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Instabilité politique, quelles conséquences sur les marchés ?
information fournie par Le Cercle des économistes 09/12/2024 à 08:20

Christian Saint-Etienne
Christian Saint-Etienne

Christian Saint-Etienne

Conservatoire national des arts et métiers

professeur d'économie

https://lecercledeseconomistes.fr/

figurine bourse investisseur (Crédits: Adobe Stock)

figurine bourse investisseur (Crédits: Adobe Stock)

Les marchés financiers n'ont pas réagi violemment à la situation politique qui prévaut en France depuis la censure contre le gouvernement Barnier. Mais pour combien de temps encore ? Pour Christian Saint-Etienne, poser la question revient à analyser les causes profondes du malaise français.

L'économie de marché ne peut fonctionner qu'à trois conditions :
-    Un Etat de droit clairement écrit et fermement appliqué,
-    Un peuple dont la dignité est garantie dans le cadre d'une histoire nationale qui n'est pas systématiquement critiquée ou salie,
-    Un consentement des citoyens à l'impôt car l'Etat est rigoureux et la dépense publique est efficace.
Or l'instabilité politique fait vaciller l'Etat de droit. Si le Parlement, oubliant la dignité, donne le spectacle du « foutoir » permanent, quel respect le peuple peut-il avoir pour les Institutions ?

Si la dépense publique dérape en permanence alors que la place de l'école française chute continuellement depuis vingt ans dans les classements internationaux, que l'insécurité gagne le territoire, que l'emploi vacille, que l'effort d'innovation et d'exportation est trop faible pour maintenir le train de vie de la Nation, que les armées sont sous-financées et sous-équipées depuis trente ans alors que le monde devient très violent depuis dix ans et que la guerre se développe en Europe depuis quelques années, peut-on s'étonner que le consentement à l'impôt s'effrite ?

L'inefficacité de la sphère publique et l'instabilité de la politique française atteint une ampleur dantesque avec la censure du Projet de loi de Finances 2025 par l'Assemblée nationale le 4 décembre 2024. Même avec le projet Barnier, le poids de la dépense publique, hors crédits d'impôt, dans le PIB, ne se serait que marginalement réduit en 2025 pour retrouver le niveau de 2023 à 56,4%. Le déficit n'aurait été réduit que marginalement à plus de 5% du PIB. Cette dérive incontrôlée intervient au moment où l'on apprend que l'effondrement du niveau des élèves en général, et en mathématiques en particulier, s'accentue. La réindustrialisation cale et le chômage devrait à nouveau augmenter en 2025.

On sait désormais que les trois années critiques de la formation intellectuelle des enfants sont la dernière année de maternelle, le cours préparatoire et le CE1. La probabilité que les enfants qui ne maîtrisent pas les trois compétences de base (lecture, écriture et calcul) à la fin du CE1 soient en difficulté pendant toute leur scolarité est supérieure à 80%, selon des travaux du Collège de France. Il est proposé de faire une évaluation systématique du niveau des élèves à la fin du CE1 pour conforter leurs connaissances avant de passer en CE2. Les syndicats refusent de peur que ce soit une évaluation indirecte des maîtres.

Il ne peut pas y avoir un essor durable du pays sans stabilité politique et évaluation de l'action publique au seul service de l'excellence dans tous les domaines.

Un discours anti-riches s'est installé au Parlement et dans les médias alors que les personnes dites riches sont statistiquement à plus de 80% des entrepreneurs et des personnes très qualifiées (ingénieurs, data scientists, architectes, chirurgiens et médecins, créateurs et innovateurs dans tous les domaines, etc.). Quelle est la cohérence entre l'encouragement à la formation, à la Recherche et Développement, à l'innovation et à la création de richesses et d'emplois, d'un côté, et à l'insulte permanente ou aux reproches constants adressées à ceux qui réussissent et qui sont convoités à l'étranger ?

L'instabilité politique et le refus de l'évaluation de l'action publique font vaciller les Institutions, dévoient les comportements, découragent l'effort et l'investissement, détournent  de la France les énergies créatrices et, finalement, abaissent la Nation.

6 commentaires

  • 15 décembre 10:12

    Nous avons à l’évidence un problème non résolu de dépenses publiques. mais nous engageons la phase 2, un problème de recettes publiques, car l’incertitude (pour le moins) actuelle va avoir des conséquences sur les investissements (et sur les provisions que vont passer nombre d’entreprises pour se préparer à 2025. Bayrou a quinze jours pour taper fort, et ensuite, après les fêtes, on est reparti pour le bazar.


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