BRUXELLES, 11 octobre (Reuters) - L'Allemagne et neuf autres pays ont franchi mercredi une nouvelle étape dans leurs efforts pour acheter conjointement des systèmes de défense aérienne tels que Patriot, IRIS-T et Arrow 3, alors que les alliés de l'Otan s'efforcent de combler les lacunes créées par la guerre de la Russie contre l'Ukraine.
En marge d'une réunion des ministres de la défense au siège de l'Otan à Bruxelles, la Belgique, la Tchécoslovaquie, le Danemark, l'Estonie, la Hongrie, la Lituanie et les Pays-Bas ont signé un accord qui jettera les bases juridiques nécessaires aux achats.
Avec l'Allemagne, la Slovénie et la Lettonie, qui ont signé l'accord plus tôt, ils forment un groupe de dix pays dont l'objectif est de mener des achats conjoints dans le cadre plus large de l'initiative européenne "Sky Shield", dirigée par l'Allemagne et regroupant 19 pays.
Le ministre allemand de la défense, Boris Pistorius, a déclaré qu'il s'attendait à ce que les premiers accords soient conclus d'ici trois à quatre mois.
Les systèmes de défense aérienne basés au sol, tels que le Patriot de Raytheon RTX.N ou l'IRIS-T, produit par le fabricant d'armes allemand Diehl, sont conçus pour intercepter les missiles en approche.
Après la guerre froide, de nombreux alliés de l'Otan ont réduit le nombre d'unités de défense aérienne pour tenir compte du fait qu'ils estimaient n'être confrontés qu'à une menace limitée de missiles, provenant de pays tels que l'Iran.
Cette perception a radicalement changé avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie l'année dernière, qui a poussé les alliés de l'Otan à se précipiter pour combler les lacunes en matière de défense aérienne, tout en fournissant à Kyiv les systèmes convoités.
Créée il y a un an, l'initiative européenne "Sky Shield" regroupe 19 pays, dont la Grande-Bretagne, les États baltes et plusieurs pays d'Europe de l'Est, qui ont pour objectif d'acheter des défenses aériennes essentiellement sur étagère au lieu de développer de nouveaux systèmes, afin de réduire les délais d'approvisionnement.
Avec cette initiative, l'Allemagne contrarie la France, qui privilégie le développement de systèmes européens et a refusé d'adhérer à l'initiative. La France a déclaré que l'initiative créait de nouvelles dépendances à l'égard des pays et des entreprises qui fabriquent les systèmes de défense.

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