. L'économie américaine a généré 165 000 emplois non agricoles le mois dernier, alors que les économistes n'attendaient en moyenne que 65 000 créations de postes, selon les données communiquées par le Bureau of Labor Statistics (BLS).
L'agence fédérale américaine rattachée au Département du Travail des États-Unis indique, en outre, que le taux de chômage s'est tassé de 0,1 point, à 4,1% en octobre, un niveau légèrement inférieur au consensus des économistes (4,2%). Le taux de participation à la population active s'est établi à 61,9% et le salaire horaire moyen a augmenté de 3,1% sur un an.
Par ailleurs, les créations d'emplois non agricoles d'août et de septembre ont été révisées à la hausse, passant respectivement de 133 000 à 186 000 et de 29 000 à 60 000, soit une révision cumulée positive de 84 000 postes pour ces deux mois.
Dans le sillage de ces données qui renforcent le billet vert, après 17h55, l'euro recule de 0,60% sur le marché des devises pour s'échanger autour de 1,1154 dollar.
Moyen-Orient : des pourparlers entre Trump et le Qatar
En parallèle de l'actualité américaine, les risques géopolitiques continuent de peser sur le sentiment des investisseurs. Les salles de marché gardent un oeil attentif sur le Moyen-Orient, où les combats ne faiblissent pas après huit mois de conflit ouvert entre les Etats-Unis et l'Iran.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont signalé de nouveaux incidents touchant des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.
Sur le plan diplomatique, dans un communiqué, le Qatar rapporte que le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani ont discuté ce vendredi afin d'éviter une reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran. L'émir a souligné "l'importance de poursuivre le dialogue et de recourir à la voie diplomatique pour régler les différends et empêcher toute nouvelle escalade."
Malgré ce climat géopolitique toujours délétère, les cours du pétrole repartent à la baisse. Après 17h55, le prix du Brent perd 1,75% à 97,58 USD. Le WTI américain cède 0,87% à 90,25 USD.
La Banque d'Angleterre relève son taux directeur
Sur le plan monétaire, les banques centrales restent vigilantes face aux tensions sur les prix. Mercredi, la Banque d'Angleterre a ainsi relevé son taux directeur de 25 points de base à 4 %, un membre ayant même voté pour 50 points de base. L'institution justifie son tour de vis par la hausse des cours de l'énergie et anticipe une inflation à environ 5 % d'ici mi-2027, avant un reflux progressif grâce à sa politique monétaire restrictive.
Lors de sa réunion qui s'est achevée mercredi, la BoE indique avoir voté, à une majorité de huit voix contre une, en faveur d'une hausse de 25 points de base de son taux directeur, à 4%. Un membre s'est prononcé pour une augmentation de 50 points de base, à 4,25%. Pour justifier sa décision, la banque centrale met en avant les prix mondiaux de l'énergie, qui ont continué d'augmenter alors qu'ils se situaient déjà à des niveaux élevés, sur fond de conflit au Moyen-Orient. Selon elle, l'inflation devrait désormais progresser jusqu'à environ 5% d'ici au milieu de l'année 2027, après avoir atteint 3,5% en septembre.
"L'inflation devrait ensuite refluer à mesure que l'effet de la hausse des prix de l'énergie sur les taux d'inflation annuels s'estompera et que la politique monétaire, qui demeure restrictive, continuera de freiner les pressions inflationnistes", estime néanmoins la BoE.
TP lanterne rouge du SBF 120
Outre la macroéconomie et la géopolitique, l'attention des investisseurs s'est encore porté sur la nouvelle salve de résultats à Paris et en Europe.
Occupant le dernier rang du SBF 120. TP, l'ex-Teleperformance, a chuté de 15,30%. Le spécialiste des centres d'appels a été lourdement sanctionné après un avertissement sur son chiffre d'affaires. Il est désormais attendu en repli entre 1,5 et 2,5%, contre une prévision initiale comprise entre stablité et 2%. Au 3e trimestre, l'activité a reculé de 1,2%, là où les analystes espéraient une stagnation. Les prévisions du groupe seront précisées en février 2027. Les perspectives pour 2028 seront par ailleurs réexaminées dès le 1er semestre 2027. Pour AlphaValue, cette révision ajoute de l'incertitude puisque le groupe visait jusqu'ici une croissance de 4 à 6% à cet horizon.
En repli de 3,85%, Aperam a accusé l'une des plus fortes baisses au sein de ce même indice ce matin. Le producteur d'acier a été pénalisé par des résultats au 3e trimestre inférieurs aux attentes du marché. Pourtant, il revendique sa "meilleure performance pour un 3e trimestre depuis quatre ans" et affiche sa confiance quant à ses objectifs de désendettement.
En revanche, Air France-KLM a bondi de 7,08%. Le transporteur aérien franco-néerlandais a salué une victoire judiciaire après l'annulation par la justice européenne d'une décision qui jugeait illégale l'aide d'État néerlandaise de 3,4 MdsEUR accordée à KLM pendant la pandémie de Covid. Le titre a également profité d'une note favorable de Barclays qui a relevé sa recommandation à l'achat tout en doublant son objectif de cours, porté de 9 à 18 EUR.
Ailleurs en Europe, Pirelli a gagné 1,49%, après avoir fait état de performances solides sur les neuf premiers mois de l'année, avec notamment un bénéfice net à 430,2 MEUR, en hausse de 7,4%.
A l'inverse, Daimler Truck a abandonné 3,39%, malgré une nette accélération de ses performances financières au 3e trimestre 2026. Celle-ci a été portée par une rentabilité en forte hausse et une solide génération de trésorerie.
A Londres, IAG, maison mère des compagnies British Airways, Iberia et Vueling, a progressé de 1,52% malgré sa contre-performance signée au 3e trimestre. La compagnie aérienne a été pénalisée par la hausse des coûts du carburant et des perturbations opérationnelles. Le groupe confirme néanmoins ses objectifs annuels. Son bénéfice net s'élève à 1,231 MdEUR, en recul de 12,2% sur un an et légèrement inférieur au consensus de 1,248 MdEUR. Le résultat opérationnel avant éléments exceptionnels a chuté de 15,9%, à 1,726 MdEUR, soit environ 5% de moins que le consensus compilé par le groupe (1,81 MdEUR).
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