L'absence de couverture plombe SAS et pourrait impacter Air France-KLM
information fournie par Zonebourse 02/04/2026 à 14:45
Le mécanisme est bien connu : pour se protéger contre la volatilité des prix du pétrole, les compagnies aériennes mettent en place des stratégies de couverture. Un enjeu crucial, alors que le carburant représente généralement entre 25% et 30% des coûts d'exploitation.
Séduisante, cette protection a pourtant un coût et lorsque les prix du carburant sont bas, certaines compagnies peuvent tenter de se passer de cette assurance. Un pari visiblement tenté (et perdu) par SAS. "La compagnie a suspendu sa stratégie de couverture l'an dernier, se retrouvant sans aucune protection pour les douze prochains mois", résume Yi Zhong, analyste chez AlphaValue.
La hausse brutale des prix du carburant a ainsi frappé de plein fouet le transporteur scandinave. L'impact a été tel que la compagnie a été contrainte d'annuler près d'un millier de vols en avril, abandonnant ainsi de nouvelles parts de marché à son concurrent Norwegian Airlines.
Cette épisode intervient à un moment critique pour la compagnie. Air France-KLM a en effet prévu d'augmenter sa participation dans SAS au cours du 2nd semestre, passant de 19,9% à 60,5%. Dans ce cas, l'exposition de SAS à la volatilité des cours pourrait peser directement sur les résultats annuels d'AFKLM, prévient Yi Zhong.
Pour SAS, il semble trop tard pour corriger le tir : au regard des niveaux actuels de prix, la mise en place d'une couverture efficace apparaît compromise. De plus, même en cas d'apaisement rapide - bien qu'hypothétique - des tensions au Moyen-Orient, plusieurs semaines seront nécessaires avant d'observer une normalisation des prix.
Dans ces conditions, AlphaValue estime que la hausse des cours pourrait amputer l'EBIT de SAS de "plusieurs centaines de millions d'euros".
D'après nos informations, l'opération de rapprochement entre Air France-KLM et SAS n'est toutefois pas remise en cause par les récents déboires de SAS et les autorités de la concurrence seraient même au stade de la validation du projet.
Ce matin, les analystes de Morgan Stanley indiquaient réduire leur cible sur Air France-KLM de 11,7 à 9,6 euros, pointant un environnement de carburant durablement élevé, pesant sur la rentabilité du groupe. Le bureau d'études indique que la capacité à répercuter environ 50% de la hausse des coûts via les prix soutient les revenus, mais reste insuffisante face à la baisse attendue des coefficients de remplissage.
L'analyste table sur une baisse d'environ 10% des prévisions d'EBITDA 2026, dans un contexte de demande plus faible et de moindre visibilité.
| 9,0400 EUR | Euronext Paris | -3,03% |
A lire aussi
-
Des experts de l'ONU ont appelé jeudi à une enquête internationale sur la mort de trois journalistes libanais dans une frappe israélienne et estimé qu'Israël n'avait pas fourni de "preuves crédibles" sur leur lien présumé avec des groupes armés. Fatima Ftouni, ... Lire la suite
-
Le constructeur automobile Tesla a livré un peu plus de 358.000 véhicules électriques dans le monde au premier trimestre, soit une hausse de 6,34% sur un an, mais un niveau inférieur aux attentes du marché. Le groupe a annoncé jeudi sur son site internet avoir ... Lire la suite
-
Face à la pression russe, le pays scandinave est engagé dans un grand réarmement, après avoir mis fin à 200 ans de neutralité et de non-alignement militaire. Après avoir affiché en début de semaine ses ambitions spatiales concernant sa base au coeur de l'Arctique ... Lire la suite
-
La Bourse de New York, plombée par les dernières déclarations de Donald Trump qui éloignent la perspective d'un cessez-le-feu rapide en Iran, a ouvert en nette baisse jeudi pour la dernière séance d'une semaine écourtée en raison du Vendredi Saint. Dans les premiers ... Lire la suite
Mes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer