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Kering dévisse après un recul des ventes de Gucci, rude hiver en vue pour le luxe (actualisé)
information fournie par Reuters 23/10/2026 à 13:29

par Helen Reid et ELENA SMIRNOVA

L'action Kering PRTP.PA dévisse de 12% vendredi, au lendemain des résultats trimestriels du géant français du luxe, marqués par un nouveau recul des ventes de Gucci, sa marque phare, le groupe maintenant néanmoins le cap sur le plan de redressement engagé par son directeur général, Luca de Meo.

À la Bourse de Paris, vers 10h55 GMT, l'action chutait de 12,67% à 186,4 euros, lanterne rouge d'un CAC 40 .FCHI en repli de 0,71% au même moment.

Les ventes de Gucci, qui représentent environ la moitié du résultat opérationnel, se sont établies à 1,29 milliard d'euros au cours du trimestre, a déclaré Kering mercredi. Sur l'ensemble du groupe, le chiffre d'affaires a reculé de 1% à données comparables.

"Nous relevons que les perspectives de Kering ne font plus mention d'une ambition de retour à la croissance (en 2026, présumons-nous)", remarquent les analystes de Bernstein.

La reprise longtemps promise par les groupes du luxe semble plus que jamais hors de portée. L'extension du conflit au Moyen-Orient, conjuguée au renforcement de la pression fiscale sur les plus fortunés en Chine, a accentué les difficultés des plus grands acteurs mondiaux du secteur au troisième trimestre, les dirigeants se préparant à un hiver difficile.

Les récentes émeutes à Paris, qui ont laissé des vitrines de boutiques Louis Vuitton brisées et vu des vélos électriques incendiés près de la place Vendôme, haut lieu du shopping de luxe, ont mis en lumière les risques politiques auxquels les marques de prestige sont confrontées non seulement à l'étranger, mais aussi dans leur propre pays.

Les titres LVMH LVMH.PA et Hermès HRMS.PA reculaient également de 1% à 1,5% vendredi, alors que les cours du pétrole brut touchaient leur plus haut niveau depuis le début du mois de mai, accentuant la pression sur le pouvoir d'achat des ménages et limitant leur capacité à dépenser dans les sacs à main et les vêtements coûteux.

Harsharan Mann, gérante de portefeuille actions mondiales chez Aviva Investors, basé à Londres, souligne que les marques de luxe pourraient devoir réduire davantage les prix de leurs produits d'entrée de gamme afin d'attirer de nouveau les consommateurs.

"Si les prix restent encore un peu déconnectés de la réalité ou si les consommateurs continuent de penser qu'ils sont trop élevés pour être acceptables, alors vous pouvez avoir la meilleure créativité du monde, mais les consommateurs vont-ils réellement adhérer au produit ?", a-t-elle déclaré.

GUCCI PEINE À SE REDRESSER

Le recul de Gucci s'est poursuivi malgré le plan de Luca de Meo visant à rendre les produits de la marque plus attractifs pour les consommateurs de la classe moyenne et l'arrivée en magasin, à la mi-juillet, de la collection Primavera conçue par son nouveau directeur artistique Demna, qui comprend notamment une robe moulante ornée de cristaux vendue 5.900 dollars (5.269,74 euros).

Malgré une amélioration dans le canal de gros, les ventes globales de Gucci ont reculé de 6%.

"Compte tenu du recul de 6% de Gucci et du ralentissement de la demande, un retour à la croissance au quatrième trimestre paraît peu probable", estiment les analystes de TD Cowen.

Selon les analystes de JP Morgan, les performances de Gucci ont été affectées par le contexte général, un nombre réduit de lancements de nouveaux produits au cours du trimestre, ainsi que par des comparaisons plus difficiles.

"Compte tenu du recul enregistré par Gucci au cours du trimestre, rien n'indique pour l'instant que l'accélération du renouvellement de la gamme soit en train de marquer un tournant", affirme le courtier dans une note.

La directrice financière de Kering a indiqué que le redressement de la marque serait "graduel" et que la faiblesse de la fréquentation des magasins constituait le principal défi, en particulier en Chine.

TD Cowen souligne que "la baisse séquentielle a été principalement provoquée par la poursuite du recul de la fréquentation des magasins", même si "le taux de conversion, le prix moyen ainsi que le panier moyen ont continué de progresser à mesure que les nouvelles collections étaient déployées".

LE TITRE PERD DE L'ÉLAN UN AN APRÈS L'ARRIVÉE DE LUCA DE MEO

Alors que Kering peine à mener à bien le redressement de Gucci dans un contexte économique peu porteur, même Hermès, positionné sur le très haut de gamme, montre des signes de ralentissement. Les ventes de sa division Vêtement et Accessoires ont reculé de 2% au troisième trimestre, pénalisées par la faiblesse de la demande en Chine. Au total, le groupe a enregistré sa plus faible croissance trimestrielle des ventes depuis 2020.

Dans l'ensemble du secteur, les valorisations ont été durement affectées, les investisseurs réévaluant les perspectives de croissance. L'action Hermès a ainsi perdu 40% de sa valeur depuis le 1er janvier, à son plus bas niveau depuis 2014, tandis que celle de LVMH est tombée à un plus bas de dix ans.

Chez Kering, toutefois, les interrogations portent avant tout sur la capacité de Gucci à renouer avec la croissance.

(Rédigé par Elena Smirnova et Helen Reid, avec la contribution de Gianluca Lo Nostro et d'Alessandro Parodi, édité par Augustin Turpin)

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1 commentaire

  • 14:14

    C'est terrible d'écrire autant de c.........

    "L'action Hermès a ainsi perdu 40% de sa valeur depuis le 1er janvier, à son plus bas niveau depuis 2014, tandis que celle de LVMH est tombée à un plus bas de dix ans."

    Pour RMS c'est depuis oct 2022 et non 2014
    Pour LVMH c'est depuis 2020, ce qui ne fait pas 10 ans...

    Qui sont ces journalistes/analystes amateurs ???


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