Kraken fait marche arrière sur ses contrôles autour du Monero (XMR)
Kraken a reconnu avoir demandé des informations personnelles injustifiées à des clients ayant acheté puis retiré du Monero (XMR). Face à la polémique, son co-CEO Arjun Sethi a présenté ses excuses et confirmé le maintien du token sur la plateforme.
Kraken a interrogé ses clients sur l’utilisation de leurs Monero
Acheter du Monero (XMR) sur Kraken, puis transférer ses tokens vers un portefeuille personnel : une opération courante qui a pourtant valu à certains clients de recevoir un email inhabituel de la plateforme. L’exchange leur demandait de préciser le nom de leur employeur, l’origine de leurs fonds et, surtout, ce qu’ils comptaient faire de leurs cryptomonnaies après leur retrait.
Révélée dans la nuit de vendredi à samedi, l’affaire a rapidement suscité la colère de la communauté Monero, attachée à la confidentialité des transactions. Face à la polémique, Arjun Sethi, co-CEO de Kraken, a reconnu une erreur et annoncé le retrait des demandes adressées aux clients concernés.
Le Monero est un privacy coin, une cryptomonnaie conçue pour préserver la confidentialité des transactions grâce à des mécanismes cryptographiques qui masquent l’expéditeur, le destinataire et les montants échangés. Une caractéristique qui lui vaut une surveillance particulière des régulateurs et des contrôles renforcés sur certaines plateformes centralisées.
Selon les explications d’Arjun Sethi, aucune règle ne justifiait les demandes envoyées aux clients. À l’origine de cette initiative, un employé aurait jugé suspect le profil d’un jeune utilisateur détenant une somme importante, déclenchant ainsi une alerte injustifiée.
Une vague de contestation chez les détenteurs de XMR
Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs ont dénoncé des pratiques jugées intrusives. Certains ont annoncé vouloir transférer l’intégralité de leurs XMR vers des portefeuilles auto-hébergés, tandis que d’autres ont déclaré envisager de quitter définitivement Kraken.
En effet, si la vérification de l’origine des fonds fait partie des obligations classiques de conformité et de lutte contre le blanchiment d’argent, interroger les clients sur l’utilisation future de leurs cryptomonnaies soulève davantage de questions sur le respect de la vie privée.
Cet épisode intervient dans un contexte déjà tendu pour le Monero, dont les mécanismes de confidentialité suscitent régulièrement l’attention des autorités. La police norvégienne a notamment affirmé être parvenue à identifier certains utilisateurs du réseau dans des circonstances spécifiques.
Arjun Sethi reconnaît une erreur et confirme le maintien du XMR
Face aux critiques, le co-CEO de Kraken a rapidement pris la parole sur X pour reconnaître la responsabilité de la plateforme.
Les emails concernant Monero venaient bien de nous. Ils étaient une erreur.
Arjun Sethi
co-CEO de Kraken
Le dirigeant a ensuite détaillé les mesures correctives mises en place. Les demandes ont été annulées et les clients concernés ont été informés qu’ils n’avaient plus aucun justificatif à fournir. Kraken a également supprimé la question portant sur l’utilisation des cryptomonnaies après leur retrait, jugée inacceptable par Arjun Sethi.
Le dirigeant a toutefois rappelé que la vérification de l’origine des fonds restait une démarche légitime dans le cadre des obligations de conformité. En revanche, il estime que la plateforme n’a pas à demander à ses clients ce qu’ils feront de leurs actifs une fois ceux-ci retirés.
Arjun Sethi a également confirmé que le XMR resterait listé sur Kraken, avec la possibilité de l’acheter et de le transférer vers un portefeuille personnel.
Cette annonce concerne toutefois uniquement les juridictions où le token est encore disponible, Kraken ayant retiré Monero de sa plateforme en France en octobre 2024.
Sources : Arjun Sethi sur X , WuBlockchain , CoinGecko
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