Aller au contenu principal
Fermer

«Jusqu’où les bourses sont-elles sensibles aux épidémies ?»
information fournie par Le Cercle des économistes 12/02/2020 à 14:20

Jean-Paul Betbèze
Jean-Paul Betbèze

Jean-Paul Betbèze

JPBetbèze

économiste

http://www.jpbetbeze.com/

(Crédits photo : Adobe Stock)

(Crédits photo : Adobe Stock)

L'épidémie de Coronavirus n'est toujours pas endiguée et les économies du monde entier, au mieux s'interrogent, au pire s'affolent. Plus loin que la réaction de court terme, Jean-Paul Betbeze analyse les mécanismes et la psychologie des marchés face à de telles situations.

Coronavirus (2019-nCoV), Ebola, SRAS, MERS, ZIKA : toutes les épidémies obéissent aux mêmes paramètres médicaux (vitesse de propagation, durée de vie du virus « seul », durée d'incubation, degré de dangerosité, existence et efficacité de vaccins…), mais leurs différences impliquent, peu de temps après l'annonce de l'épidémie, d'évaluer leurs conséquences économiques et financières, bases des réactions boursières. Au tout début de la nouvelle d'une crise, elles prennent surtout en compte la taille des PIB en jeu et leurs répercussions internationales immédiates supposées.

Ce sont donc d'abord des chutes, partout, le 23 janvier : -10,7% à Shanghai jusqu'à son point le plus bas (3 février), mais -3,8% seulement jusqu'au point le plus bas du Dow Jones le 31 janvier et, à cette même date, -4,1% de chute maximale du DAX (Allemagne) et du CAC40. Le Coronavirus a d'abord été (évidemment) associé à la Chine, deuxième PIB mondial (13 600 milliards de dollars derrière les États-Unis, 20 500). Donc ce sera un risque de ralentissement de la croissance chinoise : elle passerait au mieux de 6 à 5% en 2020, soit 150 milliards de dollars « perdus », voire de contraction (certains analystes allant jusqu'à une pandémie mondiale où tous les pays seraient durablement atteints).

La Bourse américaine a repassé son ancien pic

Mais l'histoire ne s'arrête pas à la seule Chine : elle affecte les pays exportateurs vers la Chine et les pays acheteurs de ses produits finis et intermédiaires. Les bourses baissent donc toutes, beaucoup, en fonction de leur proximité aux échanges internes, plus les entrants en Chine et en sortant, le tout en fonction de leurs PIB relatifs.

Remontées boursières partout ensuite, mais différenciées. D'abord, en même temps que vient le choc « automatique » de la crise, vient un antidote majeur : la baisse du prix du pétrole, soutien général à l'activité. Le baril de brent, déjà en descente depuis la crise d'Iran qui se calme, passe au-dessous de 63 dollars le 23 janvier pour chuter jusqu'à  54 le 3 février, avant de se reprendre. Partout, les calculs se font : le virus est plus contagieux que le SRAS mais moins dangereux, même si on ne sait pas encore le guérir, les mesures chinoises pour le cantonner sont impressionnantes et paraissent efficaces.

Ensuite, les bourses ont d'autres sujets à traiter : la croissance « tient » partout, les profits des entreprises sont et seront solides, l'emploi américain est là, si nécessaire la Fed baissera ses taux. En termes politiques américains, Pete Buttigieg semble gagner dans l'Iowa. Il fait moins peur que Sanders tandis que Joe Biden est certes modéré, mais âgé, avant que Bloomberg ne se lance. Et Donald Trump est acquitté.

Oublié ? Non, les gains de janvier ont été effacés et la bourse américaine a repassé son ancien pic, mais semble plus calme. Les bourses européennes se remettent, mais se préoccupent de la Chine et du Brexit (automobile allemande), la France pâtit de son climat social, l'Italie inquiète. Reste la Chine, dont la bourse a passé son point bas, avec des soutiens de la banque centrale. A elle de connaître les raisons de sa crise, sa dualité entre une culture et des structures de pays émergents (en matière de sécurité alimentaire et de salubrité) et de pays d'avant-garde. Les bourses vont être plus exigeantes à l'avenir, peut-être les réseaux de production changer ou s'entourer de garanties, ce qui pèsera sur les prix, les délais et la croissance.

Les bourses sont sorties de l'épidémie, partout secouées. Les places chinoises sont sous surveillance externe et interne.

14 commentaires

  • 26 février 21:12

    Ca va, sur les 19 lignes de titres 17 en baisse depuis trois jours et deux en hausse ce jour SANOFI et un titre classé éthique. Attendons la suite.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le logo de l'opérateur boursier Euronext est visible sur un bâtiment du quartier financier de la Défense à Courbevoie
    information fournie par Reuters 12.01.2026 08:03 

    par Claude Chendjou Les principales Bourses européennes sont attendues sur une note prudente lundi alors que les indices en Europe et aux Etats-Unis sont à des niveaux records à l'entame d'une semaine où presque tous les grands thèmes de l'année sont au rendez-vous, ... Lire la suite

  • VALEO : Les signaux haussiers sont intacts
    information fournie par TEC 12.01.2026 07:56 

    SYNTHESE Le MACD est positif et supérieur à sa ligne de signal. Cette configuration confirme la bonne orientation du titre. On constate que le potentiel de hausse du RSI n'est pas épuisé. Les stochastiques ne sont pas surachetés, ce qui laisse intact le potentiel ... Lire la suite

  • AMUNDI SA : Risque de correction sous les résistances
    information fournie par TEC 12.01.2026 07:56 

    SYNTHESE Le MACD est positif et supérieur à sa ligne de signal. Cette configuration confirme la bonne orientation du titre. Néanmoins, le RSI se trouve dans la zone de surachat, on peut s'attendre à une correction technique à court terme. De plus, les stochastiques ... Lire la suite

  • NEXANS : Les cours sont à des niveaux intéressants
    information fournie par TEC 12.01.2026 07:55 

    SYNTHESE Le MACD est positif et supérieur à sa ligne de signal. Cette configuration confirme la bonne orientation du titre. En outre, l'indicateur de force, le RSI, ne vient pas contredire cette hypothèse. Les stochastiques ne sont pas surachetés, ce qui laisse ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...