par Antoni Slodkowski et Leika Kihara
TOKYO, 29 septembre (Reuters) - Le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon vote mercredi pour désigner son nouveau dirigeant et, de facto, le probable futur Premier ministre, alors que les élections législatives doivent avoir lieu dans quelques semaines et que l'économie peine à se relever de l'impact de la crise sanitaire.
Du fait de la majorité absolue dont dispose le PLD à la chambre basse du Parlement, le vainqueur du scrutin sera pratiquement assuré de prendre la tête du pays en remplacement de l'impopulaire Yoshihide Suga, très critiqué notamment pour sa gestion de la crise sanitaire du coronavirus.
Sont en lice Taro Kono, âgé de 58 ans, le populaire ancien ministre des Affaires étrangères actuellement en charge de la campagne de vaccination contre le COVID; Fumio Kishida, chantre du consensus pénalisé par une image austère; l'ultra-conservatrice Sanae Takaichi, âgée de 60 ans; Seiko Noda, 61 ans, issue de l'aile libérale, en déclin, du PLD.
Les élus du PLD votent à partir de 13h00 (04h00 GMT) dans un hôtel de la capitale Tokyo. Les résultats sont attendus dans l'après-midi.
Un candidat sera déclaré vainqueur s'il obtient une majorité claire, une hypothèse peu probable selon les projections. Dans le cas contraire, un second tour de scrutin opposant les deux candidats arrivés en tête se tiendra dans la foulée, et les résultats seront connus en fin de journée.
Yoshihide Suga a surpris en annonçant au début du mois qu'il céderait la tête du PLD à l'issue du vote, un an après que les différentes factions du PLD se sont accordées sur son nom pour succéder à Shinzo Abe après la démission de celui-ci pour raisons de santé.
Une inhabituelle incertitude règne dans la course à la direction du parti au pouvoir, alors que Shinzo Abe était resté près de huit ans au poste - un record dans le pays.
Les enquêtes d'opinion réalisées auprès de la population donnent Taro Kono favori, mais Fumio Kishida a la préférence des parlementaires qui voient en lui une figure plus stable.
En cas de second tour, la voix des adhérents pèsera moins que l'avis des cadres du PLD.
Ce scénario pourrait profiter à Fumio Kishida car, selon le journal Sankei, Sanae Takaichi a prévu de lui accorder son soutien si elle venait à échouer au premier tour.
Que le vainqueur soit Fumio Kishida ou Taro Kono, il ne devrait pas y avoir de virage politique majeur à Tokyo, dans un contexte de méfiance accrue à l'égard de la Chine et d'une économie à relancer après la crise sanitaire.
En mettant en avant sa volonté de recourir aux énergies renouvelables et de remédier à la lourdeur bureaucratique, Taro Kono a séduit les investisseurs et les dirigeants d'entreprises.
Les deux candidats ont pour points communs la volonté de renforcer les liens sécuritaires avec les Etats-Unis au sein du "Quad", de préserver les liens économiques vitaux avec la Chine et d'organiser régulièrement des sommets diplomatiques.
Ils ont aussi dénoncé ce qu'ils considèrent comme l'échec des "Abenomics", les mesures fiscales et monétaires destinées à soutenir l'économie et les ménages mises en place par Shinzo Abe, sans toutefois indiquer ce qu'ils envisageaient de faire.
(Reportage Antoni Slodkowski et Leika Kihara, avec Daniel Leussink; version française Jean Terzian)

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