(Actualisé tout du long avec détails, contexte)
par Tassilo Hummel, Alessandro Parodi et ELENA SMIRNOVA
Le groupe de luxe français Kering PRTP.PA a annoncé jeudi une baisse des ventes de Gucci au troisième trimestre, la faiblesse persistante de la fréquentation de ses magasins compliquant les efforts de redressement engagés par son directeur général Luca de Meo.
Luca de Meo, vétéran de l'industrie automobile qui a pris les rênes du groupe l'an dernier, tente de redresser Kering à travers un plan stratégique sur cinq ans visant à doubler sa marge opérationnelle. Mais les tensions au Moyen-Orient, la faiblesse de la demande en Chine et le ralentissement de la dynamique de consommation aux États-Unis compliquent la réalisation de cet objectif.
Les ventes trimestrielles inférieures aux attentes publiées récemment par LVMH et Hermès, ainsi que les signes d'un ralentissement de la demande aux États-Unis, ont renforcé les inquiétudes des investisseurs quant au redressement de Kering.
Interrogée lors d'une conférence téléphonique sur la possibilité d'un retour à la croissance du groupe cette année, la directrice financière Armelle Poulou n'a pas souhaité commenter les perspectives, renvoyant à la publication des résultats annuels.
Les certificats américains de dépôt (ADR) de Kering ont chuté de 11% après la publication de l'activité trimestrielle du groupe.
Les ventes de Gucci, qui représentent environ la moitié du résultat opérationnel du groupe, se sont établies à 1,29 milliard d'euros au cours du trimestre. Sur l'ensemble du groupe, le chiffre d'affaires a reculé de 1% à données comparables.
Selon Kering, la principale difficulté de Gucci reste la baisse de la fréquentation des magasins, particulièrement en Chine. Les ventes de la marque ont également légèrement reculé en Amérique du Nord.
Pour attirer davantage de clients dans les magasins Gucci, Kering prévoit d'accroître ses investissements dans le marketing et l'expérience client, a déclaré Armelle Poulou.
"Nous poursuivons l'exécution de notre plan avec la plus grande discipline", a déclaré Armelle Poulou. Elle a ajouté que le groupe avait déjà réduit son réseau de distribution de 105 magasins et anticipait désormais au moins 125 fermetures nettes sur l’exercice 2026.
PRESSION SUR DEMNA
Kering a nommé l'an dernier Luca de Meo pour restructurer le groupe.Après une hausse initiale à l'annonce de son arrivée, le titre Kering a perdu de son élan. L'action affiche un recul d'environ 8% sur un an, dans un contexte de repli plus général du secteur du luxe.
Luca de Meo vise à doubler la marge opérationnelle de Kering d'ici à la fin de la décennie, à partir d'un niveau de 11,1% en 2025, grâce à des réductions de coûts, à de nouvelles fermetures de magasins et à une rationalisation de la chaîne d'approvisionnement.
Des analystes estiment toutefois que ces seules mesures d'efficacité ne suffiront pas à relancer des marques qui ont perdu de leur attrait.
Le directeur artistique de Saint Laurent, Anthony Vaccarello, et Sean McGirr, d'Alexander McQueen, ont tous deux quitté leurs fonctions ce mois-ci.
Les médias spécialisés spéculent également sur l'avenir de Pierpaolo Piccioli, directeur artistique de Balenciaga.
Ces changements devraient accentuer encore la pression sur Demna, qui s'apprête à boucler sa première année complète à la tête de Gucci, qu'il a cherché à relancer en misant sur une esthétique audacieuse et sensuelle rappelant les succès de la marque sous Tom Ford.
Demna a également adopté une approche inhabituelle en matière de production, en délocalisant en Chine la fabrication de ses premiers modèles de baskets.
(Tassilo Hummel et Alessandro Parodi, rédigé par Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

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