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Investisseurs, les bonnes raisons d'espérer pour le climat

Le Cercle des analystes indépendants01/12/2016 à 11:40

Investisseurs, les bonnes raisons d'espérer pour le climat

« Le réchauffement climatique est une invention des chinois pour affaiblir l’économie américaine ». De tels propos seraient passés relativement inaperçu s’ils n’avaient pas été du futur Président des Etats-Unis. L’élection de Donald Trump, un frein au formidable élan de la COP 21 ? Tous les signes d’un retour au « Business as Usual » [i] ?

Nous pourrions égrener toutes les mauvaises nouvelles sans en voir le bout pour finalement nous épuiser et lasser toutes les bonnes initiatives. Renversons ces vieilles habitudes paralysantes et improductives[ii]. Préservons l’enthousiasme des investisseurs[iii] et leur désir de changer les choses en parlant des bonnes nouvelles[iv] en termes de climat. Pourquoi ? Tout d’abord parce que les politiques climatiques portent enfin leurs fruits. Ensuite, parce que les acteurs économiques et la société civile se mobilisent fortement.

Nous sommes sur la bonne voie

Pour la première fois, la dynamique des émissions de gaz à effet de serre ralentit (+0,7% contre une moyenne proche des 2% depuis 1990). C’est la troisième année de quasi-stagnation des émissions de GES[v]. Une performance dans un contexte de croissance économique. Comme pour renforcer cette tendance, en 2016, les accords de Paris (COP 21[vi]), de Kigali et de Marrakech ont été de véritables succès. A Paris, jamais un accord sur le climat n’avait été ratifié avec autant d’enthousiasme par autant de pays et si rapidement. Une année contre sept pour le Protocole de Kyoto[vii]. L’Accord à Kigali prévoit l’élimination des gaz fluorés dont les effets sur le réchauffement climatique sont bien plus nocifs[viii] que le CO2. Dans son sillage, la COP 22 (Marrakech) a affirmé l’engagement et l’objectif de mobilisation des 100 milliards obtenus à Paris pour accompagner les pays les plus vulnérables.

Les acteurs économiques adoptent de nouvelles stratégies

Tous les pans de nos activités économiques s’adaptent à la nouvelle donne pour sauver le climat. 200 entreprises internationales ont pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Même l’industrie pétrolière change à marche forcée. Le premier pays producteur, l’Arabie Saoudite, projette d’abandonner sa dépendance au pétrole « vision 2030 ». Une dynamique provoquée par un véritable changement notamment dans le monde du transport. Les acteurs automobiles, Volkswagen en tête, se ruent dans la mobilité électrique. L’industrie aérienne se dote d’une norme de certification CO2 et d’un système de compensation obligatoire pour 2027. Enfin, le transport maritime est sur le point de dévoiler son plan d’action pour préserver le climat.

La société civile se mobilise

La société civile et les jeunes générations se font de plus en plus entendre. En juin 2015, un juge néerlandais a sommé l’Etat de respecter une réduction des GES après avoir été saisi par la fondation Urgenda et 886 citoyens qui dénonçaient la responsabilité dans le non-respect des recommandations du GIEC[ix]. Enfin, une preuve que malgré l’élection de Donald Trump, l’Amérique n’est pas climato-sceptique. Premièrement, 74% des Américains souhaitent que le pays fasse « tout son possible » pour protéger l’environnement[x]. Ensuite, un juge fédéral de l’Oregon a jugé recevable la plainte de 21 enfants qui reprochaient au gouvernement de ne pas protéger leur environnement du dérèglement climatique. Une affaire à suivre …

 

Conclusion :

Bonne nouvelle, Donald Trump vient de déclarer qu’il ne remettra pas en cause l’Accord de Paris. Ne tombons cependant pas dans l’attitude panglossienne[xi]. Toutes ces bonnes nouvelles restent insuffisantes et sont parfois de simples actions de « green washing [xii]» qui doivent être fermement condamnées. Mais, avouons-le, les bonnes nouvelles ne sont pas nocives. Bien au contraire, être positif est bon pour le business [xiii] et constitue un excellent catalyseur pour la mise en place de nouvelles stratégies d’investissement « climat-compatibles ».

 

Clamy Jean-Marc

Directeur de l’Analyse et du Conseil extra-financiers auprès des investisseurs

EthiFinance

www.ethifinance.com

 

 

[i] « Les affaires continuent comme d’habitude » : Peabody a vu son action bondir de plus de 50% au lendemain de l’élection

[ii] Biais de raisonnement affecté par le biais de confirmation : A trop regarder les trains en retard, nous avons l’impression que tous les trains sont en retard. Or la plupart sont à l’heure.

[iii] http://investorsonclimatechange.org/ ; Climat : les actions des investisseurs Novethic septembre 2015 ;

[iv] Event tracker du L’European Climate Foundation recense les bonnes et mauvaises nouvelles en matière de climat : dernièrement 79 mauvaises contre 188 bonnes.

[v] Rapport du Global Carbon Project

[vi] Objectif de limiter, à horizon 2100, les émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’augmentation des températures mondiales en deçà des 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle

[vii] Objectif : réduction des gaz à effet des serre ; signature en décembre 1997, entrée en vigueur en février 2005

[viii] Pouvoir de réchauffement global (PRG) pouvant aller jusqu’à 15 000 fois celui du CO2

[ix] Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat

[x] Institut PEW

[xi]  « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » ; Candide de Voltaire

[xii] Stratégie visant à se donner une image responsable sur le plan environnemental sans l’être réellement dans les actes

[xiii] www.michellegilean.com: réduction du stress de 23%, hausse de la productivité et des ventes (respectivement de 31% et de 40%)

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